Entretiens et Rencontres

France

Une créativité française d’exception - La France est riche de talents que nous avons le plaisir de mettre en valeur ici. Notre ambition est de montrer la diversité et la créativité de ces jeunes talents, de parler et de transmettre leur passion entrepreneuriale ou artistique. Venant d’horizons variés, ils ont tous le dénominateur commun de poursuivre leur rêve, de créer des émotions et de nous démontrer que la France continue de penser, d’innover, de se renouveler. Nous sélectionnons nos entretiens suivants nos coups de cœur, nos envies, nos besoins de parler de créateurs, actrices, modistes ou artistes et tant d’autres métiers qui font tout le charme d’une vie d’artisans, d’entrepreneurs et de créateurs. Nous tentons dans ces entretiens de retransmettre les émotions vécues, le plaisir partagé et les joyeuses découvertes faites lors de ceux-ci. Nous avons à chaque fois plaisir à faire une belle rencontre, à apprendre puis de montrer le vrai, l’authentique dans chacune des personnes rencontrées. Il ne s’agit pas ici de présenter une collection de têtes connues, qui elles ont déjà tout dit et se sont livrées à tous mais plutôt d’aller hors des sentiers battus, de rencontrer et d’échanger avec des talents nouveaux, inédits, inconnus parfois. C’est là la joie d’une découverte fraîche et passionnante.

Nos entretiens de presse souhaitent transmettre l’émotion d’une rencontre, la chaleur d’une âme, la positivité chatoyante d’une énergie personnelle. Nous voulons avant tout montrer la belle personne que sont celles et ceux que nous avons plaisir à découvrir, nous apprenons leurs parcours personnel, nous nous enrichissons de leurs expériences, nous puisons dans ces belles histoires la force de montrer à tous le futur en action. Celles et ceux qui répondent à notre candide sollicitation participent à une force collective qui font de la France une belle nation rayonnante. Encourageons-les et suivons leurs exemples de réussites personnelles et collectives. Suivez nous dans ce périple d’exploration humaine, voici nos principaux entretiens publiés:

LA

Une bouffée d’air frais musicale - Confinement oblige, nous travaillons de chez nous. Cela ne nous a pas empêché de passer un agréable moment au téléphone avec la jeune chanteuse Franco- Belge LA. Arrivée à Paris il y à 3 ans, cette jeune prodige de l’électro-pop passionnée par les Arts a su mettre en chanson son rapport éclectique à la musique. Touche à tout depuis toujours, Laura dite “LA”, se construit une identité artistique complète grâce à la richesse de son parcours et de ses talents. Chorégraphe, productrice, chanteuse et DJ c’est un univers palpitant que l’on découvre à travers cette française pétillante.

C’est à l’occasion de la sortie de son nouvel EP “I’m leaving right away” que nous rencontrons Laura le temps d’une interview. Elle découvre la musique dès son plus jeune âge et s'initie alors au piano, au violon et au chant. Artiste entière et attirée comme un aimant vers sa passion, elle compose ses propres chansons acoustiques dès l’âge de 14 ans. A ses 18 ans, elle décide de voler de ses propres ailes et commence à produire des morceaux inspirés de ses expériences et de ses rencontres. Entre Paris et New-York, elle s’essaie à la production et sort son premier morceau en 2017, fruit de sa collaboration avec les DJs français.  Elle prépare aujourd'hui un nouvel EP avec Guillaume Atlan (The Superman Lovers). . Curieuse et impliquée, la musique est devenue pour elle une source de connaissance et de joie qu’elle parsème de la fameuse French Touch devenue indispensable à ses créations authentiques.

Messages engagés et positifs envers sa communauté, LA veut véhiculer une image de folie et de bienveillance. Son dernier EP “I’m leaving right away” en est d’ailleurs l’illustration parfaite : elle sait s’amuser tout simplement, ni drogues ni artifices ne sont nécessaires à la créativité de la jeune artiste. Pleinement inspirée par ses fans et followers, elle décide de rajouter à son clip une chorégraphie inattendue et haute en couleurs : la langue des signes américaine. Après la rencontre d’une personne atteinte de surdité aux Etats-Unis, LA décide de transformer cette langue en une danse pop et rayonnante, tout comme ses chansons. Pour elle, les Arts et les styles se confondent et sa musique ne peut pas être catégorisée, mais plutôt définie comme le fruit de rencontres et d'envies.

Influencée par sa mère, ancienne mannequin, Laura est aussi une influenceuse accomplie qui s’inspire des année 60,70,80 et cela se ressent jusque dans ses créations musicales. C’est aussi là qu’elle puise toute sa force : le soutien et l’inspiration de sa famille. Entourée par un riche univers artistique depuis le berceau, LA a toujours eu la chance de pouvoir s’exprimer à travers l’Art, poussée par ses proches toujours pleins d’admiration pour la jeune fille. Si vous êtes parisien, vous la connaissez peut-être grâce à ses nombreux stickers LA collés dans les rues de la capitale. Laura a réussi un pari double : transformer ses envies en réalité et faire de son identité musicale une marque aux multiples facettes grâce à son esprit "street art" qui résonne entre Paris et New-York. Beaucoup de projets sont à venir, entre nouveau single et concert prévu à New-York nous n’avons pas fini d’être éblouis par son talent !

Présence énergique, bonne humeur et esprit novateur c’est ainsi que nous définirions LA. Entre Madonna, Lady Gaga et danse Bollywood cette jeune artiste est promise, nous en sommes sûrs, à de futurs et nombreux succès sur la scène française comme américaine. Pour écouter son nouvel EP rendez-vous sur son site internet https://www.la-official.com/ ou sa page Instagram pour suivre ses aventures au quotidien. Copyright Photo Patrice Van Malder  pour la photo avec la sucette  - Juillet 2020

Gaëlle GILLIS

Une actrice belge prometteuse - Parmi les jeunes talents de demain, nous avions repéré la jeune et dynamique Gaëlle Gillis que nous contactons pour réaliser l’un de nos entretiens appartenant à notre série sur les talents et acteurs européens. Au détour d’un avion en partance pour Los Angeles, nous rencontrons celle qui symbolise le renouveau de l’acting belge, à l’instar de ce que fait la chanteuse belge Angèle pour la chanson francophone. Un interview décliné en deux parties, l’une réalisée au Roch Hôtel &Spa, l’autre au Banke Hôtel à Paris, deux récents hôtels design parisien qui aiment recevoir la presse dans leurs jolis salons au service impeccable.

 

C’est au Roch Hôtel & Spa que nous avons rendez-vous en premier, en particulier dans la jolie Chatka d’hiver qui nous est réservée en terrasse privée pour l’occasion, une petite cabane de bois réalisé avec goût et art par l’Européenne des Chalets (Bretagne), subtilement décorée par Sarah Lavoine qui signe les lignes épurées de ce doux hôtel de luxe que nous aimons pour sa tranquillité et paisibilité. Le cadre fait de bois, de fins tissus concoure à l’intimité de cette rencontre, bien au chaud dans cette jolie Chatka atypique. Confortablement assis, nous découvrons un intérieur chaleureux, pour une ambiance unique à Paris, où 8 à 10 convives peuvent jouir d’une intimité élégante, réfugiés tels des enfants dans leur cabane en bois en plein hiver. Une expérience régressive des plus charmantes.

 

C’est au milieu des jolis luminaires, fines porcelaines et tourne-disque vintage que nous découvrons la ravissante Gaëlle, belle blonde aux yeux souriants qui nous charme instantanément avec son accent belge chantant. Assis sur de confortables coussins, servis d’un thé et boissons réconfortantes en cet hiver parisien, Gaëlle nous confie son parcours atypique.

 

Le jeune ingénue est originaire de Liège en Belgique, elle est la petite dernière d’une fratrie de quatre, née d’un père peintre d’art devenu professeur et d’une mère kiné-gardienne d’enfants qui a toujours voulu être comédienne. C’est ainsi que très jeune, la petite Gaëlle est familiarisée avec les planches, elle y fera ses propres débuts à 13 ans. Cette femme haut potentiel précoce et hyperactive apprend vite, mémorise tout aussi facilement et elle suivra une éducation libre à domicile en conformité avec la Méthode Freinet, en accord avec l’éthique de ses parents progressistes. Cette éducation positive a façonné en elle une douce énergie volontaire que l’on retrouvera dans son militantisme et sa conscience de l’autre.

 

Quatre heures de théâtre par semaine pendant son adolescence achèvent de confirmer son intérêt pour la matière et à 17 ans, elle participe à la création d’une pièce à Liège en présence d’Egon Di Matéo, un autre talent belge qui monte. Son professeur refuse de la présenter au concours du Conservatoire, un incontournable en Belgique et c’est avec l’un des assistants qu’elle préparera cette épreuve difficile. La surdouée est reçue du premier coup et entre à 17 ans au célèbre Conservatoire de Mons pour un parcours de quatre ans, qui lui fera travailler le corps, l’écriture, la danse et même les marionnettes, une tradition belge. Elle finira ces longues études avec succès, ayant apprit de la méthode La Balle et la Barre de Frédéric Dussenne, metteur en scène belge, où l’on travaille avant tout les silences et la respiration.

 

A 23 ans, fraîche émoulue du Conservatoire, elle fait face à la réalité du marché du travail belge, à savoir difficile. Elle laisse libre cours à sa passion pour le corps et la danse et l’écrivain belge Sylvie Landuyt lui donne sa chance pour un rôle dansé dans l’opéra Aida donné à l’Opéra de Liège. Elle enchaine avec un long métrage de Guido de Craene, 46xx, dans un rôle dur et éprouvant, suite à un tournage de neuf mois. Elle y apprend le jeu plus étroit face à une caméra. Un rôle qui fera sa première ouverture vers les Etats-Unis puisqu’elle y sera distinguée à New-York comme meilleure actrice dans un premier rôle de débutante.

 

La douce enfant de la balle enchaîne les rôles au théâtre en Belgique (Théâtre de la Vie à Bruxelles avec Pascal Crochet) ou le théâtre de rue à St Gilles (A la recherche de Mister Black) où elle joue dans une roulotte de quartier un conte surréaliste pour enfants. Elle y danse aussi car déjà sa passion naît pour la danse, en particulier pour la pôle danse qui naît alors en Europe. Elle accomplira dans cette discipline un parcours hors normes, atteignant un niveau quasi-professionnel. Elle enseignera le pole dance pendant deux ans à Mons, c’est aussi un moyen de financer sa vie, le parcours d’une actrice n’est pas toujours aussi lisse que la presse puisse le romancer. Elle participe à un film avec Lindsay Lohan et à d’autres productions belges du moment. Son physique vite développé l’enferme peut être aussi dans certains rôles et Gaëlle a besoin d’air frais.

 

Ainsi, en 2017, elle part à l’aventure pour les Etats-Unis ne parlant pas bien l’anglais et devant suivre un ami vers San Francisco, haute scène du théâtre américain, elle change son billet d’avion pour Los Angeles et le cinéma d’Hollywood. Elle y fera son réseau toute seule, aidée d’un cousin de la famille. Bien lui en pris puisqu’après un long parcours pour obtenir son visa d’artiste de cinéma, nous la verrons fin de cette année ou en 2020 dans l’un des blockbusters de science-fictions américains, qui la révélera à une public internationale.

 

La deuxième partie de l’interview sera réalisé au restaurant Josefin du Banke Hotel, où brille le chef vietnamien Phan Chi Tam, avec qui Gaëlle échange sur ses souvenirs du Vietnam. Le chef nous réjuit d’un succulent poulpe grillé qui asseoit sa réputation de belle table d’asian fusion parisienne. Le magret de canard cuit sept heures succulent achève de nous convaincre que nous sommes ici à l’une des plus belles tables de Paris.

 

Une blessure mettra un terme temporaire à sa pratique du pole et Gaëlle entame une réflexion sur le fait de passer derrière la caméra suite à un cours suvi chez Delphine Noëls, développant ses propres projets créatifs.

 

L’actrice est aussi une intellectuelle engagée, avide de lectures, elle donne de sa personne pour aider à changer le monde. A 17 ans, on la retrouve dans le désert tunisien pour aider des médecins du terrain, en 2015, dans les montagnes vietnamiennes à Sapa pour aider une minorité, à Culver City en Californie où elle habite désormais, on la voit révoltée par les bidonvilles qui sont installés dans la ville du rêve américain par excellence. On aime la spontanéité et l’énergie de Gaëlle qui se révèle à nous comme une tête bien faite, avec cette joie de vivre innée en elle et authentique.

 

Gaëlle aime aussi se ressourcer en famille en Belgique et elle aime coudre et fabriquer des bijoux, aidant ses amis à lever des fonds pour un film en contribuant de son temps pour du financement participatif. Gaëlle a le coeur sur la main, c’est en cela qu’elle se réalise aussi.

 

Simultanément à son expérience américaine, Gaëlle poursuit sa carrière en Europe et c’est vers la France qu’elle se tourne avec la rencontre de l’agent spécialisé Boris Tarka et ses débuts auprès de Mimie Mathy dans la série Le Prix de la Loyauté (2019). On la retrouvera aux côtés de Christian Clavier et de Gérard Depardieu dans Convoi Exceptionnel, la dernière comédie de Bertrand Blier. Le jeune femme tient tête à ces deux grands acteurs français, elle puise dans sa forte énergie toutes les ressources nécessaires à son jeu fin, puissant et doux à la fois.

 

Cette année, nous la verrons également dans le long métrage belge Elia de Pascal de Grove, dans la série belge Piégée de M6 ou encore Do You play with me?, une critique des réseaux sociaux. En 2019, elle est distinguée par sa nomination dans le meilleur second rôle d’actrice au Festival du Film de Milan pour un court, qui augure une belle carrière pour la jeune actrice belge. Nous avons eu plaisir à faire la rencontre de Gaëlle Gillis et apprécié sa douce compagnie et nos plaisants échanges. Pour cet interview, nos remerciements s’adressent à Xavier Brunet Communication et à Sandra Pacheco d’HelloLaCom. Retrouvez la talentueuse Gaëlle sur ses médias: Instagram et IMBd - Mars 2019

François DUMONT
la quête de l'ineffable

Un pianiste français d’exception - Dans notre série des grands musiciens interprètes de talent, GoûtsetPassions vous propose une nouvelle rencontre et découverte: celle du pianiste français François Dumont. C’est dans l’intimité d’un appartement parisien qu’il nous a donné rendez-vous. Aucun autre lieu distingué ne pouvait mieux répondre à cette personnalité discrète, raffinée, à l’écoute de nos questions, acceptant de se livrer avec sincérité mais tout en retenue: cette limite infranchissable au-delà de laquelle les mots ne peuvent pas tout expliquer mais que seule, la musique permet d’exprimer.  «La musique commence là où s’arrêtent les mots» nous dit-il. Tel un tel un fin alchimiste, François Dumont recherche la forme la plus aboutie et la plus concentrée des œuvres qu’il interprète, avec une rigueur qui sait fusionner avec l’émotion. La quintessence de son jeu résume à elle seule toutes les interrogations que se pose un pianiste lorsque face au clavier il joue la première note d’un concert…

 

La note. Trouver «La note», l’unique, celle qui contiendrait toutes les intentions. L’union des tensions musicales, synthèse des approches interprétatives, creuset de toutes les sensibilités, de toutes les caresses que les sens aiguisés recherchent, lorsque ayant décidé de s’extraire du monde, le pianiste parvient à cet état de grâce et l’offre à son public. «Nos yeux se remplissent peu à peu des teintes douces qui correspondent aux suaves ondulations saisies par le sens auditif. Et puis la note bleue résonne et nous voilà dans l’azur de la nuit transparente» citant George Sand dans «Impressions et Souvenirs». Seul, un concert dans ce qu’il a d’éphémère peut nous offrir cette joie. Parler d’un grand pianiste c’est bien, se déplacer pour l’écouter, c’est mieux encore. C’est dans le silence des salles, dans le risque du jeu en direct, «que se tisse ce lien invisible entre l’interprète et son public, un lien fragile mais toujours fort» souligne François Dumont. Un lien auquel il tient particulièrement que ce soit en concert ou dans les festivals dans lesquels il aime se produire. Oui, François Dumont est un musicien en quête de l’ineffable. Un grand interprète sans doute parce qu’il possède une âme un chercheur, jamais en repos, toujours en quête.

 

Janvier 2018, Salle Gaveau, Paris, un grand concert... Ce soir-là sont au rendez-vous: Chopin, Ravel et Debussy, rassemblés par François Dumont sur le thème du fantastique. Nocturnes et scherzos, une union alchimique à l’image de sa personnalité: précis, rigoureux mais aussi audacieux et capable de fantaisies. «Il y a des œuvres qui vont ensemble et d’autres pas», explique-t-il, un programme de récital doit être cohérent. Rubinstein disait: Un programme se compose comme un menu. «Oui, avec des contrastes d’émotion. C’est le chemin de toute une vie». François Dumont passe parfois plusieurs semaines, non sans quelques repentirs, pour trouver son «fil rouge», équilibrer la programmation des œuvres. Trop de chefs d’œuvre tuent les chefs d’œuvre et saturent l’écoute du public admet-il. Il faut de la variété, des changements de rythme, des contrastes aussi, parfois fulgurants. Ce soir là, ce fût encore un triomphe pour François Dumont. Dans la presse, pas une anicroche sur la partition des louanges, une critique unanimement dithyrambique. François Dumont se souvient: « L’alchimie était parfaite, la salle et le piano en harmonie, un programme inoubliable, un public de rêve et soi-même en état de grâce». Alors bien sûr, on veut comprendre… mais pas de recette! François Dumont pense qu’il s’agit plutôt une attitude du pianiste-artiste devant les partitions qu’il faut non seulement posséder sur le bout des doigts, presque mécaniquement, mais qu’il faut aussi comprendre et dans un mouvement inverse, nourrir de sa propre personnalité. Il y a toujours, nous dit François Dumont, un moment crucial: celui d’avant-concert où il faut par un mouvement intérieur, se mettre dans la musique. «Il faut alors être habité pour faire renaître l’œuvre. Pas comme un acteur, précise-t-il, qui pour une marche funèbre va porter la mine sombre ou arborer un sourire de circonstance. Il s’agit plutôt d’un état intérieur d’hyper-sensibilité. Un processus global qui n’est pas visible. Et ce processus là, c’est le fruit d’années de travail et d’approfondissement des œuvres que doit amalgamer l’interprète.

 

La question du piano. Instrument avec lequel on ne voyage pas, cette problématique se pose à tous les pianistes. Mais François Dumont ajoute sa petite touche personnelle. «Une belle sonorité ne suffit pas, il faut qu’elle me réponde, qu’elle soit une continuation de ce que j’entends de l’intérieur. Cela peut être créatif selon que le rapport est conflictuel ou inspirant». En général, il lui faut entre deux et trois heures de travail avant de se produire juste pour apprivoiser son piano. Ce n’est rien comparé aux centaines d’heures de travail qu’exige un répertoire. Et c’est avec humour qu’il nous précise : « Je fatigue au bout de 8 heures !» Et de conclure « pas de talent sans travail. ». «Un piano, quatre pianistes, quatre sonorités différentes. Le piano, c’est le miroir parfois impitoyable de ce que l’on est. On ne peut pas se cacher, un piano renvoie toujours à soi… ce qui émane de soi. C’est un être sensible, un grand mystère qui traduit les moindres subtilités du toucher. Alors je suis plutôt comme un peintre qui va utiliser une palette d’émotions». L’émotion justement, pour François Dumont, c’est la quête de tout musicien». Là, s’exprime la quintessence de l’art. Celle que l’on ressent. Celle que l’on veut faire naitre. Celle qu’on veut transmettre à son public. «Emotion de l’œuvre qu’il faut conjuguer avec sa propre émotion. Sans oublier l’univers émotionnel du public».

François Dumont est un chercheur d’indicible. «Toujours chercher à atteindre cette intensité émotionnelle qui fait qu’un concert devient légitime. Cette émotion primordiale si différente de l’expression des sentiments humains». François Dumont est un pianiste rare, tout en intériorité mais attention, ouvert au monde qui l’entoure. Amateur de philosophie et de poésie. Grand lecteur de partitions… lorsqu’il voyage ! Pas vraiment timide mais réservé, en quête perpétuelle et en perpétuelle métamorphose, comme la musique.

 

Faire ses gammes… François Dumont est né dans une famille de mélomanes, ce qui l’inscrit dans un logique d’un destin (presque) tout tracé: il débute le piano à l’âge de 4 ans. Evidemment, ses parents l’emmènent au concert. A 10 ans, il découvre La Valse de Maurice Ravel: un choc dont il se souvient encore. Ebloui par cette magie musicale, il ne se pose pas de question: ce fût pour lui nous dit-il, «presque naturel que d’essayer de faire un lien entre l’écoute et la reproduction du son». Il est doué François Dumont ! Alors la suite s’écrit de façon presque linéaire: des études au Conservatoire de la Ville de Lyon dont il est originaire. Puis vers l’âge de 14 ans, il rentre au CNSMDP (Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris dans le 19ème arrondissement) dans la classe de l’illustre Bruno Rigutto. Plus tard, ce sera la très cotée Académie Internationale du Lac de Côme. Un beau parcours récompensé par de nombreux prix mythiques. Et pourtant, les concours, il n’aime pas. Il ne les a jamais aimé, par nature: «Comment en effet, quantifier quelque chose qui par essence n’est pas quantifiable?» II reconnait pourtant combien malgré tout, ils sont nécessaires à une carrière de musicien. Avec le recul, il mesure tout ce que lui ont apporté en terme de reconnaissance-pour ne citer qu’eux -le Concours Reine Elizabeth de Bruxelles ou encore le Concours Chopin de Varsovie dont il fut Lauréat. Ce prestigieux concours qui lui a valu d’entrée de jeu, une belle place dans le monde clos des interprètes de Chopin. Tout récemment, d’ailleurs, en février 2018, François Dumont vient de nous livrer sur double disque, une interprétation sublime des 21 Nocturnes de Chopin, unanimement salué par la critique. A ce qui ressemblerait à une longue liste si nous continuions, il faut aussi ajouter une nomination au Victoires de la Musique dans la catégorie « Soliste instrumental » en 2011 et l’année suivante« le Prix de la Révélation » de la critique musicale. Aujourd’hui, outre son activité de soliste, François Dumont est aussi chambriste. Co-fondateur avec la violoncelliste Virginie Constant du Trio Elégiaque. « Question de calendrier. Il faut jongler pour de concilier ces deux activités. Je ne suis guère chez moi plus de deux à trois jours par semaine, parfois moins. Mais il est essentiel pour moi d’aller à la rencontre d’autres musiciens, de partager, de sortir de la relative solitude du soliste que je suis. A trois, on joue différemment et c’est enrichissant ». Il a bien fait, le Trio Elégiaque cartonne et collecte récompenses, coup de cœur, et Diapason (d’Or, 4 **** du Monde de la musique et la Clé de sol de Res Musica pour l’enregistrement du CD Dusapin et Messiaen). S’il joue avec les orchestres du monde entier, depuis 2012, il a noué une relation particulière avec l’OSB entendez l’Orchestre Symphonique de Bretagne. Un compagnonnage affectif et musical pour un projet de taille et de longue haleine: l’enregistrement de l’intégrale des 27 Concertos de Mozart. François Dumont serait il un hyper actif qui se cache ?

 

Dans son Panthéon personnel … Là, il a placé les plus grands compositeurs qu’il admire, sans ostracisme. Il aime Chopin, vous l’aviez compris : « La référence absolue, chez qui le piano devient « spirituel », tout autant que Mozart : « On a l’impression qu’il nous parle. Son génie multiple est naturel. C’est la perfection toujours en mouvement, toujours sensible ». Et comme Chopin adorait Mozart… Et puis il y a Bach, l’adulé. L’incontournable auquel il a déjà consacré deux albums chez Artalinna. « Entre les grands génies de la musique, continue François Dumont, existe une trame secrète qui les relie les uns aux autres. Quant on est interprète, on s’en nourrit tout en restant soi».  Petit silence…et François Dumont poursuit : « Je voudrais aussi vous parler de tous les interprètes que j’aime… par exemple Dinu Lipatti. Un sommet dans l’interprétation… Ma madeleine de Proust, un maître… Il a métamorphosé le piano et l’a porté au plus haut niveau spirituel». Dinu Lipatti est mort trop tôt à l’âge de 33 ans. François Dumont se refuse à tout cloisonnement musical. Son répertoire est vaste, ouvert à la diversité: Beethoven, Ravel, Saint-Saens, Rachmaninoff, Gershwin, Poulenc, il laisse libre court à sa passion créative...

 

Une question de méthode ... De sa fréquentation avec les chefs d’œuvre, François Dumont a tiré une certaine idée de l’élégance intellectuelle. «Ils vous élèvent l’âme.» Mais attention, il ne faut pas donner les pleins pouvoirs à l’intellect. Des galaxies insoupçonnées entourent les œuvres. Tout ce qui est implicite, la partie cachée de l’iceberg, il faut en prendre conscience. D’ailleurs il faut se nourrir de tout ce qui élève la pensée. Et si la poésie est très importante pour lui, c’est qu’elle est proche de la musique : « elle lui paraît la plus « inspirante ». Tout cela a un sens à l’heure… de l’info en continu. Il faut rechercher ce qui enrichit, donne de la profondeur. « On y gagne en finesse d’interprétation». Lorsqu’il joue, François Dumont a dans les doigts, la précision de l’intention. Tout ce qui a été engrangé, ses connaissances, ses intuitions acquises dont nous venons de parler et qui peuvent s’appeler hyper-sensibilité, affluent. Tous les sédiments d’une œuvre approchée au plus près affluent vers le moment ultime de l’interprétation. Au commencement, il s’appuie sur une démarche cadrée: « Je travaille toujours à partir d’une partition. C’est un point de départ essentiel, un nécessaire respect. Ensuite, il faut prendre en compte la vie du compositeur et ses intentions, puis une foule de documents techniques et biographiques qu’il faut assimiler, digérer jusqu’à devenir partie intégrante de soi. J’ai la chance d’avoir une bonne mémoire. J’écoute aussi les grandes interprétations qu’en on donné mes prédécesseurs. Celles qui sont devenues mythiques. Mais lorsque le concert ou l’enregistrement approche, plusieurs semaines avant, j’arrête cette écoute pour ne pas être influencé».  «Le but, créer sa propre voix pianiste, toujours reconnaissable, tout en restant dans le plus scrupuleux respect du texte. » Processus alchimique de l’esprit: c’est une quête que mène François Dumont. «On ne peut trouver la vérité d’une œuvre, mais seulement tenter d’y parvenir».

 

L’inaccessible … - Lorsque François Dumont se met au piano, il aboli le temps. Ce temps suspendu qu’en spécialiste de Chopin il a bien sûr intégré. Les gorges se nouent, l’émotion surgit, pas besoin de culture musicale. François Dumont vous embarque, vous retenez votre souffle, vous vibrez, vous êtes emporté: il est au plus près de son exigence et de sa passion. «Architecte des sons, coloriste, peintre des émotions, les critiques n’ont pas assez de mots pour transcrire l’ineffable qu’une interprétation de François Dumont peut transmettre et les puristes sont satisfaits. Il cherche François Dumont. Il cherche la note, l’unique, celle qui contient toutes les autres, tous les mondes, tous les rêves. La note bleue de la perfection.

 

Actualités - Les prochains concerts de François Dumont s’annoncent mémorables. Deux dates notamment à inscrire dans vos agendas: vendredi 12 octobre 2018 à la Salle Gaveau. Estampes et tableaux : Récital Bach, Debussy, Liszt, Moussorgsky. Et le dimanche 24 février 2019 à la Philharmonie de Paris, un concerto de Schumann avec l’orchestre Pasdeloup. Prochainement en régions, du 26 au 28 octobre 2018, Festival Pornic classic avec le Quatuor Prazak et Helen Kearns, soprano. Un disque est paru en 2017, intitulé J. S. Bach Œuvres pour clavier Vol 2 chez Artalinna. Pour une discographie plus complète, se référer au site de François Dumont : www.francoisdumont.com Nous remercions chaleureusement l’attachée de presse spécialisée Sylvie Valleix pour sa passion constante à défendre les grands interprètes et son aide précieuse ainsi qu’à notre journaliste et rédactrice émérite Pascale Sorgues, membre du SJPP. Photographies: Jean-Baptiste Minot, Joseph Berardi et Alain Barré - Octobre 2018

Isabelle BANGOURA, chorégraphe

Une chorégraphe française inspirante - Chez Goûts et Passions, nous avons à coeur de parler de jeunes talents français, en particulier dans les arts vivants qui expriment leurs dons au-delà des continents. C’est le cas de la chorégraphe Isabelle Bangoura que nous rencontrons, une jeune femme pétillante et charmante, tout sourire, dans le 17ème arrondissement de Paris pour cet entretien de presse.

 

Isabelle nous a séduit par les effets dansants si distinctifs vus sur scène lors de l’Opéra en plein air Carmen au Château de Sceaux, un opéra gai et chatoyant qui détonne des autres spectacles vus par son énergie intense et unique. Intrigués par autant de talent, nous désirons en savoir plus et nous proposons ainsi une rencontre de presse.

 

La jeune berrichonne qu’est Isabelle, née Perrot, est éprise de danse depuis son plus jeune âge. C’est à l’âge de quatre ans que sa vocation est décidée et l’enseignement de la danse deviendra le fil conducteur de toute sa vie. La région du Berry a la chance d’avoir des ressources d’excellence en termes de danse, on pense notamment au célèbre festival international Darc de Châteauroux qui a lieu tous les ans. Elle entre au conservatoire de danse de ce cette même ville à l’âge de dix ans et aura pour maître de ballet classique la danseuse française Martine Chaumet qui fût nommée étoile au London Ballet par Noureev lui-même. C’est tout dire du parcours hors pair d’Isabelle, formée par les meilleurs. En parallèle, intègre la formation scène de l’école de danse Mylène RIOU en danses modern-jazz et contemporaine (important car mon parcours professionnel est dessinée par les esthétiques jazz, contemporain et africaines et non classique)

 

Elle fera ses classes ensuite à Paris mais c’est au cours d’un voyage personnel en Guinée à 17 ans qu’elle a la révélation: elle pratiquera la danse africaine. Nous sommes aux antipodes du classique certes mais elle aura la même exigence technique, au point d’apprendre des grands maîtres africains de cette danse énergique, ce qui requièrt un vrai dépassement de soi au quotidien. Isabelle devient vite une experte reconnue dans cette catégorie de danse et y excelle.

 

On aime son enthousiasme, son énergie communicative, qui transparaît dans sa danse instinctive. Une danse féminine, sensuelle, pleine de vigueur, qui décline tout le potentiel des danseurs et danseuses sur scène. La danse à la terre comme elle aime dire, inspirée des danses africaines mais avec cette touche de modernité et d’occidentalité en plus qui en fera un style unique. Isabelle Bangoura, une chorégraphe française d’exception à suivre.

 

Isabelle est née dans une famille d’artistes, d’un père éleveur et dresseur de chevaux et d’une mère écrivaine. Très tôt, elle fût encouragée à laisser exprimer ses choix et sa créativité. C’est sur les terres du Berry, entre le Poinçonnet et Le Parc Régional de Brennes (vendoeuvres), qu’elle fait éclore son talent inné et irrésistible pour la danse. On l’imagine toute jeune enfant, en tutu classique, répétant inlassablement les pointes et les entrecroisés, une jeune star de la danse classique est née.

 

C’est résolument sur les terres de son Berry natal que sa destinée s’accomplit : elle y rencontre le parcours d’une étoile de la danse internationale, la grande danseuse française Martine Chaumet qui deviendra son mentor pendant huit ans, de 10 à 18 ans, les années les plus fondatrices pour une apprentie danseuse.

 

Sa soif d’énergie et de rythmes au corps la tourne vers un autre talent émérite, elle aussi résidente dans la région de Châteauroux, une danseuse particulièrement connue pour ses mises en scène de ballets modernes et les chorégraphies pour les émissions T.V, la française avant-gardiste Mylène Riou.

 

Mais la vraie révélation d’Isabelle vient de ces liens profonds, viscéraux presque, à la danse africaine et à ses créations contemporaines. C’est ainsi qu’au cours d’un voyage en Guinée, sur l’île d’artistes de Kassa, qu’elle découvre ses rythmes forts, entraînants, spectaculaires. La danseuse classique qu’elle est a alors cette révélation sincère et enthousiaste: elle fera de la danse africaine.

 

De retour au pays natal c’est au fameux festival de danse internationale DARC qu’elle enchaîne avec un stage de danse africaine avec l’un des papes de cette discipline, le célèbre chorégraphe ivoirien George Momboye. Elle y apprendra l’exigence et les codes de cette danse qui vient d’une autre culture que la sienne.

 

Auprès de la Cie Lamine Keita le Guinéen, des ballets sénégalais Bougarabou, des ballets gambiens Tamala ou de celui des Merveilles de Guinée, elle réalisera le dépassement de soi, le sens du rythme, l’attachement à la terre, à l’homme et à la force du mouvement collectif.

 

Forte de ces énergies nouvelles, elle franchit les étapes rapidement et obtient son diplôme d’état jeune, à seulement 22 ans. Cette surdouée du rythme apprend vite, elle vit là sa passion vitale, avec plaisir et joie, surtout par la transmission de son savoir. Car c’est là sa vision propre de sa mission: apprendre et transmettre, surtout transmettre. Transmettre des valeurs humaines, la bienveillance dans les interactions, le partage, l’écoute de l’autre, réunir les différentes identités en des projets communs.

 

A 21 ans, la voici fondant la compagnie de danse Nebka, qui alliera les danses africaines aux danses occidentales contemporaines, joue au célèbre Festival d’Avignon pour sa pièce dansée La Dernière Poignée de Sable.

 

Isabelle a la fibre de l’enseignement et dès ses 18 ans, elle met sa passion au service des autres, en enseignant à l’école Espace Oxygène à Paris, en particulier à des enfants de 4 à 8 ans et en préparant des jeunes de 15 ans aux concours d’entrée de grandes écoles de danses comme les conservatoires. Elle y est jury pour le Comité International de la Danse (Unesco)

 

Sa soif de découvertes internationales l’emmènera à enseigner à Rabat au Maroc en 2010 pour revenir en France afin d’enseigner au Conservatoire de Levallois depuis 2015 dans un cursus de danse contemporaine de haute exigence, accompagnant des jeunes danseurs de 5 à 20 ans, pour des concours mais aussi des classes danse-théâtre en horaires aménagées

 

Isabelle déplore le grand retard qu’a pris la France en danse contemporaine et son inspiration est tournée vers l’international. Elle appréciera ainsi les créations de la compagnie israélienne Batsheva Dance Company, de l’américaine Crystal Pite ou encore du nouveau cirque international (nous pensons en particulier aux cirques canadiens très doués).

 

Ses chorégraphies remarquées la font repérer par l’orchestre du département et la voici peu à peu collaboratrice à une autre univers artistique, celui des arts lyriques. C’est ainsi qu’elle se voit associée à un beau projet, la chorégraphie de l’opéra La Bohème qui sera présenté au Théâtre Maurice Ravel de Levallois, sous la haute direction du dynamique chef d’orchestre Vincent Renaud, un chef d’orchestre français qui monte. Elle y apprend les harmonies classiques lyriques, transmets aux chanteurs les gestuelles d’intention, l’importance du regard et toute cette harmonie heureuse donnera un résultat salué par le grand public et les professionnels. On apprécie dans les chorégraphies d’Isabelle cette nouvelle intensité, son sens des rythmes, l’importance renouvelée des corps. Isabelle immisce dans le lyrique un nouveau souffle dynamique.

 

Quand le cinéaste roumain Radu Mihaileanu (réalisateur du film Va vis et deviens) lui fait part de son projet de monter l’Opéra en Plein Air Carmen, elle s’enthousiasme pour ce projet, poursuivant son exploration personnelle d’un nouveau champs de compétences. Lancée sur les chapeaux de roues en mars 2018, le projet prend vite forme. Radu souhaite justement africaniser la chorégraphie de Carmen, la rendre plus vivante, plus humaine et vraie en somme. Le défi est relevé par Isabelle qui y travaille d’arrache-pied. Elle y associe les jeunes apprentis de l’Académie Internationale de la Danse. Elle y approfondit l’analyse des codes de l’opéra, fait l’écoute de nombreuses musiques pour concevoir des pas frais et énergiques que nous avons eu le plaisir de découvrir le 15 juin dernier au Château de Sceaux. Une réussite totale et plaisante à voir.

 

Ses expérimentations d’artiste libre continuant, elle prépare un duo de danse où elle redeviendra interprète, une retour à la danse très attendu dont nous aurons l’occasion de parler dans le futur, un spectacle sur la connection entre les êtres conjuguant danse africaine et contemporaine d’aujourdhui.

 

Nous avons eu grand plaisir à faire la connaissance d’Isabelle, une chorégraphie française et danseuse de grand talent. Sa chaleur humaine, son grand sourire participant à la communication de sa passion aux autres. Une pratique quotidiennement renouvelée dans son préceptorat de professeure de danse, nous saluons ses initiatives heureuses renouvellées et ses belles créations. Retrouvez Isabelle Bangoura sur la saison estivale de l’Opéra en Plein Air www.operaenpleinair.com et sur son site www.isabelle-bangoura.com. Nos remerciements s’adressent au Moma Group produisant l’Opéra en Plein Air – Juillet 2018

Romain Leleu, trompettiste

Un trompettiste de passion - Dans le mouvement qui agite la place de la Bastille, nous le remarquons. Décontracté, sympa, d’une stature puissante et  ce petit quelque chose qui nous le signale. Il arrive  souriant, avec la belle vitalité de sa jeunesse. Romain Leleu, seulement 35 ans et déjà une notoriété acquise en France  et une carrière à l’international : reconnaissance musicale de celui qui est déjà considéré comme l’un des plus grands interprètes de sa génération.

 

Romain Leleu, c’est l‘histoire d’une passion pour un instrument jugé ingrat : la trompette ! Que de chemin parcouru depuis son enfance lilloise... Une région où, par tradition, l’instrument à vent est roi. Il y a donc eu « convergence » entre des parents musiciens et cette culture régionale du nord de la France. Une bonne fée  s’est doute penchée sur son berceau en lui donnant un talent exceptionnel et les moyens émotionnels de les mettre en œuvre.

 

La marque de fabrique de Romain Leleu, c’est un son d’une pureté exceptionnelle.  Un son caressant. A la trompette, nous dit-il, « il faut se fabriquer sa sonorité ! » Une qualité de vibration des lèvres dans l’embouchure : voilà qui donne cette sonorité si délicate et pure en même temps.  Plusieurs centaines de muscles sont sollicités, tout est concentré sur une petite  surface : celle de l’embouchure.

 

« Par le souffle, il faut arriver à faire ressortir ce qui est en soi. » L’anima - qui vient du latin « souffle, âme » - pour révéler l’interprétation proposée au public. Et puis il y a la mode. Aujourd’hui le public aime les sons prononcés, tandis qu'il y a une vingtaine d’années les sons plus ronds, sans beaucoup de timbre, étaient plus appréciés.

 

« C’est un travail de grand sportif ! » Et il travaille beaucoup car au souffle s’ajoute la nécessaire dextérité des doigts sur les pistons. Souffle, lèvres, langue, doigts !  L’instrument est toujours d’un choix délicat : « Quinze modèles, quinze sons différents ». En effet, les pavillons sont martelés à la main et « un rien » peut en modifier la sonorité: Ce choix-là, est donc d’une grande importance artistique. C’est à l’étranger, notamment au Japon  où elles sont martelées à la main, que  Romain préfère les acheter. En effet, à l’exception de la Maison Selmer, les grands fabricants  français ont presque tous disparu.

 

Contrairement au piano, il y a un avantage  certain à jouer de la trompette : c’est léger, portable, on voyage avec, « de concert », bien qu’elle soit excessivement fragile.  « D’ailleurs et c’est une particularité méconnue, précise-t-il,  une  trompette s’use à l’emploi et se dévalue, contrairement à un piano  qui traverse les siècles : Perte de particules d’argenture (ou dorées), condensation dans l’alliage des tuyaux, salive corrosive, micro déformations, usure des pistons…»

 

Sur ses débuts, une petite anecdote que Romain aime raconter. C’était un enfant turbulent, c’est pour cette raison que ses parents l’ont mis à  un instrument, pas n’importe lequel : la trompette qui exige engagement physique, concentration, maîtrise  de soi, économie de gestes. « Un travail de grand sportif et un métier chronophage ». Par nature, Romain avoue  pourtant qu’il aurait une certaine tendance  à la paresse... Pourtant, sur la route qu’il a choisi, pas vraiment le temps de lambiner…

 

C’est à 6 ans qu’il commence, à l’aide d’un simple cornet avec embouchure. Le solfège, au début, il n‘aime pas  vraiment! Seule certitude précoce « c’est en solo qu’il se sentait le mieux, s’identifiant au légendaire Maurice André qui à tant fait pour la trompette. Soupir : « Un maître, un incontournable ! ». A 15 ans,  déjà classé dans les hyper doué: il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Il en ressort, bien sûr,  avec un 1er prix de trompette, Mention très bien. 2005 : Révélation classique de l’ADAMI. Bien d’autres prix vont suivre. Quatre ans plus tard,  en 2009, la consécration arrive aux Victoires de la Musique Classique : Il est élu « révélation soliste instrumental ».  Un tournant dans son parcours qui lui ouvre une carrière internationale et donne à son instrument une chance inestimable : la visibilité.

 

Car la trompette ne jouit pas forcément d’une grande notoriété. En Jazz certainement, mais pas dans le monde classique et s’y attache de nombreuses idées reçues. «Pourtant - nous confie-t-il - c’est un instrument qui seul, peut provoquer de multiples émotions ».  Dans le paysage instrumental, la trompette est en marge. « Comme la flûte ou le violon, c’est un instrument mélodique qui doit toujours être accompagné ». Romain Leleu, lui, se bat  pour redorer le blason de la trompette soliste. Mis à part quelques concertos classiques et romantiques, historiquement peu de compositeurs l’ont mis en valeur : Haydn, avec son Concerto pour Trompettes et Orchestre,  en Mi bémol majeur, Télémaque  ou Vivaldi – Quant aux trompettes d’Aïda de Verdi, elles ont saturé l’espace ! Bref tout ce qu’il n’aime pas dans la trompette, enfin pas vraiment son style. Il y a ainsi une certaine indigence du côté du répertoire pour trompette et donc un grand vide de compositeurs séduits par cet instrument. « L’opportunité de construire quelque chose de neuf », nous dit Romain.

 

C’est l’une des raisons pour laquelle avec Cécile Peyrol-Leleu son épouse, musicienne elle aussi, il a créé « Convergences » en 2010. Il s’agit d’un ensemble à cordes, composé de musiciens et de chambristes issus des grands orchestres français. Une trompette et un  quintet (Violon, alto, violoncelle et contrebasse) pour mettre en avant un  répertoire centré sur cet instrument. Vous l’avez compris, le point de convergence, c’est sa trompette. Etonnant mariage qui a su réaliser une belle unité  saluée par la critique, dans l’un de ses premiers enregistrement  chez Aparté « Sur la route » où s’enchaîne musique savante et populaire – Bartok, Tangos de Piazzolla, des titres comme La Strada de Nino Rota ou des chansons de Michel Legrand.

 

Le secret de Romain ? Un énorme travail de transcription, qui a son protocole : « Je commence par l’écoute d’un concerto (par exemple). J’essaie de le jouer  puis vient un long travail de d’arrangement, souvent en compagnie de  Manuel Doutrelant. », le but étant non pas de s’inspirer mais de donner corps à une  nouvelle composition, « comme si elle avait été originellement écrite pour la trompette. Tout n’est pas faisable, il faut y croire et parfois renoncer à une transcription qui a demandé beaucoup d’investissement temps ».

 

Même s’il se définit parfois flegmatique Romain Leleu, paradoxalement, aime  entreprendre. Avec son ensemble Convergences, il prend des risques, propose ses programmes – c’est sa part de liberté - dépoussière le répertoire, va au-devant du public, même ceux qui  ne sont pas familier du classique ou qui ont un petit budget. Et sur ce terrain-là, Romain Leleu est offensif et n’emploie pas la langue de bois : « L’erreur  ce n’est pas la démocratisation, c’est la démagogie ! » Il veut décloisonner pour inciter les gens à venir au concert. « Contrairement à un enregistrement, un concert  c’est spectacle vivant. Il s’y passe toujours quelque chose ! ». Tout en étant perfectionniste il aime une part d’instabilité et de risque.  Mais là où il fulmine, c’est «qu’en France il est  difficile de se produire, de sortir des sentiers battus. Paris est même inaccessible, en dehors des producteurs privés. Il est plus facile de jouer à Londres que dans la capitale.  Depuis 5 ans environ, ajoute-t-il, je constate que l’espace pour le classique s’est réduit alors que de nombreuses structures sont hyper subventionnées ».

 

Alors Romain Leleu redouble d’énergie, se produit dans le monde entier et dans son CD paru chez Aparté, Trumpet Concertos, il mise sur la création d’œuvres inédites. Comme Haydn en son temps, il fait appel à des compositeurs contemporains pour développer  le répertoire de cet instrument : Martin Matalon, Karol Beffa… Avec Thierry Escaih dans son dernier opus, Vocalises, il  marie harmonieusement orgue et trompette. L’idée, c’est une retranscription sur le thème de la voix. Une voix qu’il veut faire entendre.

Chaleureux et sympathique, Romain Leleu  renouvelle  le genre et innove, pour notre plus grand plaisir.

 

En-dehors de la musique, que ce soit en termes de gammes quotidiennes ou de cours donnés au Conservatoire Régional d’Aubervilliers, qu’aime donc faire Romain Leleu ? Quels sont ses loisirs favoris ? Simple : passer du temps avec ses enfants, si possible au bord de la mer, et cuisiner, bien qu’il nous ai confié, avec un petit sourire, malheureusement ne pas en avoir beaucoup l’occasion…

 

Nous tenons à remercier Romain Leleu pour nous avoir accordé un peu de son temps pour réaliser cette interview, Emmanuelle Gonet, responsable communication -presse pour Little Tribeca ainsi que Pascale Sorgues et Antoine Barré, nos rédacteurs. - www.romainleleu.comJuin 2018

Julie Judd, actrice

« Etre actrice, c’est l’écriture d’un nouveau soi » - Nous nous rendons près de la butte Montmartre, au bar-restaurant Le Corso avenue Trudaine. Là-bas, en terrasse extérieure mais tout de même chauffée Julie Judd nous attend. Vêtue d’un béret bordeaux, la petite actrice blonde nous fais signe de prendre place à sa table. Souriante, accueillante et d’une humeur joviale elle nous met tout de suite à l’aise et préfère que l’on se tutoie. L’an dernier, Julie Judd était à l’affiche de la superbe pièce de théâtre Alma Mahler. Elle a joué avec brio cette grande dame, icône de la modernité féminine du XXe siècle. Nous commandons, tout comme l’actrice d’House of Time ou encore de Ne touchez pas la hache, un jus d’orange pressé, nous nous sentons très à l’aise à ses côtés, l’entretien peut commencer.

 

Née à la maternité de Caen, Julie Judd a grandi dans un le petit village de Mèze, «en rase campagne» comme elle l’affirme, loin du chahut parisien et du dynamique quartier de Montmartre où elle loge aujourd’hui. Julie Judd débarque dans la capitale à l’âge de 11 ans. Une installation douloureuse pour cette fillette dont la maman est gravement malade. Paris, une grande ville qui pourtant fascinait (et fascine toujours) Julie tant elle l’a trouvé incroyable et magnifique. Difficile de s’intégrer, de se faire de nouveaux amis en plein quartier du marais où la majorité de la population était asiatique à l’époque, très mure, avancée voire déjà adulte lorsque l’on est une «vraie fillette qui porte très bien le col claudine».

 

Nous pouvons dire que l’art coule dans les veines de Julie Judd. Sa grand-mère était actrice, sa maman était peintre céramiste et son papa : un passionné d’orgue. Julie Judd a grandi en faisant de la peinture, en écoutant beaucoup de musique mais surtout en pratiquant la danse et particulièrement la danse classique. Elle intègre à son adolescence une école spécialisée dans la danse. Une discipline rigoureuse, mais à travers laquelle elle s’épanouie, s’évade et évacue toutes ses émotions depuis le décès de sa maman. Même si elle n’était pas si souple que ça, tout pensé à croire que Julie deviendrait une danseuse professionnelle jusqu’au jour où son corps a dit stop. Pour Julie, la danse a été une véritable « école de la vie ».

 

Toujours passionnée par la scène, Julie Judd met de côté la danse et se tourne vers le théâtre. Enfant, lorsqu’elle regardait La petite maison de la prairie, elle rêvait qu’un jour ce soit son tour d’être dans le petit écran. Après tout elle aussi habitait à la campagne donc c’était possible ! Sur les conseils d’une camarade de classe, Julie s’inscrit dans un club de théâtre à Chatoux, puis à Paris sous la direction de Jean Darnais à l’Atelier Théâtre. Là-bas, elle rencontre Bérénice Béjot, l’une de ses amies proches aujourd’hui.

 

A travers le théâtre, Julie découvre et aime l’idée du voyage dans le temps, de décrire des époques, des lieux, des rites, des coutumes, des traditions et parfois un langage qui n’existent plus. C’est pour elle, une autre manière de comprendre, de s’intéresser à notre patrimoine, de l’explorer et en même temps d’explorer l’être humain lui-même. Julie Judd s’impose très vite dans l’art théâtral et réinvestit tout ce qu’elle a appris grâce à la danse : le charisme, l’élégance, la prestance sur scène. Mais pour être une bonne comédienne, la danse apporte parfois quelques défauts. La preuve est telle que Julie avait adopté une drôle de démarche. Elle a dû donc réapprendre « à marcher » pendant 2 ans. Soyez attentif, car dans son premier film, Mireille & Vincent, l’adaptation du roman Mireille de Frédéric Mistral, on peut remarquer cette démarche si originale.

 

Une raison qui justifie peut être le fait que Julie Judd, aime difficilement se voir à l’écran, comme de nombreux acteurs. « C’est un petit cauchemar joyeux » nous confie-t-elle. « Nous avons conscience que si nous tournons, il y aura une projection. Mais j’essaie d’imaginer que ce n’est pas moi, qu’il s’agit de quelqu’un d’autre ». Quand elle interprète un personnage, Julie Judd le crée en fonction de l’univers socio-culturel de celui-ci. Elle se documente, visionne des reportages et documentaires, en laissant couler quelques larmes, mais le plus souvent part à la rencontre des personnages eux-mêmes.

 

Mais il arrive parfois que certains réalisateurs, demandent à Julie Judd de s’inspirer de certaines actrices. Par exemple, Raul Ruiz, pour le thriller Une place parmi les vivants, lui a demandé d’être à la fois Marylin Monroe et Arletty. Un défi de taille mais qu’elle a merveilleusement bien relevé ! Un honneur pour Julie qu’être ces deux femmes et pourtant tout n’a pas été facile lors du casting. La jeune actrice avait perdu ses moyens mais a réussi à séduire le réalisateur franco-chilien. Un scénario qui a plongé notre jolie Julie dans les années 1950 et toujours dans un décor parisien : le quartier de Montmartre, totalement reconstitué en Roumanie. Avec un accent de « titi parisien » qui a même agacé son compagnon de l’époque, Julie Judd a eu beaucoup de plaisir à être sous la direction de Raul Ruiz, qui l’a beaucoup conseillé.

 

Des tournages hors hexagone, des rencontres avec des réalisateurs de différentes nationalités : c’est ce qu’il y a surement de plus beau dans le métier d’actrice et c’est ce que Julie aime le plus : entendre silence, moteur et action de différentes manières. Toujours pour le film de Ruiz, Julie Judd a eu la chance de rencontrer une ancienne directrice du Lido. Un rêve de petite fille pour cette ancienne danseuse ! Dans le film Jackie, elle est retournée dans le pays de son papa, outre-manche pour travailler avec de très grandes actrices telles que Nathalie Portman et Greta Gerwig. Julie nous confie qu’à ses yeux, être actrice c’est surtout explorer nos traits de personnalité les plus glamours, les plus sombres, les plus joyeuses tout comme les plus tristes. Mais avant tout c’est un véritable moyen de se découvrir en tant que femme.

 

Grâce au théâtre, au cinéma, Julie Judd n’est plus cette femme qu’elle pourrait caractériser de « banale », elle dévoile un caractère beaucoup plus extraverti, plus à même de repousser ses limites, ce qu’elle ne fait pas forcément dans la vie de tous les jours. « Ce métier me fait sortir toutes les femmes qui sont au fond de moi et ça c’est assez chouette. » Et certaines interprétations ont beaucoup marquées la carrière de Julie Judd. Lorsqu’elle a joué le rôle d’une toxicomane dans le film Le Pacte, elle eut besoin, en fin de tournage de dire au revoir à son personnage. Très impliquée et passionnée par les vies qu’elle nous conte à l’écran, Julie Judd a ainsi écrit une lettre à son personnage, Laura, pour s’en séparer.

 

Mais Julie Judd, sait utiliser son métier pour parler, dénoncer certains faits de société. Certains sujets la poussent à se lancer dans certains projets. Par exemple, elle doit participer à un film à l’initiative d’Olivia Cattan sur l’autisme. Une cause qui bouleverse et intéresse énormément la comédienne.

Jouer dans un film c’est aussi l’occasion pour Julie Judd de se lancer quelques défis. Quoi de plus difficile pour une personne dont la hauteur donne le vertige qu’être suspendu dans le vide depuis le sixième étage ? Défi relevé pour Julie Judd dans le film Pas de panique. Titre de film plutôt ironique vu la situation !

 

A travers son jeu d’actrice, Julie Judd se dévoile, repousse ses plus grandes peurs et obtient une longueur d’avance. Pas encore maman et pourtant nous ne comptons plus ses interprétations de mères de familles, tout comme dans le moyen métrage qu’elle vient de tourner avec le réalisateur Christophe Monnier : Une grenade sous la chemise. Elle sait donc à présent, avant même d’avoir des enfants, la maman qu’elle veut être et ne pas être. Tout comme elle cherchait comment était la sienne qu’elle a perdue. Et dans cette quête Julie Judd a su et peut encore compter sur ses marraines de cœur, marraines de vie : Marie-Christine Barrault, Genevieve Casile et Aude Zeller.

 

Le verre de jus d’orange est presque vide. Julie Judd nous livre qu’elle sait aussi passer derrière la caméra. Avec son amie Déborah François, elle a réalisé un court métrage intitulé Vide ton sac pour la marque Polka. Une vidéo, gardé dans son téléphone qu’elle s’empressa de nous montrer avant de s’éclipser, nous laissant un léger sourire aux lèvres tant l’ironie développée sur la relation entre actrices et marques de vêtements /accessoires nous transportent dans un univers décalé.

Julie Judd regarde son téléphone. Il est l’heure pour nous de la quitter. Avant de partir, elle nous confie qu’elle a encore beaucoup de projets à réaliser. Nous sortons du Corso, en espérant la revoir très vite autour d’un verre, à l’écran ou au théâtre. Nous remercions Julie Judd pour sa disponibilité et sa gentillesse, ainsi que Célia Baroth, notre rédactrice.

Avril 2018

François-Frédéric Guy, pianiste

Une rencontre allegro aux sommets de l’univers du piano – Vraiment, ce fût une belle rencontre que celle de François-Fréderic Guy, pianiste passionné et passionnant.

 

Nous pénétrons dans un temple du piano: le showroom Steinway & Sons, la première adresse française de cette grande marque connue et reconnue dans le monde de la musique. François-Frédéric Guy nous le confirmera lors de notre entretien quelques minutes plus tard: une grande majorité des salles fait le choix de s’équiper d’un piano Steinway & Sons, car c’est peut-être la marque proposant la plus grande palette de couleurs et de sonorité que peuvent offrir les fameux instruments à touches noires et blanches.

 

Par passion et par désir de la partager, c’est avec spontanéité qu’à la fin de l’entretien, François-Frédéric Guy nous fera l’honneur de jouer  quelques pièces, rien que pour nous. Un moment de grâce et d’exception qui nous a beaucoup émus. L’endroit est exceptionnel, et l’on nous y accueille allègrement: ce tout nouveau repère de pianistes a un cachet indéniable qui nous a beaucoup impressionnés. François-Frédéric Guy: trois prénoms. C’est dire si l’artiste est multiple dans ses talents! Forcément double lorsque l’on voit son visage se refléter sur le piano lors de sa belle démonstration.

Nous nous installons près d’un majestueux piano à queue noir. Plus qu’une simple interview de journaliste à pianiste, c’est une véritable rencontre à laquelle nous avons participé ce jour. Le grand pianiste François-Frédéric Guy, amène et ravi de partager sa passion, nous a tout bonnement transportés dans son univers musical.

Le goût pour la musique lui vient de ses parents, qui pratiquaient tous deux le piano. Son père jouait quotidiennement du Chopin, du Schuman, et à la maison, ses quelques disques bien choisis constituaient une base musicale solide pour celui qui deviendra bien vite un grand pianiste. A l’âge de onze ans, il entre au conservatoire de Paris et travaille avec Christian Ivaldi et Dominique Merlet. Après l’obtention de son diplôme en 1980, il reçoit quelques années plus tard différents prix. Rapidement, il travaille avec des artistes de renommée internationale: Edvard Gardner, Daniel Harding ou encore Philippe Jordan et se produit sur des scènes françaises et étrangères.

Pour François-Frédéric Guy, être pianiste, c’est tout d’abord être interprète, et jouer sur cette dualité entre texte et interprétation. Un mouvement  souvent antinomique qui est le lieu de toutes les convergences du présent et du passé, de la culture et des émotions. Moment d’interprétation forcément circonstanciel qu’il faut concilier avec une composition virtuelle tant qu’elle n’est pas jouée, comme un texte qu’il faut traduire le plus exactement possible tout en engageant totalement ses émotions et avec pour bagage une grande connaissance des couleurs propres à la musique, des respirations pour transcrire au mieux le morceau composé. "Quand on est au piano, on est deux" poursuit François-Frédéric Guy.

 

Il faut jouer en restituant fidèlement une architecture, en live, sans retour possible, tout en maitrisant la multitude de détails qui dans ce paysage naissent sous vos doigts. C’est à la fois être attentif au Mont Blanc et  être capable de percevoir en bord de chemin une petite, toute petite fleur. » Le don inné d’un grand pianiste ne peut lui suffire: des heures et des heures de travail sont convoquées pour être virtuose. Il illustre ses propos en faisant le parallèle du pianiste avec le tennisman, dont les résultats ne paraissent que par un entraînement quotidien, sans relâche.

François-Frédéric Guy est tout d’abord l’un des grands spécialistes du répertoire allemand. L’une des lignes directrices de son œuvre a un nom: Beethoven, «un monument !» soupire-t-il. Pour lui, il y a un avant, un pendant et un après Beethoven dans le sens où ce dernier a révolutionné le monde du piano. Grâce à lui, les pianos ont gagné 8 notes (une octave supplémentaire !) et les cordes se sont allongées pour vibrer plus fort.

 

Ainsi, il est devenu possible de rivaliser avec l‘orchestre. C’est l’annonce du concerto romantique, la préfiguration de l’orchestration moderne. Beethoven part du cœur et touche au cœur. Ses Hymnes à la Joie et la Paix, mondialement connus, sont des symboles qui dépassent tous les clivages, d’une extraordinaire puissance émotionnelle. Et ce n’est pas pour rien que cette Symphonie N° 9 composée entre 1822 et 1824 est devenue notre Hymne européen.

 

Pas besoin de connaître Beethoven pour aimer Beethoven; c’est peut-être là sa plus grande magie. Ce compositeur qui parle à tous représente un symbole de fraternité, d’amitié et dégage une puissance émotionnelle et une humanité qui ravit notre pianiste. C’est notamment pour ces raisons que ce dernier a lancé le Beethoven project, débuté en 2008, qui consiste en une immersion complète dans les œuvres de Beethoven. C’est un projet qui couvre toute sa vie de compositeur et les différents courants de sa musique.

 

«C’est, nous dit-il, comme écrire une biographie» qu’il faut sans cesse respecter tout en la réinterprétant. Il faut suivre l’évolution de ce génie, il faut s’en imprégner, tout connaître de lui, sa couleur, sa respiration, ses émotions qu’il faut fusionner avec les siennes. Pour un interprète, c’est un défi presque inhumain qui tient en quelques chiffres: 32 sonates, 600 pages qui s’étalent dans la vie du grand compositeur sur une trentaine d’années, de 1795 à 1822.

 

A cela, ajoutons les  5 concertos! François-Frédéric Guy en a enregistré la première  intégrale  dès 2008, avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la Direction de Philippe Jordan. Une longue route qui, au fil du temps, a tissé une belle relation avec son public. Un travail de titan, pendant lequel il est préférable de mettre une croix sur toute idée de vacances! A Tokyo se célébrera sur quinze jours lors de la saison 2019/2020 la dixième intégrale des 32 sonates: une date importante qui marque un anniversaire peu commun, représentant onze heures de musique, neuf concerts et 620 pages de musique.

Malgré cet attachement fort pour Beethoven, François-Frédéric Guy est un artiste polyvalent. De la musique classique du XVIII et du XIXème siècles à des compositions contemporaines, son répertoire est large: Mozart, la perfection divine qui ne rature jamais ses partitions, Brahms dont il a enregistré l’intégrale des sonates pour piano, mais aussi Messian, Stravinsky, Boulez, Stockhausen, ou encore les inclassables Berio, Murail (qui va d’ailleurs lui écrire un concerto pour piano en 2020) et son concert pour piano «Le désenchantement du monde» ou Marc Monnet avec la pièce «Imaginary Travel» qui marie son et images. Ce qu’il aime en eux, c’est leur capacité à renouveler, à inventer. « A être inouïs ! » ajoute François-Frédéric Guy après un silence.

François-Frédéric Guy nous fait part de ce qu’il se passe dans la tête d’un pianiste lorsqu’il joue: à la fois en direct, celui-ci restituant fidèlement l’œuvre, et à la fois dans une vision d’ensemble de l’intégralité de la pièce jouée. Être pianiste, c’est faire voyager les spectateurs et les emmener dans des contrées dignes des plus beaux paysages. L’interprète pianiste fait découvrir aux gens ce qu’ils ne connaissent pas et les ouvrent à d’autres sons, à d’autres mélodies. Faire naître la curiosité, nous rendre  familier l’inconnu. Il apprécie particulièrement faire connaître la musique «de notre temps», comme il aime à l’appeler, pour faire naître la curiosité et le désir chez ses spectateurs. Tout comme une œuvre d’art auquel on n’est peu habitué, on apprend à aimer un morceau en y étant attentif.

Plus jeune, François-Frédéric Guy voulait être un jour chef d’orchestre. Un but vers lequel il tend désormais comme une suite logique de son évolution artistique. Depuis peu, il réalise cette grande ambition par une prouesse: celle du joué-dirigé, pratique qui consiste à être à la fois soliste et chef d’orchestre simultanément. Par le succès de ses performances en tant que pianiste, il se fait petit à petit une place en tant que chef d’orchestre.

 

Son goût pour les instruments de manière générale est sûrement la preuve de la fibre orchestrale qui l’habite. Il se considère aujourd’hui en progression, ce qui représente une grande fierté pour ce passionné de musique sous toutes les coutures à qui le challenge plait tout particulièrement. "De plus, accéder  la direction par les concertos dirigés au piano est un approfondissement extraordinaire de ma pratique".

C’est une  double performance physique, dit-il malicieusement. "Celle de l’Homo sapiens comme pianiste, lorsqu’il est assis et de l’Homo erectus, debout comme chef d’orchestre !  Deux gestes antinomiques.» Là encore, François-Frédéric Guy se situe dans une dualité constructive. La recherche de ce lieu où il faut trouver le juste équilibre entre deux pôles, entre deux notes. Délicate frontière où se joue la tension créatrice.

Le quotidien de François-Frédéric Guy est bien rempli. Des tournées sont prévues en Allemagne avec l’Orchestre philarmonique ou encore en Extrême-Orient, à Séoul, au Japon et en Corée. Beaucoup plus proche de nous, le 28 mars à 20h, ce sera l’occasion de le revoir ou de le découvrir à Paris au Théâtre des Champs-Elysées pour un triple concerto de Beethoven avec l’Orchestre de chambre de Paris et un trio de haut vol: il sera accompagné de Lena Neudauer au violon et de Xavier Philipps au violoncelle.

 

Pour une explication des œuvres qui seront jouées, le Théâtre des Champs-Elysées propose une «Entrée en musique» qui se fera à 19h. En deuxième partie, il réalisera un vœu très cher en s’illustrant au joué-dirigé avec la Symphonie n°5 op. 67 de Beethoven, dite «du destin». Tout un symbole! En octobre 2017, François-Frédéric Guy a également sorti son dernier album de l’intégrale des sonates de Beethoven au piano accompagné par Tedi Papavrami au violon: une nouvelle démonstration de virtuosité par un duo qui maîtrise son instrument à la perfection!

Nous remercions chaleureusement François-Frédéric Guy pour ce superbe moment d’échange, son attachée de presse Emmanuelle Gonet pour l'organisation de cette belle rencontre, Steinway & Sons pour son accueil chaleureux au sein de ce showroom d’exception, ainsi que nos rédactrices de talent Pascale Sorgues et Adèle Mondine.www.ffguy-pianist.comeu.steinway.com

La rencontre des cordes tapées et des cordes frottées – Dans cette intégrale de l’œuvre pour piano et violon de Beethoven, les deux instruments dialoguent, se laissent la parole, se complètent tour à tour. Souvent moins connus que les sonates pour piano, Beethoven a pourtant composé des œuvres tout aussi majestueuses pour ce délicat instrument à cordes qu’est le violon. Tedi Papavrami, Albanais d’origine et invité en France lors de ses plus jeunes années pour rejoindre le Conservatoire National Supérieur, a la particularité de se distinguer également comme un homme de lettres séduit par la traduction et l’écriture en parallèle de sa passion pour l’instrument à cordes. Depuis les années 1990, Tedi Papavrami s’est lancé dans une carrière de soliste et de musicien de chambre, a collaboré avec de grands chefs d’orchestre et se produit avec de nombreux musiciens. Cet engouement pour la musique, François-Frédéric Guy le ressent également à son plus jeune âge, ses parents pratiquant le piano dans la maison familiale. Il entre au conservatoire de Paris à ses onze ans, obtiendra son diplôme en 1980 et est depuis présent sur les scènes françaises et étrangères. Ces deux grands musiciens nous livrent dans ces 3 CDs la beauté de cette ren- contre entre les deux instruments. Ces deux musiciens trouvent un accord parfait dans des mélodies émouvantes qui transportent instantanément son auditoire.

 

Beethoven: Complete Sonatas for Piano and Violin — Tedi Papavrami et François-Frédéric Guy — Evidence, www.evidenceclassics.com 

Mars 2018 

Eve Briat

Une coiffeuse et visagiste française surdouée – En ce début juillet, nous nous rendons dans la belle ville de Sèvres afin de réaliser le test de presse d’une adresse confidentielle de qualité, celle d’Eve Briat et de son salon-studio Eve On Air. Non loin du Musée National de la Céramique et du Domaine de Saint-Cloud, au détour d’une rue commerçante, nous rencontrons la fraiche et gaie Eve qui nous accueille à bras ouverts pour une séance de coupe et couleur très exclusive puisqu’Eve a ouvert spécialement pour nous ce lundi.

 

Car Eve est comme cela: spontanée, généreuse, elle a répondu immédiatement à notre sollicitation de presse. Nous voulions parler d’un talent en coiffure distinctif, établi hors des sentiers battus de la profession, atypique et aussi féminin cette fois.

 

Eve est très exactement cela: une passionnée de son métier depuis ses 16 ans, elle reniera les études voulues par ses parents pour se lancer dans le métier. Devenue coiffeuse, puis maître-artisan coiffeuse, elle s’est spécialisée dans les couleurs. Elle fera sa première permanente à 15 ans, la coiffure, Eve a cela dans le sang. Pour rien au monde elle ne s’éloignera de son expertise qu’elle pratique avec bonheur quotidiennement. Et cela s’en ressent lorsqu’on apprend à connaître Eve qui se dévoile peu à peu à nous.

 

Eve pratique un morphing intuitif, une phase préalable d’écoute et de sentis où sa vision, ses ressentis sur la personne et son environnement vont apparaître à Eve. Forte de cette inspiration sensorielle, elle a l’intuition qui lui donnera le chemin à suivre au cours de son processus de coiffue et de mise en couleur. Un processus initial et automatique qui donne d’excellents résultats. Eve a l’expertise libre et consciente de ce qui conviendra bien à chacun, elle le fait avec brio.

 

Eve est passée par une solide formation, elle fera ses classes chez Eugène Perma rue d’Astorg à Saint-Lazare, des essais à l’Opéra Garnier, sera formée par Alain maître-coiffeur puis auprès de la marque de Los Angeles Sebastian, crée en 1972. Une parenthèse familiale l’emmènera jusque dans les Antilles, sur l’île de Saint-Martin où elle excellera dans l’un des salons réputés de l’ile. Elle garde de cette époque son sourire enchanteur, sa simplicité directe et sa chaleur communicative.

De retour à Paris, elle enchainera les expériences dans la coiffure de mode, elle fera preuve de patience et de dextérité pour ces photos de mode pointues qui requièrent 4 à 5 heures de coiffure et de mise en forme en studio. De grandes photos de mode illustrent les murs de son atelier de coiffure en témoignage de ces années créatives. De temps à autre, elle refait quelques séries de photos par appétence pour ce challenge et ce rendu esthétique si unique.

Vivante et passionnée, en avance sur les autres, Eve passera son brevet professionnel en candidate libre, car c’est une femme qui aime son indépendance. C’est aussi une grande professionnelle, qui sous ses airs enjoués, s’applique avec minutie à la réussite de chaque coiffure, avec créativité et audace.

 

Eve est une grande travailleuse mais elle le fait avec simplicité du geste et de l’effort. Elle est douée pour la reprise de couleurs et de coiffure, le relooking est son dada. Elle réussit dans cet art et elle s’est associée à d’autres compétences locales (y compris un mentaliste) pour changer la tête des gens, avec l’intention de redonner une nouvelle énergie à ces personnes, presque de changer leur vie. C’est qu’Eve perçoit instantanément ce que les corps expriment avec adresse, elle a même écrit un livre entier de façon spontanée sur la perception du visible et de l’invisible. Eve est intarissable d’anecdotes et de conseils, ces trois heures passées en sa présence se sont envolées tellement c’était plaisant.

Eve prend soin de la chevelure de notre directrice de la publication, elle effectue un diagnostic précis, elle va conseiller d’utiliser une teinte beige sur du blond afin de donner un effet de racine naturelle, elle va aussi rééquilibrer la coupe car en un clin d’oeil, elle a pu déterminer ce qui n’allait pas. On sent l’expertise d’Eve et on apprécie l’attention et le soin qu’elle prend à nous servir. Car Eve aime prendre le temps qu’il faut, surtout pour un premier rendez-vous où elle sera particulièrement à l’écoute des désidératas de ses clientes et clients. Le résultat obtenu est très esthétique, Eve proposera même une coupe alternative participant à un relooking réussi.

Eve aime coiffer en solo afin de garder une relation directe à ses clientes qui viendront de Sèvres ou de Paris pour s’y faire coiffer. Eve propose également des prestations de relooking dans le cadre du Cercle du Relooking, une initiative innovante d’intégration de compétences. Elle coiffera également les hommes (aux ciseaux) et propose des manucures et du maquillage personnalisé. On retient également qu’elle maîtrise les couleurs naturelles (de la marque Gaia) qui sont adaptées pour un certain type de couleur. Enfin, pour des prestations de mariage, Eve est une vraie spécialiste de beaux chignons.

Eve on Air, un doux cocon où on aimera se faire coiffer par la pétillante Eve, certainement l’une des bonnes adresses du grand ouest parisien et la plus distinctive de Sèvres. Nous avons eu grand plaisir à rencontrer Eve Briat et à pouvoir témoigner de sa belle maîtrise artistique et de ses qualités humaines. Une personne à découvrir, empreinte de gentillesse et de bonne humeur, un bel exemple d’entrepreneuriat français réussi. Eve on Air, un salon de coiffure personnel de talent établi au 84 Grande Rue, 92310 Sèvres – www.eveonair.comJuillet 2017

Ces français qui aident le monde (I)

Julien Beller, un architecte français d’avant-garde – Parmi ces français qui changent notre monde, rencontrons Julien Beller, le talentueux architecte français engagé qui porte un nouveau regard sur notre relation à la ville, à l’urbain, à nous aussi. Car le travail de Julien Beller est tout autour de cela: comment réinventer notre vie, nos espaces urbains, nous réapproprier le bien commun, de le faire évoluer pour en créer du bien, du vrai, du bon.

 

Julien Beller, c’est une autre vision de l’architecture et de son rôle dans les espaces sociaux. C’est une architecture vue hors les murs, hors les cadres, qui agit et qui donne de nouvelles perspectives. L’architecture par Julien Beller, c’est d’abord une architecture au service des autres, en particulier au service des gens déracinés, des populations éphémères, de ceux qui sont de passage. Julien voit son acte de construire comme un acte de fondation d’un projet social avant tout, créant des lieux d’échanges, autonomes et évolutifs, avec une touche marquée d’écologie et de modernité.

Créer en architecture, c’est pour Julien un acte engagé, social, responsable, associant la base, les usagers à cet acte hautement créatif. Ainsi, Julien est connu pour avoir conçu, élaboré, dirigé et livré le grand camp de réfugiés de La Porte de la Chapelle à Paris, dont nous avons vu les admirables réalisations lors de notre reportage sur l’association militante Utopia56 (publié dans notre rubrique Innovation). Un camp établi aux normes du HCR, très bien conçu, fonctionnel et efficace, même ludique. Une belle réussite, un exploit d’architecture de terrain, livré en un temps record. Le tout est démontable à l’instar de cette gigantesque bulle réalisée par son ami Hans Walter Muller. Une telle prouesse n’aurait pas été possible sans la riche expérience accumulée par Julien dans ce qui fait sa marque de fabrique: une réflexion profonde sur l’habitat éphémère, les lieux d’urgence, l’architecture adaptative.

Julien s’est engagé au plus tôt dans sa formation vers cette voie, à l’exemple des membres de sa famille: un oncle French doctor au Kenya, un frère architecte en Chine, des origines franco-américaines qui formeront sa vision. Après une courte tentative en médecine (son père est médecin), c’est dans l’Alsace de ses origines, à Strasbourg qu’il fera ses classes à l’Ecole d’Architecture de Strasbourg, où l’influence des écoles allemandes (l’écologie) et suisses (la rigueur) se font sentir. Ses origines américaines par sa mère lui donnent envie de découvrir d’autres horizons, ce sera l’Afrique chez son oncle et sa première approche des habitats locaux, alternatifs et ethniques mais satisfaisant aussi un besoin d’internationalisme en rejoignant une école d’architecture célèbre en Europe, le TU de Delft à Rotterdam. Ses condisciples travaillent chez le maître Rem Khoolhas, lui choisira une plus petite agence où il apprendra l’imagerie 3D, une innovation à l’époque. L’Afrique l’appelle à nouveau et c’est à Soweto en Afrique du Sud qu’il redéfinira l’habitat local collaboratif sur les bases de la capacitation-empowerment dans ce qui est le plus grand bidonville d’Afrique.

Il achèvera sa formation par le fameux DPLG de l’Ecole de la Villette à Paris, il fera le choix de présenter son diplôme sur les aires d’accueil des gens du voyage, avec qui il va vivre et apprendre les us et coutumes. Une épreuve de diplôme remarquée, atypique, faite sous le mentorat de l’architecte français hors normes Patrick Bouchain. Son action de terrain se poursuit avec la création du collectif pluridisciplinaire EXYZT qui requestionne l’urbain et ses usages mais aussi dans son implication au sein d’AOA Alternative Organization Architects qui intervient au Togo, Cameroun, Mali et Maroc pour y construire des écoles et des habitations faisant usage des ressources locales et valorisant les savoir-faire autochtones.

La réalisation sociale pour laquelle Julien s’est le plus impliqué est le fameux 6B à Saint-Denis, un immense bâtiment de bureaux délaissé qui fût transformé dès 2008 en lieu de vie, d’échanges et de culture, tout en étant une pépinière de jeunes entrepreneurs et d’entreprises créatives. Un lieu qui fait vite parler de lui pour son dynamisme social, solidaire, festif et artistique, qui redonne vie à une partie de Saint-Denis, terre d’adoption de Julien où il construira sa propre maison éco-autonome. Le 6B est aussi significatif de l’intention architecturale de Julien que la Cité Radieuse à Marseille l’a été pour le célèbre Le Corbusier.

C’est dans ces bureaux que Julien nous reçoit, un lieu de partage qui regroupe ces jeunes collaborateurs directs, avec pour touche locale, la vue sur la Basilique de Saint-Denis. C’est d’ici que Julien pilote ses projets en cours et futurs: l’éco-habitat collectif l’Arche-en-l’Ile sur l’Ile-Saint Denis, la réhabilitation d’une piscine en centre social collectif à Sainte-Geneviève-des-Bois, le réaménagement piéton de la Place de la Bastille puis la réhabilitation programmée du 6B.

On aime chez Julien cette humanité sincère, son approche fine de la connaissance de l’autre et des cultures croisées, ses réflexions sur l’habitat et les échanges sociaux. Julien et ses équipes font preuve d’enthousiasme et de passion dans leurs réalisations, c’est le signe d’une France nouvelle qui émerge, hors des sentiers battus, faisant preuve de créativité et d’audace. Ce fût un plaisir de rencontrer Julien Beller, un architecte français de talent qui nous fait voir le monde sous un nouveau jour, pour la redécouverte d’une solidarité et un humanisme engagé dans l’architecture. Un exemple français à suivre. - Julien Beller Architecte, un studio d’architecture foisonnant de créativité établi au 6-10, quai de Seine, 93200 Saint-Denis - www.le6b.fr/author/beller/ - Mars 2017

Ces français qui aident le monde (II)

Tristan Lecomte, le français qui nous réconcilie avec la nature – Nous recherchions depuis quelques temps des français talentueux et entrepreneurs sur lesquels écrire. Ces français qui aident à changer le monde, qui nous donnent de nouvelles perspectives altruistes et surtout qui agissent pour notre planète. Nous avons récemment écrit sur Yann Artus-Bertrand et Pierre Rabhi, c’est dans cette lignée émérite que nous avions envie de parler d’un tricolore engagé dans l’action environnementale et naturelle. Une utile recommandation d’un ami nous oriente vers Tristan Lecomte, un dynamique entrepreneur français, diplômé d’HEC, lequel a mis sa conviction personnelle et ses efforts concrets en la création d’un monde meilleur pour tous. Il le fait avec un fort courage personnel, ce qui n’est pas donné à tout le monde. C’est ainsi que nous convenons avec lui d’un entretien à distance avec la Thaïlande, car Tristan y est installé depuis six ans sur sa ferme agro-forestière vivant en autonomie alimentaire et de ressources énergétiques, qui est aussi un centre d’expérimentation actif de sa dernière réalisation internationale, le Pur Projet. C’est ainsi qu’au milieu de ses plantations de teck, de riz sans eau et de ses manguiers, Tristan nous accorde cet entretien, depuis sa jolie ferme de quatre hectares, par un après-midi ensoleillé.

 

Tristan est davantage connu pour avoir créé une marque alimentaire, et au-delà, avoir confirmé un concept innovant et révolutionnaire à l’époque: Alter-Eco, bien connue de tous aujourd’hui, une marque éco-responsable qui s’engage à donner la juste part des redistributions des richesses générées aux producteurs locaux. Un vrai travail de fond, collaboratif et équitable, qui donne du sens à nos actes de consommation. Souhaitant vivre sa vie en étant utile aux autres (et quitter L’Oréal), c’est au cours d’un échange avec sa sœur, co-fondatrice du journal social français Le Réverbère que Tristan découvre le concept du commerce équitable. Il ne sait pas encore que c’est lui qui le démocratisera à l’échelle nationale pour la première fois. La tâche va être ardue, car il est face à un modèle économique complexe. Pour Tristan, il s’agit avant tout de belles rencontres sur le terrain, des amitiés nouées qui perdurent encore aujourd’hui, des écosystèmes sauvés. Si l’enthousiasme est fort dès le départ, si tout un chacun reconnaît l’urgence et le besoin d’un tel système économique équitable, les débuts sont très difficiles. Il faudra en effet cinq longues années, portées à bout de bras par Tristan pour que la marque prenne enfin son essor, avant qu’elle connaisse la diffusion nationale et internationale nécessaire à sa rentabilité. Une belle réussite mais qui fût à deux doigts d’être un échec. C’est la haute conviction et la ténacité de Tristan qui seules ont permis de transformer l’essai. Une expérience enrichissante humainement mais éprouvante financièrement.

 

Après avoir redressé l’entreprise, Tristan souhaite voler vers de nouveaux horizons et dans la continuité des projets d’agroécologie initiés avec AlterEco, notamment au Pérou, il développe Pure Projet, une formidable initiative locale, régionale et désormais internationale qui a pour mission de soutenir et d’organiser des projets d’agro-forestation, sous l’égide de compensations carbone de ses partenaires, qui souhaitent agir pour l’environnement. Tristan a mis en place ainsi de nombreuses équipes de compétences internationales implantées aux quatre coins du monde pour former des agriculteurs locaux à la plantation d’arbres et aux multiples bienfaits de ceux-ci sur les écosystèmes. Certes, une petite goutte d’eau comme avertit Tristan, comparé à tout ce qui est déforesté sur la planète chaque jour, mais tous ces efforts collectifs ont des succès inattendus et retentissants. Ainsi, plus de 2,4 millions d’hectares viennent d’être protégés au Pérou sous statut de l’Unesco, dans la vallée où Tristan a posé la première pierre du tout premier partenariat AlterEco. Sur tous les sites PureProjet, les équipes de Tristan forment les agriculteurs au sylvo-pastoralisme, aux vertus des associations d’essences végétales et arborifères où à la germination des essences natives locales. S’appuyant sur les savoir-faire locaux, ils participent à la restauration forestière, à la conservation et à la transmission des savoirs.

 

Tristan est un homme d’action, adepte de cet adage qui le motive à ne jamais baisser les bras: il vaut mieux allumer une bougie que de maudire les ténèbres. Tristan construira des ponts entre des univers présentés comme antagonistes et souhaite réconcilier les hommes et les entreprises avec la nature. Tristan est un homme engagé qui met en action ses paroles, c’est si rare. Pour lui, «être environnementaliste, ce n’est pas défendre la nature, c’est être la nature qui se défend». On aime l’action de Tristan, cet intrépide militant de la planète qui n’hésita pas en 1994, alors qu’il est étudiant à HEC, à fonder l’association Solidarités France-Népal qui envoie encore aujourd’hui 30 à 50 étudiants français chaque année dans ce pays (une école y a même été créée). Tristan, un penseur dans l’action qui transforme notre vision de notre impact sur l’environnement, porteur d’une action dynamique et courageuse qu’il nous faut saluer ici. Suivez toutes les actions de Pur Projet sur leur site riche en informations et tutoriels: www.purprojet.com – Janvier 2017

Les femmes à suivre en 2017

Des talents féminins français remarquables – Nous avons plaisir à rencontrer et à découvrir la richesse des talents français, à se rendre compte que la France porte en elle de belles énergies créatives, en particulier féminines. Au cours de ces derniers mois, nous avons fait la connaissance de femmes françaises qui ont retenu toute notre attention. Elles nous ont raconté leurs passions, leurs projets, leurs épreuves. Nous en retenons un beau message d’exemples à suivre, de vies bien remplies qui construises pour les autres, découvrant de nouveaux horizons d’émerveillement. De beaux moments de partage et de découvertes.

Pour les deux premiers entretiens, nous avons eu plaisir à tenir ses entretiens chez notre partenaire de presse le Hilton Paris Opéra, une institution d’hôtellerie d’excellence qui nous a très aimablement ouvert son Grand Salon majestueux pour nous permettre de prendre le temps de ces rencontres, agrémentées d’un service grand luxe attentionné, près de leur coin cheminée, où nous furent rassasiés de fines gourmandises et de boissons chaudes délicates. Nos remerciements s’adressent particulièrement à Sofia Vandaele, directrice de ce grand hôtel parisien, pour son formidable enthousiasme, héritier des grandes traditions d’accueil des terres canadiennes. 

Sarah Ebstein, une créatrice française aux idées novatrices – Nous aimons parler en ces lignes des savoir-faire français et nous avons pour habitude d’écrire sur de très anciennes maisons qui font la fierté du rayonnement de la France à l’étranger. Nous n’imaginions pas trouver, en la personne de Sarah Ebstein, la réunion audacieuse des savoirs, de la beauté et de l’élégance. Nous pensions que Sarah, mannequin dynamique et hyperactive, dotée d’une sensibilité et d’une sagesse à toute épreuve, n’exerçait que dans cette simple fonction, dans différents lieux de la planète à l’occasion des fameuses Fashion Weeks. Il est vrai que son mètre quatre-vingt, son sourire éclatant et sa douce allure de Walkyrie lui donne une belle assurance spontanée seyante à ce milieu.  On aime la grâce de Sarah, sa délicatesse, son authenticité. Une femme vraie, porteuse d’une éducation issue des terres de Lorraine, certainement d’où elle tire son attrait passionné pour l’artisanat d’art, pour cette enluminure quotidienne des plus belles pièces de tissus français. Notre rencontre avec Sarah nous révèle toute la profondeur de son vrai talent: une brodeuse et créatrice hors pair, une passionnée qui s’exerce sans relâche à la réalisation de sa première collection "Il était une fois" sous la marque Bès, acronyme construit autour de son nom de famille mais qui est aussi évocatrice de la divinité de la danse. Sarah nous montre ses réalisations personnelles,faites de matières nobles, travaillées à la main, confectionnées entièrement sous sa gouverne. On imagine la belle allant d’ateliers en ateliers, renouvelant ses essais, jusqu’à la perfection. Le résultat est là: inspirées de son univers personnel de danseuse classique (elle commence la danse à trois ans), elle dessine cette première collection en présentant cet accessoire-vêtement, la sur-Jupe aux coupes travaillées et féminines, permettant de transformer et personnaliser en un instant les tenues les plus ordinaires en une tenue chic et féminine avec un coté  tendance. La sur-Jupe de Bès est peu encombrante, amovible, à porter autour de la taille sur un vêtement et pour certains des modèles sur les épaules en guise de cape, afin de transformer les tenues au grès des envies. Pour Sarah, chaque détail compte, elle nous propose une confection cent pour cent parisienne, avec des matières exclusivement françaises: dentelle de Calais plissée à l’étuvée, le cuir découpé laser façon dentelle, mousseline de soie, broderie perlée de Lunéville. Car la créatrice est avant tout l’une des plus jeune brodeuses de France, elle est l’une des rares diplômées d’une célèbre école de broderie française à Lunéville, l’une des dernières institutions de broderie en France. Confortée de cette expérience réussie de petite main, Sarah suivra un Bachelor of Fashion Design à Nancy dont une partie poursuivie à New-York City chez deux créatrices de renoms telles qu’Anna Sui et Milly by Michelle Smith. Spontanée et courageuse, Sarah fera même ses essais auprès du très célèbre chapelier anglais Piers Atkinson à Londres, fournisseur de la Cour d’Angleterre et de célébrités. Sarah, jeune prodige de la création française, est certainement le talent de style à suivre en cette année 2017, nous avons plaisir à voir autant d’enthousiasme et d’envergure dans sa collection innovante de sur-Jupe, Sarah est à elle seule comme un petit Hermès en éclosion. Coté scène, vous retrouverez Sarah dans la publicité dansée de Lancôme en janvier 2017 et dans le film Valerian du réalisateur Luc Besson aux cotés de la célèbre mannequin Cara Delevigne à l’été 2017. Retrouvez l’actualité et les nouvelles créations de Sarah sur son site: www.besparis.com

 


Margaux Tourrasse, une coach de vie rayonnante – Le soleil de Marseille nous a apporté la chaleur d’une personnalité lumineuse, l’assurance d’une femme au caractère doux et bien trempé à la fois, la personnalisation de l’amour pour autrui en une seule personne. Nous sommes ravis de rencontrer la jolie Margaux après quelques mois d’attente du fait d’agendas parisiano-marseillais peu compatibles. Le sourire de la belle du sud fait disparaître tout nuage gris sur Paris, son regard brillant révèle une personnalité forte, certainement issue de ses origines corses bien ancrées. Margaux est une fille du soleil et de la nature, fille choyée d’un père médecin qui lui-même s’est tourné très tôt vers les médecines naturelles, il fût un précurseur en France des médecines dites alternatives, qui sont en réalité essentielles. Margaux s’est un temps cherchée, partagée entre mannequinat, les cours Florent à Paris ou le monde de la nuit entre Cannes et Marseille. Pour autant, elle n’a pas perdu son âme d’enfant émerveillée, ses valeurs attachées à la terre et au vrai, ses émotions propres qui la portent à aider l’autre, à être l’oreille attentive et amicale, à venir en aide à son prochain. C’est ainsi qu’instinctivement, elle s’oriente vers le soin et l’écoute, comprendre l’autre et l’humain, elle se forme à de multiples techniques qui aident à se sentir mieux, à se découvrir et à s’épanouir. Car derrière le feu ardent matérialisé par ses tatouages, dont ce tigre au regard étincelant comme le sien, qui vous perce, vous sent en quelques instants, on découvre la douce Margaux, celle qui aide, qui écoute, qui comprend et qui apporte des solutions. Elle aidera l’humain mais aussi les animaux dont elle est entourée dès son plus jeune âge. Fan passionnée d’équitation, les chevaux seront toute sa vie. Telle une jolie apache, elle parle aux animaux, vit avec eux, comme en symbiose naturelle évidente. Son magnifique et imposant Saint-Bernard dénommé Jules qui l’accompagne souvent tranche avec le corps mince de Margaux. On aime les jolis paradoxes de cette femme libre et forte. Margaux est avant tout une coach de vie brillante, exerçant avec talent à Marseille, elle nous a impressionné par sa grande maîtrise professionnelle, son approche personnelle attentionnée. Elle pratique ainsi diverses techniques comme la PNL, l’EMDR, l’hypnose, la kinésiologie, le neurotraining, toutes ces pratiques d’avant-garde qui aujourd’hui ont entre ses mains des résultats probants. En témoigne nombre de ses patients et patientes qui ont soudainement été libérés de maux divers et inexpliqués. Margaux est presque une magicienne des êtres, des corps et des esprits, elle travaille avec méthode et expertise, là où les connaissances de son père s’arrêtent. Loin de tout ésotérisme, elle utilise des méthodes éprouvées, scientifiques aussi, avec un zeste de touche personnelle, un sens vibrant de l’humanité émue et touchée, celle qui perce les coeurs et les esprits telle une chamane surdouée. Elle a ce don inné de déceler en l’autre la cause du mal, peut-être parce qu’elle incarne la meilleure idée du bien. On aime la découvrir, avec sa force, sa douceur, elle qui dans sa vie a su surmonter des épreuves et parfois des échecs. Margaux est une femme touchante et attachante, elle a cette séduction née de sa force intérieure apaisée, une belle personne qui nous communique cette chaleur réconfortante du Sud. Une thérapeute engagée, respectueuse de la nature, des autres et de tous les être de cette Terre, que nous avons eu grand plaisir à rencontrer. Retrouvez ses compétences de coaching personnel douée sur son site lancé ce mois-ci: www.makeyourlifeunique.com 

 

Angèle Ferreux-Maeght, la jolie fée qui prend soin de nos assiettes – Après quelques mois d’attente du fait de plannings surchargés, nous avons la joie de convenir d’un rendez-vous d’interview avec la dynamique Angèle Ferreux-Maeght (prononcez Mag), la jeune cheffe du bio et du naturel dont tout le monde parle. En plein coeur du marché maraîcher animé de la rue Daguerre à Paris 14ème, la rayonnante Angèle nous accueille dans son atelier sur arrière-cour, une grande maison chaleureuse et un peu bohème qui fait aussi office de cuisines et de lieu de vie, cernant un agréable jardin agrémenté de fraîche verdure, de fleurs comestibles et de plantes choisies. Angèle nous reçoit en toute simplicité, avec sa franchise spontanée qui forme son caractère et son large sourire spontané qui illumine tout autour d’elle. Elle nous présente son équipe en pleine action de préparation culinaire, composée de jeunes femmes passionnées (à son image) qui constituent comme une seconde famille pour Angèle. Car depuis 2013, La Guinguette d’Angèle est une ruche foisonnante de créativité culinaire et de bonne humeur, devenue une logistique bien huilée qui met en mouvement, chaque jour ou presque, treize jeunes talents autour de l’énergique Angèle, la gentille jeune femme prodige du bio et du bon.

Il est très plaisant de rencontrer Angèle, c’est comme recevoir un bain de fraîcheur spontanée et vivifiante, Angèle nous apporte le soleil des Seychelles dont elle revient juste, elle y forme les chefs d’un grand hôtel seychellois. Très tôt, Angèle a vécu à l’international, voulant se dépayser d’une volonté des Maeght la destinant à reprendre l’entreprise familiale - on n’est pas l'arrière-petite-fille du grand marchand d’art français d’Aimé Maeght sans conséquences … - une destinée non partagée par ses besoins vitaux profonds et c’est toute seule qu’elle voudra faire et fera ses preuves. Fille de l’Ecole Alsacienne, elle décide de vivre à l’âge de son bac l’aventure américaine, au Lycée International de San Francisco. C’est là que cette grande amoureuse de la nature découvre le bio-chic, cet engouement naissant et branché de certains américains pour le naturel, le manger local et l’authentique. Une révélation, presque un coup de foudre pour ce plaisant concept, certainement une réminiscence de ses toutes jeunes années où elle a vécu avec ses parents, un peu artistes et bohèmes à la fois, sur une ferme au sud de Grasse, sans eau ni électricité.

 

La jeune femme commence à trouver sa voie, rejoint son frère aîné en Australie, puis s’engage sur les traces de son père au Brésil, lequel a été réalisateur d’une émission culinaire dans ce pays. C’est là qu’Angèle confirme son talent, devenant la jeune cheffe à domicile française que tout le monde convie à sa table. Il est vrai que la fraîcheur, la belle énergie d’Angèle rayonnent autour d’elle, telle une jolie égérie du bio qui a su donner un côté résolument glamour à la cuisine saine et naturelle, on est tous conquis. Devant revenir en France, c’est auprès de sa grand-mère qui est aussi son soutien quotidien qu’elle s’applique à peaufiner ses recettes, Angèle est une grande bosseuse. Ayant toujours souhaité faire médecine (elle aime aider les autres, et aujourd’hui par sa cuisine, elle contribue à notre bonne santé), elle se tourne vers la naturopathie, qu’elle appelle notre médecine traditionnelle à nous. Dès 2006, elle anime avec la naturopathe Céleste Candido des stages de jeûnes et de randonnées à travers le monde et de fil en aiguille, devient chef à domicile pour de grandes tables ou des événements remarqués, toujours dans l’excellence du frais, du naturel, du beau et du bon. On aime son esthétisme raffiné, ses jolies décorations, ses photos culinaires réjouissantes qu’elle réalise chaque jour dans sa cuisine colorée aux airs provençaux qu’elle a aménagée dans sa douce ruche de la rue Daguerre. Tout ce que touche Angèle en cuisine devient beau et bon, c’est un vrai délice. Nous dégustons un jus vert frais pressé detox et un petit yaourt végétal à la quinoa, des sensations gustatives inédites pour nous.

 

Angèle a plaisir à nous faire partager sa passion créatrice pour des bons petits plats frais et innovants, transmettre est aussi l’une de ses raisons de vivre, elle qui s’était destinée à devenir prof d’anglais au tout début. Elle nous livre ses recettes astucieuses, bio-rigolotes, dans son premier ouvrage de référence Délicieusement Green paru aux Editions Marabout et publiera cette année 2017 un nouvel opus regroupant 200 recettes végétaliennes d’Angèle chez le même éditeur. Vous retrouverez Angèle dans une émission culinaire qu’elle part tourner en février en Equateur, une terre vierge de la nature. Angèle fourmille de projets et continue aussi à apprendre et à se former, elle suivra ainsi les cours de l’Ecole du Louvre cette année. Quelques moments à ses côtés nous font prendre conscience de la nécessité à manger sain, à redécouvrir la nature et ses savoirs, Angèle nous révèle ses petits secrets sur la lacto-fermentation, le manger crû, les associations naturelles inédites et tous ces savoirs forment notre patrimoine culinaire commun qu’il faut savoir préserver. Admirative de tous les producteurs locaux de plantes et légumes qu’elle côtoie chaque jour, elle en salue la noblesse, une essentialité pour tous. Militante convaincue des besoins d’une agriculture saine, elle sera de bon conseil pour choisir ses graines, utiliser la nature, se fournir aux bonnes adresses. Angèle, une mine d’or culinaire à elle toute seule, un puits de savoirs bénéfiques pour tous qu’on aime écouter et suivre.

 

Angèle nous délivre un message de grande urgence: nous devons nous réapproprier le vivant et la nature, réapprendre à manger naturel au quotidien. Elle nous démontre que cela n’est pas si difficile, les bonnes habitudes se prennent vite et deviennent comme des réflexes. Nous avons à coeur de parler de la cuisine d’Angèle car c’est une cuisine du futur, débarrassée de la souffrance animale, valorisant chaque plante ou légume, utilisant en pleine conscience de son environnement les aliments avec soin et attention. C’est le côté féminin de la cuisine d’Angèle qui donne une valeur au plaisir gustatif de senteurs uniques et charmantes, des goûts innovants et inédits. Cette cuisine révèle que l’on peut en cuisinant transmettre aux autres de l’amour et des bienfaits, faire de son alimentation le soutien de sa santé, la clef d’une harmonie et d’une santé corporelle renouvelée chaque jour.

 

Angèle est un exemple à suivre. Femme entrepreneure, elle concilie équilibre de vies, une vie professionnelle basée sur le respect des autres et la convivialité, elle valorise les terroirs français et locaux, en respectant l’environnement. Vous retrouverez Angèle et son équipe à la Guinguette d’Angèle au 34, rue Coquillère à Paris 1er et bientôt à d’autres adresses parisiennes. Angèle nous a séduit par sa franchise, son enthousiasme inaltérable et sa joie de vivre qu’elle exprime dans une cuisine vivante. Nous avons eu grand plaisir à la rencontrer, elle qui sera certainement une très grande cheffe de demain, représentant aux yeux du monde entier les couleurs tricolores d’une alimentation naturelle redécouverte et accessible à tous, félicitations! - www.laguinguettedangele.com - Janvier 2017

JEAN-MICHEL FARETRA,
COIFFEUR PRODIGE

Un talent français attachant de la coiffure d’exception – La France est riche de talents reconnus et distingués de par le monde dans l’art de la coiffure, la «French Touch», cette touche française si particulière, un je-ne-sais-quoi qui a du style et de l’assurance, ayant su séduire les femmes élégantes du monde entier. En témoignent les grandes enseignes internationales d’origine française qui sont établies dans de nombreux pays. Nous voulions rencontrer un coiffeur français différent, évoluant hors des sentiers battus, ayant construit sa propre identité et qui soit sincèrement passionné par son métier. C’est là que nous est apparue la proposition de faire la rencontre de Jean-Michel Faretra dans non nouveau salon parisien du 8ème arrondissement. Le nom Faretra nous était connu, sans pour autant pouvoir apprécier ou connaître son identité propre. Un samedi de Fashion Week parisienne, nous sommes reçus chaleureusement par le maestro lui-même, dans son nouveau salon-écrin, un loft sur deux niveaux, tout de blanc et noir revêtus. Ses collaborateurs ont adopté le même dress code, tous habillés de noir. Alors que nous nous attendions peut-être à rencontrer un personnage ayant un égo à la mesure de son rayonnement professionnel international, nous découvrons un Jean-Michel Faretra très simple, humble et à l’écoute, tout autant attentionné que didactique. Un vrai plaisir, une rencontre humaine riche. Car Jean-Michel Faretra, avant d’être le coiffeur des stars, est avant tout un enfant du pays de Jean Valjean comme il aime à dire. Ces terres industrielles de l’est de la France, mornes, grises et souvent austères. Fils d’ouvrier d’origine italienne, c’est là-bas qu’il grandit, dans des quartiers issus d’une immigration d’après-guerre fournissant la main d’oeuvre aux grandes fonderies industrielles de l’est. Le métier de coiffeur n’y est guère valorisé, surtout pour un homme. Travailleur, Jean-Michel va finalement décrocher de l’école à la 6ème, il veut devenir sculpteur ou médecin. C’est sa mère photographe qui le présentera à son salon de la petite ville d’Hayange pour entamer un apprentissage. Nous sommes en 1983, Michel a 15 ans. Les exemples de réussites masculines françaises dans la coiffure, tels les Jacques Dessange ou Franck Provost lui font dépasser son complexe d’un «métier pour gonzesses» comme on peut le stigmatiser dans sa banlieue ouvrière. Prenant son courage à deux mains, le jeune avide d’apprendre le métier rejoint le salon de Jean-Louis Desforges à la Bastille, l’une des références parisiennes de l’époque, représentant le créateur anglais Vidaal Sasoon. Le jeune coiffeur y fait ses classes, les débuts ne sont pas faciles dans la grande capitale. Pourtant, l’apprenti déjà doué s’accroche et l’ambition le mène déjà vers d’autres horizons. Ce sera Londres, et bien que ne parlant pas un mot d’anglais, Jean-Michel rejoint le tout nouveau Tony&Guy et son équipe fondatrice, nous sommes en 1991. Il y apprendra une méthodologie et une technique d’avant-garde. Le jeune homme commence à marquer son style, résolument moderne. C’est alors que le lorrain décide de revenir au pays, direction Metz, chez Claude Tarantino, un ancien de chez Dessange, qui lui donne l’énergie et l’envie de s’installer à son compte. Ce sera chose faite à l’âge de 24 ans, dans la ville d’Hayange, où il bâtira une réputation régionale à la tête de trois salons. Une rencontre avec Wella, un style déjà technique et distinctif projettent Jean-Michel sur les premiers podiums de shows internationaux de coiffure, la première fois en Pologne en 1996, il a 26 ans. Wella le remarque et deviendra un partenaire, permettant à Jean-Michel de donner libre cours à ses ambitions artistiques et entrepreneuriales. Le coiffeur prodige fait parler de lui et ouvre son premier grand salon rue des Capucines. Jean-Michel aime expérimenter, tester et suivre des idées novatrices. Il prendra goût aux salons en appartements et ouvrira avenue George V, en rez-de-cour, son salon de référence qui le fera connaître du tout-Paris. Faretra se révèle et devient alors le digne représentant du savoir-faire français à l’international puisqu’il ouvrira un salon à la Mamounia de Marrakech et enseigne chaque année à la plus grande école de coiffure du Japon. C’est à Marrackech que les stars se pressent entre les doigts magiques de Jean-Michel: Tom Cruise, Gwyneth Paltrow, Jenifer Aniston, Juliette Binoche ou encore Hillary Clinton. Malgré ce succès incontestable, Jean-Michel reste fidèle à l’adage tatoué sur son bras: garde les pieds sur Terre et la tête dans les étoiles. Ce qui est plaisant à voir chez Jean-Michel, c’est son caractère profondément humain, son attention aux autres, son sens des réalités tirée de son éducation ouvrière où le mérite, la franchise, le respect de l’autre sont de mise. Jean-Michel fait preuve d’une grande qualité d’écoute et d’intelligence humaine, cela s’en ressent dans son salon: il y règne une belle ambiance, une sérénité apaisante renforcée par ses couleurs noir et blanc intemporelles. Mélanie, notre stagiaire en rédaction, fera l’expérience et aura la joie d’être coiffée par Jean-Michel Faretra. L’opération implique une nouvelle couleur et le souhait de donner plus de volume à ses cheveux. Jean-Michel fait un diagnostic capillaire, aidé de son fidèle co-équipier Julien. Un shampooing américain sera fait pour plus de brillance et la haute coloration Illumina de Wella permettra de donner de la transparence et de la lumière aux cheveux. On voit que Jean-Michel a une compréhension immédiate de la personne qu’il rencontre, il devine ses attentes, il sera de bon conseil pour orienter les choix qui réussiront à l’esthétique poursuivie. La fameuse coupe à sec qui fait la signature de Faretra peut alors commencer. Il lifte presque le cheveu, il excelle dans cet art, c’est un spectacle à part entière de le regarder. Pas étonnant qu’il se produise chaque saison sur de grandes scènes, présentant tel un créateur deux collections de coiffures et couleurs par an. Jean-Michel est un esthète surdoué, une passion innée de cet art est en lui. On sent son plaisir à faire ce métier, cette sincérité et cette proximité qui ne trompent pas. Jean-Michel appliquera le fameux balayage en V, une création de la maison qui consiste à appliquer une couleur en forme de v aux racines, ce qui permet de ne pas marquer en barres les futures repousses, ainsi la couleur garde son effet plus longtemps. C’est ainsi, par des détails pratiques que le salon Faretra se distingue des autres, une maîtrise, une technique inégalés. Le résultat sur la jeune Mélanie est stupéfiant, elle s’en retrouve transformée. La complicité se créé instantanément avec Jean-Michel lui qui aime les jeunes, pour preuve, il a accepté de participer à l’émission Le Grand Frère qui aide des jeunes en difficulté à accomplir leurs rêves professionnels. Jean-Michel est comme cela, il a la main sur le coeur et tout un chacun l’apprécie pour une telle gentillesse non feinte. Une technique, une simplicité et des résultats de haute coiffure qui seront appréciés, surtout effectués à des prix doux. Vient ensuite mon tour et pour apprécier l’expertise barbière de la maison Faretra, c’est le talentueux Julien qui me prendra en charge, avec la même attention et expertise que Jean-Michel. Julien est l’un des pionniers de la maison puisqu’il a fait ses débuts à l’âge de 18 ans, pour ensuite se former à l’étranger aux techniques barbières, ainsi il fût chez Frédéric Fekkai à New-York et chez Provost à Sydney, avant de réintégrer le clan Faretra pour le grand bonheur de tous. Julien est précis et appliqué, se faire coiffer par lui relève de l’expérience artistique de haut niveau. Il utilisera différentes techniques personnelles, ayant pour base celles de Faretra, ainsi que la tondeuse, les ciseaux et même le coupe-chou pour un résultat au-delà de toute attente. Du grand art, félicitations! Nous sommes ressortis du salon Faretra sous le charme d’un travail professionnel et artistique d’exception, ce fût un moment de partage des plus agréables. Faretra Paris, un haut lieu de la coiffure parisienne moderne établi au 8, rue de Berri, 75008 Paris - www.faretra.parisOctobre 2016

BLAISE MAUTIN,
MAITRE-PARFUMEUR

Un parfumeur français d’exception – Rareté. C’est le maître-mot de rencontres exceptionnelles et uniques. Rencontrer Blaise Mautin, créateur de génie, grand parfumeur français, est un moment de douce volupté, où le charme odorant de ses créations nous subjugue pour le grand plaisir de nos sens. Le maestro nous reçoit avec une gentillesse sans pareille et en toute humilité nous ouvre grandes les portes de son laboratoire-showroom installé non loin de l’Arc de Triomphe. Blaise a la main sur le cœur et nous convie spontanément dans son riche univers, nous contant son histoire fabuleuse et nous surprenant à nous faire participer au perfectionnement de l’une de ses dernières créations. Le personnage est attachant. Fils de bonne famille du 16ème, le fils bien né n’est pas très prodige et se voue peu à des études, il arrêtera l’école après la Première. S’en suit un exil en Espagne, en Angleterre et aux Etats-Unis qui feront de lui un trilingue cosmopolite accompli à l’âge de 22 ans. Revenu d’un stage à Christie’s à Londres - s’étant essayé à l’art - , c’est au Nain Bleu qu’il commencera ses classes dans le luxe, un lieu qu’il connaissait bien enfant puisque sa famille en était actionnaire. Blaise est toujours un enfant, il sait s’émerveiller, il est passionnant d’anecdotes et de culture. Il nous raconte comment, dans cette institution du jouet de luxe à la française, il a ce premier projet de parfum-cadeau distinctif pour les clients de cette institution connue du monde entier. Le projet avortera mais une vocation est née. Rencontré en faisant de l’escrime, il se lie au nez et créateur de la maison Maitre Parfumeur et Gantier et se forme à la création de parfums à la renommée Grande Ecole des Parfums de Versailles. Blaise est un travailleur, consciencieux, toujours à l’ouvrage, il se perfectionne. D’une séparation naît le parfumeur Blaise Mautin et Blaise devient le parfumeur français qui monte en signant la création de toute la ligne cosmétique du célèbre Bristol de Paris. Lui dont la famille a fait fortune dans la robinetterie de luxe revient dans son milieu. Bien que l’aventure fût éprouvante à ses débuts, s’ensuit la prestigieuse commande des cosmétiques du Park Hyatt Vendôme, la consécration de la marque Blaise Mautin est dès lors faite. En ces lieux, l’artiste-parfumeur se nourrit d’expériences culinaires et gustatives et expérimente les mélanges d’arômes culinaires, notamment en créant un macaron parfumeur avec le chef pâtissier Jean-François Fouchet. Le prochain rêve de Blaise visera à régaler nos palais: une création de cocktails sur mesure, réglés au gramme près. C’est que l’univers de Blaise Mautin est bien plus large que ses sublimes parfums: il s’essaie avec réussite à la création de jolies toiles personnelles lumineuses, le « sparkling art » mis en valeur par ses bougies parfumées au design si parfait et conçoit et fait produire en France de beaux accessoires de luxe associés au port du parfum: étoles de cachemire et satin, boutons de manchette endiamantées, boutons de chemises à l’or fin, pochettes à parfumer les bagages, le tout en apportant le plus grand soin à la qualité des origines des produits et de leur fabrication. Blaise est un perfectionniste: il utilisera l’un des meilleurs élaborateurs de Grasse pour ses essences et ira rechercher les composés les plus uniques ou rares pour celles et ceux qui font appel à lui pour sa création de parfums sur mesure, un processus intimiste et précis qui prend usuellement six mois. Blaise est heureux de nous convier à découvrir son nouveau showroom qui sera créé dans le 16ème à Paris début 2017, un lieu d’excellence et de convivialité qui associera ses créations à des expériences culinaires et gustatives d’exception. Un lieu à l’image de son créateur: joyeux, élégant, très français. Blaise est un dandy épris de poésie et de rêves ambitieux, il nous fait penser au jeune garçon que nous étions, il nous donne un part de son rêve dans chacune de ses créations. C’est si frais et merveilleux, tout comme sa dizaine de créations personnelles, nous apprécions ce jour-là le Malt si typique et une cologne à base de fleur d’oranger vivifiante. Nous admirons l’orgue à parfums de Blaise qui présente plus trois cent composés triés sur le volet. Blaise nous recommande de conserver tout parfum au frigo tempéré afin d’assurer une meilleure conservation et nous fait découvrir une magnifique création originale toute sertie de diamants et rubis, une commande spéciale ingénieuse. Blaise nous transmet avec passion et enthousiasme son plaisir à créer des parfums et le fait avec gentillesse et simplicité, c’est touchant, lui qui fournit les plus grands palaces et confectionne des lignes d’intérieurs pour des maisons privées. Nous sommes dans l’exclusif ici et Blaise reste un être charmant et accessible, nous avons eu plaisir à découvrir la personnalité sincère de ce grand créateur de la parfumerie française. Blaise est l’exemple vivant de l’audace de la créativité française, une démonstration de poésie olfactive que nous ne pouvons qu’admirer. Un parfumeur français d’exception établi prochainement boulevard Flandrin à Paris 16ème. www.blaisemautin.com - Juillet 2016

YOLSE, MAITRE-CIREUR

Yolsé, le cireur gentleman – Nous aimons présenter en ces lignes des artisans d’exception qui transmettent leur passion aux autres avec joie et humanité. C’est le cas de Yolsé Bandaogo, un cireur parisien attachant. Yolsé est arrivé en France à l’âge de 14 ans depuis son Burkina Faso natal. Son parcours personnel le mènera à des études de comptabilité et à un premier emploi dans ces fonctions austères. Doué d’un grand sens de la mémorisation et d’un relationnel humain fort, il y fait ses classes honnêtement. Cependant, ce n’est pas là que son cœur le mène. Yolsé est un esthète, un passionné de mode masculine, un dandy amical et sincère. Il observe les us et coutumes, il apprend, il se cherche… Yolsé trouvera sa voie petit à petit, dans la maîtrise du cirage qu’il apprend en autodidacte. Il s’essaye avec succès sur ses collègues de bureau, puis vole de ses propres ailes, tout d’abord à Bruxelles, où il peaufine ses techniques personnelles. Nous le rencontrons au salon cosy des Maîtres Barbiers Perruquiers dans le 6ème où il est en résidence des mercredis aux samedis. Yolsé nous accueille avec sa bonhommie et sa gentillesse souriante, comme il le fait pour tous ses clients qui deviennent vite des amis tant sa bonne humeur est communicative. Yolsé s’émerveille devant le beau spécimen de bottines homme mesure que nous lui remettons en dépôt, on sent son authentique connaissance des belles choses. Le tout sera prêt pour le lendemain. Nous demandons à Yolsé de nous dépanner, de nous aider sur ces chaussures qui nous tiennent à cœur, c’est d’ailleurs la signification du verbe « Yolsé », qui signifie « donner un coup de main » en langue Mooré Burkinabée. Yolsé a le sens du détail, des petites attentions qui font la différence. Le service aux autres, c’est ce qu’il aime par-dessus tout, il a été tenté par l’hôtellerie il fût un temps. Yolsé est un personnage à part entière, son style détonne, il aime la sape et cela se voit, il est l’un des hommes les plus élégants de Paris, il aime chiner pour améliorer son style personnel, certainement un goût donné par sa famille. Yolsé n’en demeure pas moins un citoyen du monde, avec des séjours à Londres et surtout à Détroit où il y a une partie de sa fratrie. On aime Yolsé et son service impeccable, son attention aux autres, Yolsé se plie en quatre pour nous, il nous enverra même des photographies des chaussures avant/après. A réception, nos chaussures sont comme remises à neuf, le travail réalisé est l’un des meilleurs constatés à Paris. Yolsé excelle dans le cirage, les patines et surtout le glaçage à effet miroir, c’est sa grande spécialité. Le service donné est efficace et à prix doux, avec en plus son éternel sourire, sa courtoise et son humeur égale. Yolsé cire tout: chaussures hommes et femmes, sacs à main, fauteuils, ceintures, tout ce qui est cuir n’a point de secret pour lui. Nous lui avons confié un sac féminin de marque et il s'en ait occupé avec grand soin, polissant les patines pour lui redonner un aspect grand neuf, une réussite ! Nous n’hésitons pas à recommander Yolsé, un dynamique cireur parisien confirmé, membre du cercle professionnel distinctif Les Cireurs. Saluons l’esprit d’entreprise et d’initiative tels que celui de Yolsé en France. Il participe à la préservation des savoir-faire artisanaux et à leur remise au goût du jour. En y associant un service de cordonnerie intégré dans le futur (une suggestion de notre part), il donne l’exemple d’un développement économique dynamique à taille humaine. Yolsé chez Les Maîtres Barbiers Perruquiers, un cireur chatoyant établi au 7 rue Coëtlogon 75006 Paris www.yolse.com et www.les-maitres-barbiers-perruquiers.fr Juin 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC DORCAS COPPIN

Une actrice pleine d’énergie – La France compte de jeunes talents que nous avons plaisir à rencontrer lors d’entretiens qui permettent d’en révéler la richesse et la créativité. Tel est le cas avec Dorcas Coppin, une jeune et jolie actrice française pleine d’enthousiasme communicatif. Si certains la connaissent à l’écran par ses apparitions remarquées dans la série télévisée policière à succès Section de Recherche ou encore dans la publicité charmeuse d’une célèbre glace, nous avons eu plaisir à découvrir sa riche personnalité dans le cadre apaisant du salon du Lancaster Hôtel à Paris. Dorcas (prononcez « Dorca ») est une comédienne touchante et précoce qui nous a saisi par son intensité, sa présence, son énergie positive qui illumine tous ceux qui l’approchent. Dorcas (qui signifie « gazelle » en grec) est une pétillante jeune femme, une hyperactive née, une touche-à-tout qui s’intéresse à de nombreux domaines de son art. On la retrouve dans des premiers longs métrages d’art et d’essai au petit budget tout autant qu’auprès de grands acteurs comme Samuel LeBihan. Elle qui est aujourd'hui l'égérie des cosmétiques Bourjois connaît le commencement d’une carrière prometteuse. Tout semble réussir à cette jeune ingénue vive et curieuse de la vie. Or, tel ne fût pas le cas à ses débuts. Dorcas vient d’une famille modeste des milieux ouvriers du Nord de la France, la vue y fût dure, tout ne fût pas facile dans la petite ville de Villeneuve-d’Ascq. Elle a reçu une éducation stricte de parents à cheval sur leurs convictions religieuses évangélistes bien arrêtées, l’adolescence de Dorcas au caractère de garçon manqué bien trempé fût sanctionné par un père certes un peu sèvère, bien que tempérés par une mère aimante. D’autant plus que Dorcas était toujours la plus encline à être le pitre de la famille. Une période sur laquelle on sent l’émotion bouleversante en elle lorsqu’elle en reparle. C’est l’année de son Bac L que Dorcas finit par se révéler, s’affirmer, tout en s’opposant à la volonté parentale: elle fera actrice, son rêve de futur le plus absolu. S’en suit une grande période de stress et d’insomnies graves qui lui feront échouer à cet examen et tel son film-choc préféré de l’époque, Fight Club, la jeune rebelle doit se battre, contre les autres, contre elle, contre tous. Ironiquement, son premier rôle dans un long métrage sera dans La Nuit, je m’ennuie, les nuits de cette période de vie furent interminables … Celle qui a le mot « liberté » tatoué en russe au bras gauche sait ce que l’épreuve, l’endurance, la volonté et l’abnégation veulent dire, plus que tout autre. La belle a du sang russe en elle, de par sa grand-mère dont elle fût très proche. Elle en tire un courage, une volonté à toute épreuve. Des débuts très difficiles à Paris, sans argent, sans support, rien, un acte néanmoins vécu comme une libération, une sorte de renaissance. Elle rejoint l’école parisienne Acting International, ayant économisé pour pouvoir se payer seule cette école, elle n'y restera qu'une année. Elle y rencontre le professeur Vincent Marguet qui lui montrera les techniques d’actrice, ce qu’est le jeu de scène et lui donnera confiance dans son jeu. Dorcas enchaîne des petits emplois tels qu’hôtesse ou encore pour Abercrombie & Fitch. Puis, au fil des rencontres, des castings, de essais mais aussi des échecs, Dorcas, une fille au fort caractère et avec un grand cœur, se fait remarquer, s’essaye à des rôles chaque fois présentant plus d’importance. C’est avec son entrée dans la série policière Section de Recherche que Dorcas se révèle aux yeux du grand public et peut enfin prouver à ses parents qu’elle a eu raison de poursuivre sa voie, sa passion, sans renier ni avoir peur de qui elle est. Une fois révélée, les rôles s’enchainent et les opportunités s’accélèrent, sous l’effet de l’action de sa dynamique agente Angy Peltier. La belle sera vue dans Le dernier voyage de l'énigmatique Paul W.R., un court métrage de Romain Quirot et dans Je suis anonyme de Fabrice Coton et Quentin Kwiatkowski. Poursuivant son besoin de perfectionnement, elle suivra les cours de coaching professionnels de l’Actors' Factory de l’américaine émérite Tiffany Stern et est désormais membre de la classe des séniors de cette dynamique ruche de talents. Dorcas, c’est la fougue, l’énergie, la féminité réunie en une seule femme. Dorcas ne laisse personne indifférent quand elle joue, le temps s’arrête, l’émotion parle. On est ravi de la voir jouer et on lui souhaite de pouvoir continuer à nous transmettre de nombreuses émotions pures comme celles-là. A Paris, Dorcas aime marcher et flâner, en particulier dans les quartiers de Saint-Germain, du Marais ou au Jardin des Plantes, seul coin de nature proche de son domicile parisien. Dorcas reste une solitaire, elle a besoin de ses moments à elle, qu’elle remplit par d’avides lectures, elle a presque une obsession de tout lire jusqu’au bout. L’actrice se définit comme un « instrument » au service d’une œuvre. Elle nourrit sa passion d'actrice au quotidien par la communication et l'échange avec son compagnon à la ville Roberto Calvet, jeune acteur formé au Cours Florent et à l'Actors' Factory. Dorcas a un style de vie naturel ; végétarienne, elle s’adonne chaque jour à la méditation, certainement pour calmer une certaine anxiété ou colère en elle. Dorcas, à la ville en sac Goyard, reste une fille simple. Dorcas a cette fraîcheur inégalée, ce grand sourire et ses yeux vifs qui la rendent attachante. Douce, elle apprécie les chats, elle en a deux, de race norvégienne et nourrit un grand rêve: vivre à la campagne entourée d’animaux. Encourageons de tels talents français, issus d’une richesse multiculturelle, à créer et à nous transmettre de belles émotions positives. Nous avons eu plaisir à rencontrer Dorcas dans le beau salon-bar de l’Hôtel Lancaster, l’un des rares 5 Etoiles parisiens intimistes à taille humaine, où le service du chef de bar Eimo fût attentionné et délicat. Un lieu d’exception de l’excellence hôtelière française, l’un des fleurons gastronomiques et d’hospitalité de la Capitale. www.hotel-lancaster.com   Photo: Gabrielle Malewski -  Avril 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC ADELINE JOUAN

Une mannequin pas comme les autres – S’il est de nombreux mannequins français en vogue, la critique est souvent facile, sur le manque de profondeur intellectuelle de ces jeunes femmes. Avec Adeline Jouan, apparaît la belle exception à ce lieu commun réducteur. Adeline, avant d’être cette mannequin fraiche et jolie de l’agence parisienne Oui Management est une belle jeune femme originaire de Normandie, ayant les pieds sur terre et qui a pour ambition d’être océanographe - elle est un commandant Cousteau moderne au féminin, une exploratrice-née. Tel fût son rêve lorsque toute petite, la nature et les animaux (toute petite, elle avait un grand faible pour les dauphins) ont rempli son imaginaire de vertes contrées et d’océans immenses. Adeline est originaire de la ville de Dieppe, une ville côtière normande et a en elle tout ce que la Normandie a de plus beau: le regard clair qui évoque la mer iroise, les cheveux blonds au vent qui font penser à des champs fleuris et surtout cette conscience profonde en elle d’être une humaniste pour la nature. Cette conviction sincère l’a conduite à publier ce mois son premier blogue personnel intitulé Mes Idées Naturelles dans lequel Adeline nous fait partager sa passion pour un monde meilleur, tourné vers la nature, l’authentique, le vrai. Adeline est une militante, une battante, c’est aussi une jeune femme qui entreprend. Après un Bac ES à Dieppe, c’est à Rouen qu’elle obtient une licence de géographie, elle rejoint ensuite Paris pour un Master en géographie et gestion des écosystèmes. Adeline est une tête, volontaire, sachant où elle va. Si Adeline a rejoint le mannequinat sur un pari entre amis cap ou pas cap, elle apprécie ce métier mais elle en garde une vision clairvoyante, bien à elle, et sait que cet univers en vase clos n’est qu’un passage temporaire pour elle. Elle souhaite se consacrer à ce qui la passionne, la défense de l’environnement au sens large et son journal en ligne est une façon pour elle de montrer que c’est dans ces valeurs éthiques et environnementales qu’elle souhaite s’épanouir, elle les revendique aussi. Adeline est un tant soit peu critique à juste titre envers le milieu du mannequinat, il est vrai que certaines tendances à l’amaigrissement extrême des corps féminins en sont une volonté de négation dans un sens. Ce «milieu» est dur, exigeant, matérialiste. Peu de choses communes avec ce qu’est vraiment Adeline, qui nous apparaît comme un rayon de soleil et de gentillesse au milieu d’une horde professionnelle peu scrupuleuse adepte du «toujours plus», là ou Adeline dit : « et si on faisait moins ? ». Adeline a cette fraîcheur, ce sourire qui rayonne de bon sens et d’empathie pour l’autre, pour la nature et ses créations restant à découvrir. Adeline s’exprime aussi par son talent de peinture et de dessin, l’une de ses grandes passions, pratiquée intensivement pendant dix ans, sous l’attention aimante de son père et de sa mère tous deux dessinateurs amateurs. Adeline s’est essayée aux loisirs créatifs avec la personnalisation de bijoux, c’est une touche-à-tout au grand cœur qui partage sa vie bien remplie entre le tumulte de Paris et la douce tranquilité de Rouen. A Rouen, vous trouverez la belle gourmande chez Dame Cakes, une maison à thé traditionnelle, Rouen est aussi une ville où son frère est boulanger, sa sœur est fleuriste en Bretagne. Adeline est et reste une fille simple comme on aime, elle apprécie les grands espaces, la mer et ce qui est vrai et bon, une fille nature. Tout cela transparait dans son journal de style de vie au naturel qu’elle vient de publier. Elle s’accordera un petit luxe gourmand parfois: se rendre au restaurant gastronomique Le Colombier à Offranville qui vient d’obtenir une étoile Michelin cette année. Nous aimons cette simple ambition souriante d’Adeline, Adeline nous la transmet avec douceur et vivacité, c’est si rare et plaisant à voir. Adeline est une gentille hyperactive qui a un goût de la perfection. Elle veut montrer que chaque petit geste compte, proposer des solutions et être en tout point positive. Adeline veut se rendre utile et si elle peut contribuer à sensibiliser les lecteurs à une plus grande conscience naturelle, à éviter les chemins tous tracés du consumérisme moderne, alors elle ressentira la satisfaction d’une entreprise bien faite. Il faut encourager de tels jeunes talents français qui contribuent leur bonne énergie à renforcer notre conscience collective vers un monde plus naturel, bravo à Adeline pour transmettre autant de pensée et d’action positives ! Nous avons apprécié la très aimable attention du service du Hilton Paris Opéra qui fût le lieu de ce charmant entretien avec Adeline. Nous fument reçus avec la joyeuse bienveillance qui caractérise cet établissement dans le magnifique Grand Salon totalement restauré de ce grand hôtel parisien renaissant. Adeline y a aimé en particulier les effets programmés de lumière qui reproduisent la course du soleil de la journée dans ces lieux majestueux. www.mesideesnaturelles.fr Photographie: Pauline Darley - Avril 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC CAMILLE VOITELLIER

Une artiste vivante – – La France est riche de talents artistiques ayant construit une réputation internationale des arts français et de ses écoles d’arts vivants. Camille Voitellier, artiste-comédienne formée au trapèze et au chant est de cette essence d’excellence française. Elle a cette originalité rare, d’allier son jeu scénique, ses personnages théâtraux à ses capacités vocales et à ses dons acrobatiques issus de sa solide formation de trapéziste. Déjà toute jeune, Camille est sur les planches dès la maternelle. Celle qui aime tant se déguiser en gardera le goût pour les belles pièces baroques costumées comme Le Médecin Malgré Lui de Jean-Denis Monory dont elle apprécie particulièrement le travail. Poursuivant sa passion vive pour la scène, cette auvergnate de cœur et de famille poursuivra un Bac option Théâtre à Avignon, avant de rejoindre l’école Claude Mathieu à Paris, une école éthique du vrai théâtre. Camille, c’est l’énergie pure, la joie de vivre et de jouer, elle transmet tout cela sur scène avec une simplicité, une évidence, elle occupe la scène toute entière. Camille est l’une de ces femmes-artistes volontaires, déterminée, qui aime avant tout partager avec les autres, faire surgir l’Humain, tout en aimant se retirer dans la nature et y faire son introspection, quitte à marcher vingt-cinq jours de suite (!). Camille a le courage de son ambition: elle participe à certains spectacles la compagnie Ktha* qui joue avec adresse sur de nouveaux codes, de nouvelles voies d’exploration pour le théâtre de rue. Telles ces pièces de théâtres jouées à ciel ouvert dans des lieux atypiques ou cette première pièce intitulée Je suis une personne où elle dictait son texte en grimpant dans des containers. Camille voltige, joue avec les rimes, elle est comme une fée. Une fée perchée, elle aime prendre de la hauteur. Au sens propre aussi car l’une de ses dernières créations est Mon Hobre - contraction d’homme et d’arbre- la pièce toute entière se joue sur, dans, autour d’un arbre. Camille est multiple, c’est une artiste touche à tout. Camille joue et se joue du monde. Elle a suivi une formation poussée avec la trapéziste émérite Zoé Maistre et la complète avec une formation de clown avec Eric Blouet. Camille a cette distinction d’allier les deux arts: le théâtre et le cirque, elle prend le meilleur de ces mondes. Camille aime voyager et la parisienne qu’elle est a souvent plaisir à quitter la capitale. On la retrouvera en résidences d’artistes en province et elle y donne toute son énergie pour un public qu’elle affectionne: le jeune public, un public qui allie innocence, plaisir et surtout, qui permet de donner du sens vrai au métier d’artisan-comédien, en particulier avec la compagnie Pour Ainsi Dire. Camille aime s’ouvrir sur les autres, les espaces, elle imagine volontiers ses spectacles en plein air. Les arbres sont son terrain de jeu scénique préféré, elle nous transmet sa passion pour l’Homme et la nature comme liés pour en tirer la beauté du geste, de l’harmonie naturelle. Camille est une touche-à-tout vertueuse qui révèle son cœur sur scène. Nous l’avons particulièrement appréciée dans cette merveilleuse pièce qu’est Album de Famille, une pièce chantée enjouée de la Compagnie du Sans-Soucis. Camille, dans sa volonté d’être un artiste complète, a passé son enfance dans des chorales lyriques, elle a de surcroît une jolie voix de chanteuse. Camille a cette volonté de rendre le théâtre accessible à tous, de le faire sortir du cadre des scènes pour le transporter dans la rue, dans la nature, même dans un arbre. Elle exprime par son corps, sa voix, son interaction directe avec son public - les gens -, la force et l’envie de donner des émotions vraies, elle y réussit avec brio. Encourageons les arts circassiens et théâtraux à se mélanger, à interagir, le résultat y est toujours spectaculaire. Nous pensons que le nouveau théâtre doit mêler de multiples disciplines. Camille en est le courageux et talentueux exemple.  Avril 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC JULIA ROY

Une actrice et scénariste prometteuse – Il est en France de jeunes talents internationaux qui connaissent une ascension rapide et méritée. Tel est le cas de la jeune et jolie actrice et auteur de scénarios de films Julia Roy. Julia a tiré le meilleur des deux cultures qui l’empreignent depuis sa tendre enfance: l’attrait pour la créativité des arts vivants de la culture française paternelle et le sens d’une certaine rigueur dans son travail venant de sa culture autrichienne maternelle. Très tôt dans sa vie, Julia s’exerce au piano, à la danse, à l’écriture et au théâtre, surtout au théâtre où elle jouera en allemand ses premières pièces de Shakespeare, en particulier le rôle romantique de Juliette. Julia, l’ainée de la famille, est depuis très jeune une hyperactive touche-à-tout, elle a la passion pour la scène en elle et pendant son adolescence à Vienne, elle n’aura qu’une envie: s’installer à Paris pour exercer dans le théâtre et le cinéma. Un double bac-matura franco-autrichien obtenu au Lycée International de Vienne, elle exécute son projet et rejoint le Cours Florent, dans la classe spécialisée sur le jeu en anglais, en sus d’études littéraires suivies à Paris. Elle s’y ennuie vite, elle qui joue depuis l’âge de 8 ans et qui a eu un agent au théâtre dès l’âge de 15 ans. Travailleuse et motivée, elle rejoint le Conservatoire du 7ème arrondissement et sa rencontre avec le professeur émérite Daniel Berlioux la conforte dans sa passion pour le théâtre qu’elle avait décidée dès l’âge de cinq ans (!). Douée pour les langues, Julia joue en français, en allemand et en anglais parfaitement. Peu avant cet entretien, elle revenait de la Royal Central School of Speech and Drama de Londres où elle a perfectionné son jeu en langue anglaise. Julia est un jeune prodige à la vocation précoce, elle pratique un jeu d’actrice à la fois naturel et instinctif, la profession l’a reconnue, elle est l’une des plus jeunes actrices que représente la très réputée agence d’artistes-interprètes ArtMédia à Paris. Julia appartient aux femmes contemplatives, sa réflexion précède son action, sauf quand elle joue, elle se laisse alors porter par ses sentiments et ses émotions. Julia aime son métier et tous ses aspects, en particulier le cinéma, sa vie est son métier et inversement, elle pense, imagine, parle cinéma. La rencontrant dans le beau salon paisible du Lancaster Hôtel, nous eûmes plaisir à l’écouter nous parler de cinéma (Michael Haneke pour l’Autriche), de ses films français préférés (ceux de Maurice Pialat, Truffaut, Renoir, Godard), de sa rencontre avec l’acteur français Mathieu Amalric, de ses projets futurs. Sa jeune ambition fait plaisir à voir. Sans se limiter à ses rôles d’actrices, elle est aussi un auteur de scénarios de longs métrages, elle vient d’écrire le dernier long métrage de Benoit Jacquot intitulé A Jamais, adapté du fameux roman de Don De Lillo, dans lequel elle joue le rôle féminin principal donnant la réplique à Mathieu Amalric avec qui elle a déjà joué dans Arrête ou Je continue de Sophie Fillières. En autodidacte brillante, elle a réussi l’exploit de l’écrire en un seul mois, là ou d’autres y passent une moitié d’année au minimum. Le cinéma est sa passion profonde et elle a fait le choix d’orienter sa carrière vers le 7ème art. On l’a vue au Théâtre du Nord-Ouest dans La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux en 2012 mais elle avoue avoir délaissé quelque peu le théâtre pour se consacrer au cinéma. Julia est la fois timide et enjouée, réservé par certains moments, c’est l’effet de sa double culture certainement. A Vienne où elle retourne régulièrement, vous la trouverez éprise d’une bonne lecture dans le grand Café Landtmann resté dans un style viennois authentique. A Paris, peut-être au japonais Takara rue Molière ou au bistrot Bofinger à Bastille. Amatrice de belles peintures, elle aime flâner au Musée d’Orsay, admirant un Monet ou un Courbet. Si Julia est calme et déterminée, disciplinée et exigeante avec elle-même, elle sait être indépendante et aventurière. Ses échappées voyageuses sont faites de Birmanie, de Japon, des pays Mayas ou encore la Nouvelle-Zélande. Julia est une esthète de la contemplation des autres, des cultures, de l’Homme, de soi. Julia est une rêveuse-née. Elle rêvait en classe et certains films la font voyager, citons Carol de Todd Haynes avec Kate Blanchett, Le Fleuve Sauvage d’Elia Kazan ou encore les oeuvres de George Cukor. Au théâtre, Julia s’est émue de belles pièces telles qu’Ivanov par le metteur en scène renommé Luc Bondy ou celles montées par Benjamin Porrée. Nous sentons l’impatiente jeunesse de Julia à découvrir et à être curieuse de son monde, vous aurez plaisir à la voir sur les écrans cette année dans le film A Jamais de Benoit Jacquot dont elle signe également le scénario. Il faut encourager l’éclosion de jeunes talents français comme Julia afin de rendre les arts vivants florissants permettant à tous de vivre de belles émotions. Nous furent ravis de la découvrir et de partager avec elle sur le monde du cinéma dans le cadre calme, distinctif et élégant du grand salon-bar du Lancaster Hôtel, un "baby-palace" intimiste parisien que nous affectionnons particulièrement, nous y furent accueillis avec grâce et attention, une adresse hospitalité française d’excellence en plein cœur du 8ème arrondissement. Photographie: Juliette Abitbol - Mars 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC LAURENT TESLA

EntretienLaurent Tesla étonne, surprend, subjugue. Enfant, il est déjà un jeune prodige, un « premier de la classe » un peu timide mais doté d’un don inné par lequel il tente de bluffer ses camarades pour se faire apprécier. Laurent a grandi dans une famille de scientifiques français de la Vallée de Chevreuse et c’est au cours de son adolescence qu’il a commencé à travailler son expertise. Ses idoles de jeunesse sont des mentalistes anglo-saxons reconnus tels que les anglais David Berglas  ou Derren Brown  ou encore le canadien Gary Kurtz  qu’il rencontrera un jour au Théâtre Marigny. Quelques années plus tard, diplôme de l’Ecole de Sup de Co de Paris acquis, il s’oriente vers le monde de l’évènementiel et il développe seul, met au point pendant quatre ans ses numéros pour en faire aujourd’hui un spectacle étonnant, interactif et fluide. Le mentalisme reste encore un domaine méconnu en France mais au contraire très appréciée dans les pays anglo-saxons. S’il n’est pas reconnu comme une science, il est certainement un art, Laurent Tesla en est la preuve vivante. Laurent nous entre-ouvre la porte de mondes parallèles de la pensée, des gentilles manipulations cérébrales, des inductions de mots ou d’actions. Il nous suggère des explications sur sa méthode personnelle dans son spectacle. Celui-ci dépasse l’entendement commun, à moins de reconnaître que lire dans les pensées d’autrui, faire agir une personne à distance ou maîtriser le hasard est bien une capacité réelle donnée à certains. Laurent excelle dans ce domaine, il vous manipule à vos dépends ou en toute conscience éclairée, parfois même à votre corps défendant. L’objectif étant toujours de rire, Laurent le fait toujours avec bonhomie et une éthique sincère. Il nous montre, par ses numéros bien rodés, comment s’y prendre avec l’esprit humain ou comment tout un chacun peut être amené à faire des gestes contre nature (nous pensons au numéro de l’agrafeuse en particulier qui fait froid dans le dos). Au croisement de la magie d’escamotage, de l’hypnose subtile, des suggestions induites, Laurent est un mentaliste d’exception. Il suffit d’assister à son spectacle intimiste et interactif afin de s’en rendre compte, en en sortant, nous mesurons à quel point nous restons ignares de la dynamique propre de l’esprit et de ses manipulations possibles. Laurent, derrière son sourire et sa joie communicative, reste discret sur la nature de son incroyable talent. Laurent est un homme attachant et ses capacités hors du commun ont un effet d’étonnement bien réel. Laurent a dans sa nature l’empathie des autres et cherche au final à communiquer sa fibre passionnelle, transmettre ses astuces dans ses numéros, les apprendre à son public. C’est bien un don de mentalisme authentique que nous découvrons chez lui, qu’il transmettra certainement dans un projet de livre. Avec l’aide de son acolyte Arnaud Demanche (la plume de Canteloup), il créé son spectacle seul-en-scène expérientiel dans lequel il partage son ambition de distraire par l’étonnement et l’humour. Lorsque par exemple, il s’adresse à son public et devine des détails cocasses sur untel ou untel en quelques secondes, le public est stupéfait, d’autant plus qu’il n’a aucun complice dans la salle et le prouve dès l’entrée de spectacle. Un soir par exemple, il a deviné une demande en mariage imminente qui s’est réalisée sur scène. Tesla arrive à savoir tout, à prédire tout, transforme les hasards en certitudes avec une facilité déconcertante. Encore aujourdhui, nous ne savons pas expliquer tout ce que nous avons vu. Laurent est un talent français à suivre, assurément. Un étonnant mentaliste français à découvrir à la Comédie Saint-Michel www.comediesaintmichel.fr dans son spectacle intitulé L’art (délicat) de la manipulation qui connait déjà sa 400ème représentation. www.le-mentaliste.fr Février 2016.

UNE RENCONTRE 
AVEC ASTRID ROOS 

Entretien – Astrid Roos est une jeune comédienne franco-luxembourgeoise talentueuse et passionnée. Nous l’avons découverte dans la pièce Maris et Femmes, adaptée du film éponyme de Woody Allen et jouée actuellement au Théâtre de Paris. Dépassant son rôle comique de Sam, femme sensuelle et grande enfant, Astrid incarne avec authenticité la folie et la fraîcheur de la jeunesse. De tendre et romantique, elle passe en un instant à un caractère fougueux ou rageur. Nous apprécions chez elle son jeu de scène précis et direct. Après un Bac ES à Paris, ville dans laquelle elle a grandi, Astrid se tourne vers des études de psychologie, mais une rencontre fortuite avec un manager américain de passage à Paris sera le déclencheur de sa carrière. Elle fait alors ses premiers pas au théâtre et au cinéma. Le Conservatoire du 16ème arrondissement est sa première terre de formation théâtrale (elle s’essaie également à la mise en scène). Parallèlement, elle est admise sur concours au Studio Muller et obtient une licence d’Etudes théâtrale à la Sorbonne. S’en suivent rapidement des rôles à la télévision et au cinéma tels que la série française Sweet Dream; le long-métrage marocain Tanjaoui de Moumen Smihi, sélectionné au Festival international du film de Marrakech en 2012. En 2015, elle est choisie pour être Talent Cannes Adami, remarquée par le réalisateur Clément Michel. On la verra cette année dans le film 99 Days de Benni Setiawan ou dans la série Section Zéro d'Olivier Marchal (Canal+). Au théâtre, elle fût remarquée dans Antigone de Jean Anouilh, dans Ruy Blas de Victor Hugo au Théâtre du Vésinet, dans American Psycho de Bret Easton Ellis et enfin dans Bobby Fischer vit à Pasadena de Lars Norén dans le rôle saisissant d’Ellen, mis en scène par Philippe Baronnet en 2015. Séduisante par sa sincérité, son caractère volcanique ou fragile, Astrid aime créer la surprise chaque fois qu’elle monte sur scène. A la ville, c’est une jeune femme hyperactive et souriante. Elle aime transmettre sa passion, nous sentons sa motivation et son plaisir dans ses récits animés. Elle possède également un léger coté enfantin ou clownesque (lié à son affection pour Chaplin?) qui lui donne l’opportunité de jouer des rôles pour jeune public; citons son dernier tournage en Laponie, Tom au Pays du Père-Noel. Au théâtre, elle admire les spectacles de la chorégraphe Pina Bausch et apprécie les pièces des metteurs en scène Michel Fau, Joël Pommerat, Peter Brooke ou encore Krzysztof Warlikowski. Son actrice mythique ? Romy Schneider. Que fait Astrid à Paris lorsqu’elle ne joue pas ? Gourmande, elle aime les pâtisseries françaises ou orientales, quelques bonnes tables, étoilées ou asiatiques, et elle tente de faire fondre tout ça en faisant de la gym suédoise. En tant que cinéphile, elle aime les salles d’art et essais, la Filmothèque du Quartier Latin notamment. Parmi ses réalisateurs de prédilection, elle cite James Gray  Xavier Dolan , Joachim Lafosse , ou les célèbres Truffaut, Kubrick ou Hitchcock. Astrid est assurément un jeune talent à suivre, nous avons eu plaisir à la rencontrer. Que ce soit dans des rôles de belle ingénue ou de femme forte, révoltée ou troublée, elle illumine la scène. C’est une actrice sur laquelle le théâtre et le cinéma français pourront compter. Nous avons eu plaisir à la rencontrer, c’est une comédienne sincère, un talent confirmé d’actrice, une jeune femme vivante riche de ressources pour le futur. Un entretien qui s’est tenu le dernier jour de l’année 2015 dans le grand salon-bar calme et chaleureux du Lancaster Paris qui nous a accueilli avec distinction et attention, nous servant des petits pains d’épice en forme de bonhommes de Noël faits maison et préparés avec passion par l’équipe du chef étoilé Julien Roucheteau, officiant avec brio à la Table du Lancaster, une adresse d’hospitalité parisienne d’excellence depuis 1889. Février 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC EVA SENZACQUA 

Eva Senzacqua – Il existe un nombre chaque jour grandissant de jeunes ingénues s’auto-promouvant bloggeuses de mode et des tendances du jour, avec un plus ou moins grand succès. Or la volonté ne suffit pas, il faut une passion authentique, le savoir fin, l’intérêt éduqué et la curiosité éveillée, en plus d’une certaine dose d’émerveillement permanent au réel. C’est ce que nous avons découvert chez Eva, qui, de par son blogue de découvreuse de mode, voyages et gastronomies, nous fait partager avec élégance et attention sa sensibilité, son goût assuré, son style vestimentaire affirmé et unique. Eva doit cela certainement à des origines multiples, à la fois croates et italiennes, matinée d’une éducation française et de surcroit élevée au sein du terroir gastronomique français lyonnais, ce qui la rend nécessairement gourmande (elle est friande des pâtisseries de Cyril Lignac nous confie-t-elle). Femme moderne née dans les années 90 issue d’une famille d’Italie du côté de son père (la région d’Ascoli-Piceno, non loin de Rome), Eva n’en est pas moins une authentique lyonnaise (elle nous recommandera la table doublement étoilée Le Neuvième Art à Lyon 6ème en particulier). Après quelques études à la faculté de droit de Lyon-III puis de langues étrangères, elle a décidé de se consacrer entièrement à son activité de publication en ligne, à raison de trois articles bien écrits par semaine. Eva aime découvrir, écrire, photographier, elle imagine un nouveau style journalistique, avec des contenus aériens, beaux à voir. Elle fait tout elle-même, chaque article publié est une petite œuvre miniature en soi. Motivée par sa passion des belles choses et de l’esthétisme, elle a le don de jeter un regard frais et bien singulier sur son monde, elle le fait avec courage, sa fragile timidité ne facilitant pas les choses. On aime son style écrit direct et franc, elle dit ce qu’elle aime ou pas. Certes, elle préfère montrer à ses lectrices et lecteurs le bon côté des choses, les beaux lieux, les talents locaux et internationaux, elle nous décrit son idéal de vie passionnée en transmettant ses envies et son regard de jeunesse. Avide de rencontres et de désirs d’apprendre, cette jeune française stylée croque la vie à pleines dents et a entrepris pour donner vie à son jeune blogue de voyager à Londres, Istanbul ou même l’Italie, l’une de ses patries d’origine (elle nous recommande d’aller visiter un jour le village toscan de Lucques, non loin de Pise). Elle projette de nous parler de l’Irlande, de Paris ou encore de Strasbourg ces prochains mois et peut être un jour de l’île de Lopud, une merveille de sa patrie croate. Nous aimons la nouveauté qu’apporte Eva, sa maturité et son côté pudique et simple à la fois. Eva est aussi une élégante de son monde, vous la verrez peu en basquets mais plutôt toute en noir accompagnée de la touche colorée d’un sac Saint-Laurent (elle affectionne les créations de cette maison), elle a ce style féminin élaboré au corps, mêlant avec adresse des pièces de luxe et de plus simples éléments, certainement l’influence de la tradition italienne pour une élégance à la fois pratique et recherchée. C’est en toute décontraction que nous la rencontrons lors de son passage à Paris, dans le charmant coin cheminée du Grand Salon de l’hôtel Hilton Paris Opéra, fraîchement rénové par la designer anglaise Fiona Thomson. Eva a particulièrement apprécié cette architecture de verrière créé il y a 127 ans par l’architecte Juste Lisch (à l’époque le Terminus Hôtel), un espace luxueux typique des Reading Room des hôtels anglais de gare de l’époque, classé au patrimoine français et remis au goût du jour avec brio. Nous avons apprécié chez Eva sa finesse, sa volonté, sa maturité qui vient en opposition avec sa jeunesse. Elle est assurément un jeune talent de la blogosphère française qui reçoit ici nos encouragements. Février 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC SARAH DANIEL HAMIZI

La Barbière de Paris – La France compte de nombreux talents et est connue dans le monde entier pour sa gastronomie, ses vins, sa mode et ou encore ses parfums. Avec Sarah Daniel Hamizi, créatrice et fondatrice de La Barbière de Paris, le métier de barbier devient désormais une référence d’excellence française internationale à part entière. Pour preuve, l’ouverture du troisième salon de Sarah se fera en 2017 à … San Francisco ! Sarah est un monument national à elle toute seule. Elle incarne la passion, la tradition de savoir-faire artisanaux délaissés et remis au gout du jour par l’ajout d’une touche de modernité, une technique irréprochable et des services attentionnés. L’aventure de Sarah commence lorsque, toute petite, elle assiste au cérémonial du rasage matinal de son grand-père auprès d’un arbre du domaine familial en Algérie. Depuis cette révélation émotionnelle, Sarah n’a de cesse d’apprendre, de découvrir et d’innover dans le métier de barbier, une passion, une vocation qui l’anime depuis toujours. Arrivée en France à l’âge de 8 ans, elle est soutenue dans cette aventure par sa mère. Avec un CAP et un BP de coiffure avec option barbier obtenus en France, formée chez JL Hair à Paris puis chez Oczan, un barbier turc, Sarah fût d’abord la première femme barbière de France, une chose pas tout à fait facile dans un monde réservé aux hommes. N’écoutant que son cœur et son ambition de vouloir vivre de sa passion, elle ouvre son premier salon en janvier 2000 au 14, rue Condorcet à Paris 9ème. Un succès aujourd’hui établi, reconnu, même envié. Car Sarah a cette créativité, cette audace, cette technicité qui font d’elle une experte consultée, sollicitée pour de plus grands projets. Curieux d’en savoir plus, nous avons eu le plaisir de venir nous faire coiffer dans le second salon parisien de Sarah, ouvert il y a un peu plus d’un an au 7, rue Bertin Poirée à Paris 1er. Nous pénétrons dans un lieu charmant, chaleureux qui est aussi une ruche active où de nombreux barbiers s’affairent avec attention et délicatesse. Nous n’avions jamais vu autant de compétences de coiffage et rasage réunies en un seul lieu, sans mentionner les services de beauté pour hommes qui jouxtent cette jolie pièce hexagonale baignée de lumière du jour. Sarah nous reçoit avec grande gentillesse dans son coin-salon dédié conçu autour d’un magistral siège de barbier à l’ancienne. Sarah a l’œil et nous suggère immédiatement une modernisation de notre coiffure à laquelle nous n’aurions pas pensé. Elle nous surprend même à conseiller une rectification de ligne frontale par épilation, qui aura un très joli aspect en permettant d’adoucir notre visage. Sarah est en effet la première à avoir introduit l’épilation chez les hommes, Sarah est souvent copiée de ses innovations et créations, c’est ainsi qu’on reconnait les précurseurs (notons par exemple l'étonnant service de sculpture de torse). Sarah écoute et est à l’écoute, elle nous touche par son attention humble et sincère. Ses gestes sont doux, son sourire éclatant. Elle règne en maître avisé sur l’ensemble de son équipe (qu’elle a personnellement tous formés) et qui s’affaire avec déférence tout autour d’elle. Nous identifions la touche de Sarah, des coupes fines et modernes, un style unique qui se reconnaît même dans la rue, un rendu élégant qui nous redonne une belle allure instantanément. Sarah a le don de voir chez l’homme qu’elle coiffe ce qui le rendra plus séduisant encore, c’est son regard de femme qui veut cela, comme un instinct. Rares sont ceux qui peuvent se targuer d’être à ce niveau de précision et d’innovation capillaire que celui de Sarah. Une expertise admirée de tous qu’elle partage dans un livre ludique intitulé Barbes & moustaches, comment les entretenir au poil ! publié aux éditions Larousse. Sarah nous confie qu’elle prépare de surcroît quelques surprises d’innovation pour cette année. Nous avons eu grand plaisir à être coiffé par Sarah à La Barbière de Paris qui est pour nous un incontournable de la beauté capillaire au masculin à Paris mais au-delà, de toute la France. Un atelier d’excellence barbière pour homme exclusivement dans lequel nous aurons plaisir à revenir. www.labarbieredeparis.com Février 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC CAROLINE-LAURE DISLAIRE

Une comédienne enthousiasmante - Il est de peu de comédiennes qui développent autant d’énergie sur scène que Caroline-Laure Dislaire. Cette actrice et comédienne dynamique brûle littéralement les planches et tire de ses racines brésiliennes l’énergie et la fougue d’un jeu puissant et rythmé. Son sourire et ses yeux ravissants distillent une douceur qui tempèrent cette fugacité scénique. Nous l’avons remarqué lorsque nous avons assisté à la célébrissime comédie à succès Le Clan des Divorcées, la pièce d’Alil Vardar que presque toute la France éprise de théâtre a vu. Caroline brille par son jeu franc et sincère, elle y joue un rôle d’ingénue américaine mais c’est dans de grands rôles tragiques que Caroline s’est distinguée auparavant. Née d’une grand-mère d'origine anglaise, d’un père français et d’une mère brésilienne, Caroline est le fruit des richesses de ce monde, elle a aussi la beauté de sa tante célèbre mannequin au Brésil. La jeune franco-brésilienne s’envole à 10 ans pour le Brésil et en fait sa terre d’accueil et sa patrie pour le théâtre. A 16 ans, elle subit un retour un peu forcé en France, elle y passera un Bac L à Rouen. C’est à 23 ans qu’elle se décide pour être comédienne alors que sa mère voyait son ainée plutôt devenir médecin. Nouveau départ pour le Brésil, Caroline est une femme libre. A force de travail assidu, elle parvient à être reçue au concours de la très prestigieuse école de théâtre brésilienne Casa das Artes de Laranjeiras dite CAL, qui est au Brésil ce que la Comédie Française est à la France. A la CAL à Rio, elle y admirera les plus grands professeurs de théâtre du Brésil, tels que Celina Sodré ou Lourival Prudencio. Le jeu théâtral du Brésil est différent de celui du français en ce qu’il est plus extravagant ou expressif. Elle y jouera des rôles saisissants et graves, tels les rôles de Sophie dans la Marquise de Sade ou de Barbara dans la pièce brésilienne Calabar ou encore dans la pièce de Lleilah Assumpçao intitulée Fala baixo senao eu grito. En parallèle, la belle sportive animera quelques télévisions sportives du Brésil et reste aujourd’hui encore la tenante du titre de championne du monde de surf sur le célèbre mascaret de l’Amazone. De retour à Paris, la terre d’origine paternelle, elle doit apprendre les bases du théâtre français, elle se forme donc à la communication à l’ACAD puis elle rencontrera l’actrice bulgare et professeur de théâtre d’excellence Antonia Malinova. C’est l’auteur belge et comique Alil Vardar, dont elle apprécie beaucoup le style narratif comique (car proche de l’humour brésilien), qui la fera monter sur les planches parisiennes en avril 2015. Nous découvrons en Caroline une sincère profondeur de son jeu, un caractère fort, Caroline nous transmet sa passion pour la scène et ses aspirations aux changements comme une source de découvertes. Caroline c’est la joie de vivre et de jouer, le charme féminin à fleur de peau et la spontanéité du cœur (lors de cet entretien, elle fût bouleversée par la rencontre faite sur son chemin d’un labrador abandonné en plein Paris). Caroline partage avec nous sa passion née de jouer, l’envie d’être sur les planches, sa personnalité à la ville est peu différente de cette énergie dégagée sur scène, nous la voyons vive et sincère. Ses pièces préférées sont les classiques de l’auteur italien Carlo Goldoni (Les Pointilleuses) ou l’Imposteur de Molière et surtout Lucrèce Borgia de Victor Hugo qu’elle aimerait un jour jouer. Caroline-Laure Dislaire, une comédienne talentueuse à suivre et à aller voir jouer sur scène actuellement à la Comédie République. Lors de notre entretien, Caroline a apprécié le caractère chaleureux et modernisé du Grand Salon de l’hôtel Hilton Paris Opéra, qui a eu la gentillesse de nous y recevoir. Un lieu qui n’est pas sans rappeler certains grands lieux classiques du Brésil comme le Copacabana Palace à Rio. Photographie: Olivier Merzoug. Février 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC VICTOIRE FINAZ 

Victoire Finaz de Villaine, une entrepreneuse douée  – Nous avons le plaisir d’inaugurer notre série d’entretiens de jeunes talents avec Victoire Finaz, gastronome émérite et entrepreneuse française. Victoire Finaz de Villaine est certainement l’une des rares expertes du bon chocolat en France et elle en fût distinguée à juste titre par ses pairs en entrant à la sélective Académie Française du Chocolat et de la Confiserie. Surdiplômée, cette énergique femme entrepreneuse française a suivi à la fois sa passion de jeunesse et la vocation de sa tradition familiale: aimer et parler du chocolat. Fine connaisseuse de tous les arômes et les accords liés au chocolat, elle publie ce mois-ci, bien à propos, son riche et gourmand blogue LaChocologue. Lors de ses séminaires chocologiques de découverte chocolatée, elle fait déguster une sélection choisie d’artisans chocolatiers français et fait goûter ses créations personnelles de chocolat artisanal, les Carrés Victoire, de jolies créations faits main et très vite primées, dont les goûteuses matières sont sourcées par elle-même sur le terrain tels des grands crus, ce sont vraiment des objets de haute couture chocolatière pour les avoir goutés. Nous avons particulièrement apprécié sa dernière création, le Cristal de Chocolat. C’est à 23 ans que cette petite fille de chocolatier lyonnais fait le pas d’entrer dans le monde du chocolat à titre professionnel. Elle est la première à produire une thèse de psychologie sur l’expertise en chocolat en interviewant plus de trente grands chefs français. Destinée à de hautes fonctions commerciales suite à sa formation en marketing à HEC, elle plaque tout pour se former à la confection et à la maîtrise du chocolat de qualité chez Pierre Hermé. Depuis, elle y met toute son ardeur, sa passion et sa créativité, des efforts qui font d’elle aujourd’hui une brillante créatrice de chocolats artisanaux de fabrication française et une experte en dégustation renommée dans son domaine. Sur son blogue ou ses réseaux sociaux, Victoire, en épicurienne parisienne et internationale, nous fait le plaisir de partager ses bonnes adresses gastronomiques et ses coups de cœur chocolatés. Un riche contenu gustatif et d’expert en la matière, qu’elle aime faire partager notamment en tant qu’auteur dans des revues culinaires spécialisées. En fière lyonnaise, Victoire ne peut oublier la province et elle nous recommandera sur la côte Ouest dont nous sommes originaires les succulents chocolats d’Hasnaa Chocolats, une chocolaterie artisanale établie au 192 rue Fondaudège à Bordeaux. Afin de savoir marier adroitement toutes ces saveurs, retrouvez tous ses autres bons conseils gustatifs et en particulier sa connaissance approfondie des accords vins-chocolats ou liqueurs-chocolats sur le site élaboré de Victoire, intitulé LaChocologue.com. Rencontrez Victoire et sa jeune équipe dans son pimpant showroom établi dans le 17ème gastronomique au 9, rue Faraday à Paris - Janvier 2016

UNE RENCONTRE 
AVEC CASSANDRE VITTU DE KERRAOUL

Cassandre Vittu de Kerraoul – Nous sommes ravis de poursuivre la publication de cette première série d’entretiens avec l’une des comédiennes les plus douées de sa génération selon nous. Kerraoul signifiant la maison du vent en breton, Cassandre, c’est l’énergie pure, la puissance du verbe, la fougue du texte, la force du geste. Elle brille et transporte ses personnages dans une lumière nouvelle. Sa diction est parfaite, son placé toujours à propos, elle sait donner vie aux personnages qu’elle incarne. Captivante, elle a le talent inné de transmettre sa passion de jouer sur scène comme nulle autre. Formée par l’une de ces grandes écoles publiques de théâtre que compte la France, la renommée Ensatt de Lyon, elle incarne tout ce que la passion française du théâtre a de plus beau, de plus vivant, de plus joyeux. Cassandre, c’est la jeunesse douée, la joie de vivre à l’état pur, des yeux qui pétillent, l’enthousiasme d’une discussion. Nous n’avions jamais vu jusqu’alors une comédienne donnant autant d’énergie dans ses personnages, elle le fait avec une grâce et une simplicité toute personnelle. Toutes représentations confondues, elle est à ce jour la comédienne qui nous a le plus impressionné sur scène. Cassandre, un grand talent français. Parisienne née d’un père journaliste, Cassandre suivra l’Ecole Alsacienne, un Bac Littéraire puis les cours du Conservatoire du 11ème arrondissement où le professeur Philippe Perrussel lui transmet sa passion du théâtre. A l’Ensatt, c’est le metteur en scène Olivier Morin qui révèlera à Cassandre ce qu’est le grand théâtre français et étranger (notamment japonais). Formée par une grande institution publique à Lyon, c’est néanmoins dans une pièce privée à Paris qu’elle fera ses débuts, Les Deux Canards de Tristan Bernard au Théâtre Antoine. Elle jouera ensuite Roméo et Juliette à Clamart, Don Juan au CDR de Tours et Le Baladin du Monde Occidental de l’irlandais J.M. Synge, des rôles passionnants et enrichissants. Cassandre est apparue dans les séries télévisées Empreintes Criminelles et Boulevard du Palais, son rêve en cinéma serait de tourner avec le réalisateur français Stéphane Brizé, un monde vers lequel elle aimerait plus se tourner. En entrepreneuse de son monde, aimant partager avec les autres, elle a créé la Compagnie théâtrale La Tornade et donne des cours de théâtre à Paris. Ses spectacles préférés en qualité de spectatrice sont Candide de Maëlle Poésy (formée au TNS de Strasbourg) qui se joue ce mois au Théâtre de La Cité Internationale ou encore La Putain de l'Ohio d'Hanokh Levin, mis en scène par Laurent Gutmann et jouée par Eric Petitjean. Elle aime beaucoup également le duo piano-voix Le cirque des mirages de Parker/Yanowsky. Elle ira voir cette année le Richard III de Thomas Jolly au Théâtre de l’Odéon, La Cerisaie de Thekhov au Théâtre de la Colline et Le Conte d’Hiver de Shakespeare au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux. En parisienne écologue, amoureuse de la nature et des animaux, Cassandre aime utiliser La Ruche qui dit oui livrant de bons produits fermiers dans son quartier du 3ème à la Gaité Lyrique. Elle aime cette nature qui l’emplit d’émotions, en particulier en Haute-Corse, dans le petit village de San't Antonino où la grande gourmande qu’elle est y trouve d’excellents biscuits corses et des jus de citron traditionnels. A Paris, Cassandre nous fait preuve de ses qualités scéniques et oratoires d’excellence dans la belle pièce Victor F jouée ce mois de janvier au Théâtre de l’Aquarium à la Cartoucherie de Vincennes. Un entretien réalisé un après-midi dans un environnement apaisant accompagné des douceurs maison du salon-bar du Lancaster Paris où le chef barman Eimeo Friot nous a accueilli avec la grande gentillesse qui caractérise le service attentif de cet établissement mais aussi celle de ses origines polynésiennes, Eimeo étant le nom traditionnel de l’île jumelle de Tahiti qui se nomme usuellement Moorea. - Janvier 2016

L'équipe rédactionnelle de GoutsetPassions.com est composée de:  - Olivier F. de Felice, Directeur de publication, rédacteur principal, membre du syndicat de presse français Syndicat des Journalistes de la Presse Périodique (SJPP), Paris - Didier Princi, Directeur de Publication Adjoint, Pascale Sorgues (France Télévisions), rédactrice adjointe et nos contributeurs libres, spontanés ou occasionnels. Photographies: les productions, les photographes et agents de presse relatifs. GoûtsetPassions est une publication privée et indépendante de presse française.

www.goutsetpassions.com - Pour nous écrire :  Courriel : goutsetpassions(@)gmail.com  -  Adresse: E-Journal GoutsetPassions. SEP, 13, rue Brochant F-75017 Paris France

Site internet privé, réservé aux professionnels présents dans cet E-Journal et exluant toute activité commerciale, politique, religieuse, sectaire ou autre.-