Spectacles, événements et divertissements

Paris et France

Notre sélection choisie de spectacles - Dans GoûtsetPassions, nous aimons présenter des spectacles et des événements qui nous ont transporté dans de belles émotions, qui ont su donner vie à nos passions, à nos rêves artistiques ou scéniques, qui nous ont surpris aussi. Ce ne sont pas tous de grands spectacles car la beauté n’est pas toujours là où on peut l’attendre. L’émotion vraie, la conviction scénique, la force énergique des artistes, autant de qualités qui guident nos choix du coeur. Retrouvez notre sélection choisie des spectacles qui nous ont le plus marqués.

David Azencot
au Point Virgule

Un show vif et décoiffant – «C’est la fin du monde,  l’Amazonie brûle, les vaches à hublot hublotent et Nicolas Hulot hulote». Accrochez bien vos ceintures, dans son spectacle Animal, David Azencot va vous en faire voir de toutes les couleurs. Des tresses de Greta Thunberg aux vacanciers qui se font manger par des ours, tous les sujets seront abordés et nous n'avons pas fini d'en rire.

 

Ça passe ou ça casse, Azencot n’y va pas par quatre chemins. On passe de blagues graveleuses (un peu) à des réflexions passionnées, ce spectacle réussi, ce sont les montagnes russes de l’émotion renouvelée, devenue brute, animale.

 

L'ancien publicitaire n'a qu'une envie, nous parler de tout sans complexe avec un humour sombre, cynique et décoiffant. Décidément rien ne peut arrêter David Azencot qui s'attaque aux sujets les plus sensibles pour les déconstruire un par un, au deuxième, troisième ou même sixième degré.

 

Ancien créatif dans une grande agence de publicité, il décide de tout quitter pour explorer le monde de l'humour qui lui a toujours collé à la peau. Membre du Studio Bagel, comédien pour le Dézapping sur Canal + et auteur pour la mini-série En famille sur M6, le comédien touche à tout a su apporter partout où il allait, sa touche personnelle et insolente pour créer des contenus audacieux et toujours hors du commun. En 2016, il intègre la joyeuse bande d'Anne Roumanoff dans «Ça pique mais c'est bon» sur Europe 1, titre qui illustre d'ailleurs à merveille l'humour piquant de l'artiste.

 

Après deux spectacles à succès Fils de Pub et Inflammable, David Azencot revient avec sa nouvelle création mordante Animal sur la scène du Point Virgule qui se fait, depuis plus de 40 ans, le foyer des humoristes français. Azencot nous livre ici un opus personnel et militant, haut en couleurs et en rires.

En première de presse, nous retrouvons à l’Européen avec intérêt ce 10 décembre 2019 pour le tout nouveau spectacle de David Azencot, joué à date unique à l’occasion de la Journée Mondiale des Droits de l’Homme et des Droits des Animaux. Nous rallions cette dynamique salle de la place Clichy, prolifique de révélations humoristiques nationales.

 

Sous l’invitation de l’agent de presse spécialisé Guillaume Andreu, nous allons découvrir ce drôle d’animal, qui se toise sur l’affiche avec des cornes de bovins et son étiquette d’élevage industriel. Car c’est ici l’abîme entre nature et capitalisme moderne qui s’entrechoquent dans ce spectacle hauts en couleurs, là où l’humanité courant à sa perte, elle achète des baskets... Azencot vise fort et appuie là où cela fait mal, dénonçant nos incohérences et absurdités partagées et/ou refoulées.

 

Il y est question pêle-mêle de Greta Thunberg, de vacanciers mangés par des ours, du porno bio et responsable, des caches sacrées ou encore de Brigitte Macron. Un menu iconoclaste et déjanté qui nous réveille en cette soirée hivernale parisienne.

 

Le spectacle d’Azencot agit comme un uppercut: un grand slam nous est livré sur scène, bang, Azencot touche là où cela fait mal: nos contradictions, nos bonnes consciences assurées, nos petits gestes qui en disent long, tout vole en éclat sous la plume et la verbe acérée de l’humoriste talentueux. Un spectacle long, riche, tout y passe et sans temps mort, nous nous esclaffons de rire. Azencot met en abîme, en perspective aussi. C’est avec un brin de philosophie sarcastique qu’il nous prend par la main pour nous faire découvrir notre monde sous un jour nouveau, avec le filtre du défenseur sincère des animaux qu’il est.

 

Nous avons eu la joie de voir en primeur ce spectacle à la date unique du 10 décembre 2019 à l’Européen ce trublion de l’humour français, pour un spectacle joué à une seule date mais qui est désormais repris pour ravir les parisiens au fameux Point Virgule. Construit en 1975 par une bande de jeunes comédiens: Gérard Lanvin, Martin Lamotte, Anémone et bien d'autres, Le Point Virgule s'appelait initialement La Veuve Pichard. En 1978, Christian Varini reprend les clés du théâtre et crée une scène découverte d'humoristes encore en place aujourd'hui. Véritable tremplin artistique, Le Point Virgule offre l'opportunité aux jeunes artistes de se faire connaître et aux humoristes confirmés de continuer à nous faire rire dans un espace intimiste et chaleureux dans lequel règnent les esprits enflammés et bienveillants de l'humour. C'est sur cette scène propice à la bonne humeur et à la gaieté que nous avons le plaisir de retrouver David Azencot prêt à nous faire frissonner d'audace.

 

Un spectacle comique, grinçant et dérangeant aussi, au sens qu’il nous pousse à réfléchir sur nous, sur le système. Un zeste d’anarchie et foison de contrepétries achèvent de convaincre d’un talent des plus sérieux. Un spectacle qui vaut le détour, un Ovni sur la scène humoristique parisienne qui satisfera d’autant plus tous ceux sensibles à la cause animale. Un spectacle didactique en somme, l’un des rares spectacles d’humour parisiens qui nous pousse à réfléchir, félicitations.

 

Pour cette insolente découverte, nos remerciements s'adressent à l'attaché de presse Guillaume Andreu. Un spectacle piquant à découvrir sur la scène du Point Virgule à partir du 8 janvier 2020,  7 rue Sainte Croix de la Bretonnerie 75004 Paris. - www.lepointvirgule.com et www.davidazencot.frJanvier 2020

Le Monde de Jalèya
au L'hippodrome de Longchamp

Voyage dans un pays féérique – Nous découvrons avec enthousiasme, pour la première fois, le grand spectacle du Cirque de Paname sous le nouveau dôme de l'hippodrome de Paris Longchamp. C’est à la frontière de Paris, à l’orée du Bois de Boulogne que le Cirque de Paname nous donne rendez-vous pour découvrir une création aussi intense que spectaculaire. Nous nous rendons donc avec exaltation à cette gracieuse rencontre pour profiter du brillant talent de l’équipe artistique de la troupe. C’est dans un bois sombre et endormi par le coucher du soleil que nous pénétrons pour découvrir un dôme conçu sur mesure au cœur de l'hippodrome dans lequel nous trouvons un spacieux espace d’accueil et une chaleureuse et vaste salle de spectacle.

Le Cirque de Paname, nouvelle société de production de grands spectacles, porte haut les valeurs de la créativité et de l’art français dans sa nouvelle création Le Monde de Jalèya. Le parcours, l’exigence et le professionnalisme de près de 90 artistes, designers et artisans, sont réunis au sein du Cirque de Paname, avec l’ambition de renouveler le genre du grand spectacle. Plus de 10 danseurs, 14 acrobates, ou encore des musiciens live sont ici pour nous offrir des numéros prodigieux et de qualité. C’est dans l’accueillante entrée que le spectacle commence déjà, lumières tamisées et tables designs qui nous mènent pas à pas vers la salle de spectacle principale. Unique et spacieuse, celle-ci est disposée en rond et nous promet une vision parfaite et singulière de toute la scène.

C’est une équipe créative renommée qui nous offre à voir un spectacle majestueux et impressionnant, composée de créateurs, metteurs en scène, chorégraphes ou encore maquilleurs et coiffeurs au talent à couper le souffle. Tous se sont réunis pour créer un spectacle exceptionnel et sans pareil qui restera dans nos esprits grâce à sa splendeur et son élégance. Olivier, jeune homme curieux, trouve dans un grenier un coffre rempli d’objets qui ne manqueront pas de le surprendre et de l’interroger. Parmi eux, une lampe à huile magique qui le transportera dans le monde féérique de Jalèya. Olivier traversera tout le long du spectacle ce monde onirique accompagné du guide Knosios à la rencontre de peuples et territoires fantastiques. De surprises en surprises il traversera tous les éléments de la nature: Terrëa, Fyrön, Eaulus et Airya. D’humour en maladresses, Olivier nous fait voyager à travers les styles, les mondes et leur magie.

Thiber Abid, producteur exécutif, a l’habitude de mettre en scène des évènements de grande ampleur et cela se ressent de par la noblesse et la distinction du spectacle qui nous éblouit de minute en minute. 20 ans d’expérience auprès des plus grandes institutions comme Disneyland font de lui un atout majeur et indispensable du Cirque de Paname. Il nous présente ici une création novatrice et pétillante pour le premier spectacle de la compagnie. Le Monde de Jalèya réunit des artistes qui ont participé aux plus grands spectacles des dernières années, en France et à l’international. Des artistes et techniciens créatifs et expérimentés, amoureux des arts vivants mettant en place une représentation singulière, comme Ludovic Marcato, metteur en scène du cirque, ayant déjà travaillé sur de nombreux spectacles musicaux comme Mozart l’Opéra Rock ou encore Mugler Folies et Grease le musical. Il est ici avec un objectif en tête : réunir les jeunes talents et amis rencontrés sur sa route, et monter sa compagnie, c’est alors la naissance du Cirque de Paname. Le Monde de Jalèya en est le premier spectacle explosif.

Danse, numéros acrobatiques, chants, lumières, chaque acteur du spectacle est époustouflant. Il n’est pas facile de retranscrire en mots ce que nous avons pu voir ce soir-là. Impressionnant et saisissant, nous avons été transportés du début à la fin grâce à des numéros maîtrisés à la perfection qui nous éblouissent de beauté. Le chorégraphe Skorpion a su guider les artistes pour qu'ils nous livrent un show d’exception dans lequel se mêlent grâce et passion. Chaque numéro est unique, champion du monde de hip-hop, il mêle les styles, entre cirque, danse et acrobaties.

 

Les artistes nous transportent entre jazz, contemporain, classique et encore bien d’autres styles qui se joignent à un esprit féérique et onirique. Nous saluons particulièrement la prestation du couple acrobatique qui nous a stupéfait. Au-delà même des incroyables performances artistiques nous remarquons avec joie l’attention portée aux détails comme nous le voyons sur les costumes et le maquillage par exemple. Comme si Le Cirque de Paname redéfinissait l’art du spectacle du cirque pour le transformer en une prestation grandiose. Les costumiers, maquilleurs et coiffeurs ont réussi à concevoir des créations afin de rendre poétiques et fascinants les corps et visages des personnages du Monde de Jalèya. Grâce à cela, on y croit, nous abandonnons pour un instant le monde réel qui nous entoure pour voyager et nous laisser guider et fasciner par une construction onirique merveilleuse conduite par des danses et chants envoûtants.

Il a été un plaisir pour nous de pouvoir admirer un spectacle produit et joué par une équipe passionnée et mettant en avant un savoir-faire français qui arrive toujours à nous surprendre et nous fasciner. 200 costumes élégants et raffinés et une scénographie réinventée nous ont permis d’apprécier le spectacle de manière engageante. Si Le Monde de Jalèya est un séduisant mystère, nous pourrions le définir comme un mélange dans lequel arts et styles se croisent pour créer un résultat singulier. Nous avons adoré les effets scénographiques comme les murs d’eau entourant un soliste acrobate qui nous livrait une légère et douce prestation aérienne, mais aussi les fumées colorées ainsi que les lumières qui apportent une intensité à un environnement remarquable. Ce show hybride d’un nouveau genre propose de nouvelles expériences pour le public, grâce notamment à l’utilisation de technologies immersives : odorama, projections vidéo, spatialisation sonore… Proches de la scène en toute circonstance, les artistes et le public créent alors une proximité propre au spectacle qui nous permet de voyager avec eux et de se laisser prendre au jeu.

Le Monde de Jalèya est une occasion unique de redécouvrir l’art du cirque comme vous ne l’avez jamais vu et de se laisser transporter dans un monde imaginaire et merveilleux qui passionnera tous les âges et toutes les personnalités. Pour cette majestueuse découverte nous remercions chaleureusement l’attachée de presse Nathalie Robin et notre rédactrice Zoé Clergue. Une comédie musicale impressionnante revisitée applaudie par une salle ébahie que nous avons admirée, à courir voir pour vivre un moment d’exception jusqu’au 23 février 2020 à l’Hippodrome de Paris Longchamp à 20h, ou 16h et 20h le samedi ainsi que 13h et 17h le dimanche. www.cirquedepaname.comJanvier 2020

J'ai envie de toi
au Théâtre Fontaine

Une comédie efficace et revigorante – Nous découvrons pour la première fois le Théâtre Fontaine, haut lieu des comédies parisiennes, placé sous la direction de Pascal Legros. Les sièges rouges sous le large balcon à l’italienne nous tendent les bras pour une soirée qui s’annonce haute en couleurs. C’est une pièce légère à grand succès déjà qui fait un tabac depuis fin août à Paris que nous nous empressons d’aller voir, sous l’aimable invitation de l’une des égéries montantes du théâtre français, la ravissante Astrid Roos, qui donne ici dans le répertoire de la blonde écervelée, mais que nous avons vue dans des rôles plus profonds, son talent multiple est indéniable.

 

Quoi de plus anodin que d'envoyer un SMS ? Rien, c'est vrai. Sauf si celui-ci arrive chez le mauvais destinataire. J'ai envie de toi, c'est tout ce qu'il fallait pour que Christelle, l'ex perturbée de Guillaume, débarque illico dans son nouvel appartement. La nouvelle conquête de Guillaume, son ex copine, Youssouf son voisin gaffeur et envahissant ainsi que Madame Brachet, 80 ans; voici les malicieux ingrédients de ce vaudeville moderne mis en scène habilement par José Paul. Une pièce pleine de rebondissements, animée par des quiproquos plus malins les uns que les autres, que nous découvrons avec envie au Théâtre Fontaine.

 

Le pitch nous met déjà dans l'ambiance déjantée de la pièce ; après plusieurs jours de discussion sur internet avec la belle Julie, Guillaume décide de l'inviter chez lui. Cela est sans compter sur son loufoque voisin Youssouf, qui garde Madame Brachet pour toute la soirée. Après avoir trouvé la cloison démolie entre les deux appartements à cause d'un placard illégal, Guillaume se rend compte que le sulfureux message «j'ai envie de toi» destiné à sa nouvelle conquête a finalement atterri dans la boîte de réception de son ex. Pris de panique, il demande de l'aide à Youssouf qui ne demande qu'à se rendre utile… pour provoquer des catastrophes hilarantes...

 

Cette comédie vaudevillienne tourne autour du personnage joué par son auteur, le comédien déjà bien connu Sébastien Castro, popularisé par des rôles au petit écran. Il y joue le personnage principal de cette pièce à rebondissements qui nous tient dans un rythme haletant et soutenu. Nous assistons à une pièce fluide et qui garde le suspens comique intact de bout en bout, sans que nous arrivions à anticiper ce qui va s’y passer.

 

Sébastien Castro est un acteur adroit qui tient la pièce à lui tout seul, il fût distingué récemment aux Molières 2019 avec la pièce Le Prénom présentée au Théâtre Edouard VII. Après avoir été le chroniqueur de l'émission La nouvelle édition sur Canal +, l'abbé Martin dans la série La petite histoire de France ou encore avoir donné la réplique à Alexandra Lamy et Miou Miou au cinéma, Sébastien Castro revient au théâtre avec sa toute première création, la comédie J'ai envie de toi. Grand amateur du théâtre comique, nous avons déjà pu l'applaudir lors de représentations comme Tailleurs pour dames de Feydeau, L'étudiante et monsieur Henri de Roger Dumas ou encore le voir à l'affiche du Prénom, pièce pour laquelle il est nominé aux Molières 2019.

 

C'est donc sans surprise et avec une grande hâte que nous attendions la production de cette pièce. Quoi de mieux que de choisir un metteur en scène avec qui l'on partage le même amour pour la comédie et la même passion pour le théâtre ? C'est ce qu'à décidé de faire Sébastien Castro en s'alliant à José Paul pour élaborer ce beau et déjanté projet. Lui aussi comédien et metteur en scène 8 fois nominés aux Molières, nous avons pu le remarquer auparavant dans Un fil à la patte, mis en scène par Michel Fagadau, Le dîner de cons, de Francis Veber, ou encore dans Colombe à la Comédie des Champs-Elysées. Ils décident aujourd'hui de se faire confiance pour produire J'ai envie de toi et de rassembler leurs savoirs et leurs richesses professionnelles pour nous offrir un spectacle qui nous a fait rire aux éclats.

 

Tous les personnages sont bien joués, ils sont dans les stéréotypes usuels: le flémard débrouillard, le jeune cadre dynamique, le rocker bodybuildé côté homme, et côté femmes, trois rôles attachants et joués avec constance et brio. On ne s’ennuie pas dans cette pièce qui va se dérouler suivant un huis clos temporel et scénique bien rodé, orchestré par l’habile décor à dimensions variables qui fait partager à l’assistance trois espaces scéniques vites réduits à un seul.

 

Ici tout est pensé et maîtrisé pour nous livrer une pièce d'exception qui nous rappelle les plus grandes comédies; du placard, meuble emblématique du vaudeville, à l'endroit même où se joue la pièce, le Théâtre Fontaine. Temple de la comédie parisienne crée en 1951, les spectateurs s'y bousculaient déjà pour aller admirer les débuts de Louis de Funès, Jean Richard et même Pierre et Jean-Marc Thibault. Ayant vu jouer sur ses planches les plus grands de la comédie à la française d'hier comme d'aujourd'hui, avec Pierre Palmade par exemple, le Théâtre Fontaine accueille en ce moment la nouvelle pépite J'ai envie de toi. Le Théâtre Fontaine nous livre ici une programmation humoristique de qualité. C’est un théâtre revêtu d’une aura particulière, fondé en 1951 par André Puglia, directeur de radio et Jean Richard acteur qui rachètent une boite de nuit qui avait succédé au cabaret réputé Le Chantilly. Avec cette pièce, c’est un brin de folie joyeuse que nous offre ce lieu vivant du spectacle parisien. Louis de Funès, Guy Bedos, Peter Ustinov y firent leurs débuts.

 

Sébastien Castro s'amuse ici avec gourmandise avec tous les codes du vaudeville que nous chérissons tant. Le décor devient la pierre angulaire du spectacle, devenant alors le témoin de toutes les actions et de toutes les paroles des personnages. L'astucieuse scénographie de Jean-Michel Adam «trois décors en un» permet de respecter l'unité de temps et la narration de la pièce pour laisser s'épanouir les différents protagonistes lors de cette délirante intrigue. Chaque scène, dans sa grandeur narrative et sa dimension burlesque reste réaliste grâce au travail des détails et à la structure classique de la pièce que nous adorons revivre.

 

José Paul n’est plus à présenter. Il fût distingué avec 8 nominations aux Molières, il a fait la mise en scène du Dîner de Cons de Francis Veber, la Garçonnière de Billy Wider ou encore de Maris et Femmes de Woody Allen (par Stéphane Hillel, sur laquelle nous avons écrit en ces lignes). La mise en scène de José Paul est efficace, elle distribue les tempos et les revirements à foison. Tout part donc du SMS de Guillaume destiné à Julie sa nouvelle conquête virtuelle, un message signé J’ai Envie de toi, (d’où le nom racoleur de la pièce) à son ex qui rapplique aussitôt. S’en suit un quiproquo endiablé et dévergondé qui nous donne une comédie française réussie. Nul doute que ce scénario d’intringue amoureuse et sociale pourra donner lieu à une adaptation au grand écran. On s’esclaffe depuis le 29 août en présence de Sébastien Castro, Maud Le Guénédal, Guillaume Clérice, Anne-Sophie Germanaz, Astrid Roos et Alexandre Jérôme, une fine équipe spécialiste du rire libre.

 

La première comédie de Sébastien Castro fonctionne, prolongations à l’appui et nous avons plaisir à retrouver l’équipe de C’est encore mieux l’après-midi, d’où un forte cohésion de cette équipe de comédiens dynamiques qui fonctionne, d’ailleurs nommés aux Molières 2018. Rigueur et maîtrise transparaissent derrière cette histoire mouvementée qui tourne autour d’un placard évidé… Les codes du Vaudeville sont respectés, le décor de Jean-Michel Adam joue pleinement son rôle de toupie géante révélatrice des passions naissantes. Les cartes sont peu à peu redistribuées et chaque personnage redécouvre des sentiments nouveaux. La mise en scène de José Paul n’est pas sans rappeler ses inspirations tirées de ses mises en scènes de Tailleur pour Dames de Feydeau ou de C’est encore mieux l’après-midi de Ray Cooney.

 

En immersion complète du fait de ce temps unifié et linéaire, nous nous imprégnons de chaque personnage, qui deviennent vite attachants. C’est cela qui provoque cette impression agréable d’avoir passé un excellent moment à la sortie de la pièce. Les rires ont été donnés à profusion, en cela cette pièce est efficace.

 

Pour cette délirante et amusante découverte qui nous fait du bien en ces périodes de fêtes, nous remercions chaleureusement l’agent de théâtre Alain Ichou et Apolline Locquet de chez Pascal Legros Organisation. Une pièce à aller voir avec entrain jusqu’au 28 juin 2020, du mardi au vendredi à 21h, le samedi à 16h30 et 20h30 ainsi que le dimanche à 16h au Théâtre Fontaine, 10 rue Fontaine, 75009 Paris - www.theatrefontaine.comJanvier 2020

Magic Box
au Splendid

Un show festif et féérique – Sur l’aimable invitation de Guillaume Andreu, dynamique agent de presse spécialisé Théâtres, nous nous rendons pour la première fois au fameux Splendid, tout proche de la place de la République, épicentre nocturne animé qui concentre à ses alentours les hauts lieux théâtraux de l’Est parisien. Nous avons hâte d’assister à un spectacle rare, parfait pour ces moments de fêtes, car on parle ici de mentalisme et de magie, et peu nombreux sont les artistes vraiment doués qui arrivent à nous surprendre et à nous conquérir. C’est le cas de l’un des talents les plus doués de France quand on parle de close-up, de mentalisme et tours de magie, le sympathique français Jean-Luc Bertrand qui allie charme, humour et effets sensationnels dans un personnage attachant.

C’est une première pour nous, de pénétrer dans ce temple de l’humour français qu’est le Théâtre du Splendid, qui donne son nom à la célèbre troupe éponyme qui rassemble les plus grands comiques français de notre époque. Créé en 1974, ce collectif d’auteurs et d’acteurs donne jeu et vie à Christian Clavier, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, entre autres. Clin d’oeil à ces lieux historiques de l’humour gaulois, c’est le fils de Gérard Jugnot qui met en scène le spectacle. Nous découvrons cette salle rouge de 300 places intimistes, ouverte le 1er octobre 1896, qui a vu naître des pièces mythiques devenues films populaires à succès, telles Le Père Noël est une Ordure, Papy fait de la Résistance sans oublier Les Bronzés bien sur.

 

C’est avec grande décomplexion et le sourire aux lèvres que le public se découvre, peu nombreux ce soir du fait des grandes grèves parisiennes, ce qui transforme le spectacle en close-up personnalisé ce qui n’est pas sans déplaire. La scène est proche, le public a ainsi une vue bien distincte de tout ce qui va s’y passer. Le rideau se lève et nous découvrons une scène épurée qui ressemble à une vision d’une rue nocturne, dans laquelle semble se mouvoir une boite lumineuse blanche conçue en poupée gigogne, évocatrice d’autant de dimensions du réel et faisant rappel du titre du spectacle: Magic Box.

 

Sur la mise en scène d’Arthur Jugnot, fils de Gérard donc, on assiste à une jolie narration innovatrice mêlant intermèdes, close-ups, démonstrations de mentalisme et des interactions successives et bien à propos avec la salle amusée tout autant que paniquée à l’idée d’être appelée sur scène. Jean-Luc Bertrand en vedette américaine donne de sa personne, se livre, amuse et chauffe la salle, l’ambiance avec son public se met en mouvement avec tendresse et rires, la réceptivité de l’auditoire augmente à chaque numéro tous aussi surprenants les uns des autres. Nous sommes vite mis à l’aise par son jeu et ses échanges fulgurants avec le public, venu en particulier en famille avec enfants ébahis en ce jour de début vacances scolaires.

 

Le spectacle fonctionne à la perfection et l’artiste exécute des tours de prestidigitation avec une dextérité sans faille, il ajoute à son art un charme bien personnel et une touche d’humour qui amusera toute l’assistance tout au long du spectacle. On sent une maîtrise hors normes de son art, Jean-Luc a perfectionné son apprentissage à l’étranger, à New-York mais aussi à Singapour. Ce globe-trotter invétéré a fait le tour du monde pour pratiquer les numéros de magie les plus étonnants. Lévitations, inductions mentales, des tours qui défient les lois de la physique, des hasards qui ne peuvent en être, tout cela nous étonne et nous subjugue, nous ne savons toujours pas comment sont faits plusieurs tours sidérants. Le magicien français est de plus un expert en manipulations de cartes et nous le démontrera à des nombreuses reprises, laissant un public ébahit.

 

Pour la seconde fois à voir ce spectacle (nous l’avons vu au Théâtre de la Renaissance l’année dernière), nous voilà à nouveau bluffés, notamment par les prédictions et intuitions adroites de Jean-Luc, à deviner des choses et des faits personnels lointains ou impossibles à connaître, tel le prénom d’une personne embrassée il y a plus de 40 ans d’un nonagénaire pris dans la salle, désigné au hasard par un jeune garçon. La magie opère toujours et Jean-Luc déploie une énergie folle à tout donner, sans limite, toujours avec tact. On admire d’autant plus l’exploit lorsque l’on sait qu’il a subit un grave accident cette année et qu’il remonte sur scène avec force et vigueur, sans rien laisser deviner, bravo l’artiste !

 

 

Lévitation d’objets, disparition et réapparitions d’objets sur demande, tours de passe-passe et tours de prestidigitation font mouche dans le coeur du public, comme tous les soirs de ce show assez renversant. Le duo sur scène formé par l’animal-assistant accentue les contrepétries destinées aux enfants, ce qui rend d’autant l’artiste attachant. Le public lui rend bien, il n’hésitera pas à monter sur scène à plusieurs reprises, sur la diligente instigation de l’artiste. Ce que l’on aime lors de cet agréable moment d’extase collective, c’est la mise à contribution du public tout au long du show, lequel sera amené à monter sur scène, avec l’assistance d’un gentil gorille de service qui amusera de les nombreux enfants présents. Tout ici est fait dans la joie et la convivialité, on ne peut manquer de passer un très bon moment de divertissement lors de cette magnifique prestation harmonieuse.

 

Les dons de Jean-Luc Bertrand pour le mentalisme sont impressionnants. Ainsi, il choisit dans le public des spectateurs pour deviner et déclamer des souvenirs d’enfance, donner leur numéro de portable ou de carte bleue, sans complicité aucune, tout simplement bluffant. On aime chez Jean-Luc sa gentillesse, ses coups de coeur aux enfants de l’assistance et ses boutades au public. Le spectacle évolue de mois en mois pour être conçu de plus en plus percutant, on ne se lasse pas, le rythme est soutenu et les numéros tous aussi étonnants les uns des autres s’enchaînent avec brio. Le public s’exclame, crie et monte sur scène avec entrain, le tout se passe avec joie et spontanéité. La clôture du spectacle est un rappel à tous de notre émerveillement d’enfant, nécessaire pour ré-enchanter le monde.

 

Le duo Bertrand-Jugnot signe ici son deuxième opus réussi, après le très acclamé Magicien(s) tout est écrit et c’est une réjouissance pure, on aime cet air décontracté et désinvolte de l’artiste sur scène qui fait mine que tout est simple et facile à réaliser. On se prend au jeu et il est sans douter qu’un tel virtuose sur scène suscitera de nouvelles vocations parmi l’assistance de ce soir. Un spectacle résolument tourné vers les enfants, qui laisse place à leur riche imagination mais qui provoquera chez les adultes une aussi grande stupéfaction, retombant ainsi dans leur tendre enfance.

 

Nous n’avions jamais vu autant de talent personnalisé qui nous ayant coupé le souffle pendant ce grand spectacle de magie, conçu comme un fil tendu de relation directe et intime à son public, où le magicien donne, transmet et reçoit. Un beau moment de grâce à vivre en particulier lors de cette période des fêtes où tout est émerveillement. Un spectacle théâtral de mentalisme et de magie à vivre au Splendid jusqu’en janvier 2020.  Nos remerciements s’adressent à Jean-Luc Bertrand, à  Guillaume Andreu, agent de presse pour cette belle découverte réjouissante et à la belle plume française Alice Guiol. Un spectacle étonnant pour petits et grands donné au Splendid, le célèbre café-théatre sis au 48 Rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris - www.lesplendid.com - Décembre 2019

Le piano perd les pédales
avec Adri1

Allumez vos téléphones et jouez – En cette fin d’année, les illuminations s’emparent des rues parisiennes et nos esprits s’évadent dans les théâtres. Une pièce, jouée au Grand Point Virgule, attire notre attention. Après de nombreuses représentations au Mélo d’Amélie, c’est au pied de la Tour Montparnasse, dans cet ancien cinéma de la capitale que nous acceptons de participer à une drôle d’expérience interactive. Si pour l’instant l’intitulé du spectacle, Le piano perd les pédales, ne donne aucun indice sur l’aventure qui nous attend, les hôtes de ce lieu intimiste se chargent d’en expliquer les règles.

Billets validés, on nous propose une batterie externe pour recharger notre téléphone portable. La curiosité, l’impatience et l’inquiétude nous gagnent… Nous nous interrogeons sur ces amusantes instructions et prenons place sur les grandes banquettes rouges. Quelques habitués se retrouvent, d’autres spectateurs novices comme nous se pressent au premier rang pour ne manquer aucun détail des animations proposées.

En fond de scène, un écran géant nous recommande vivement d’installer une application pour profiter pleinement de notre soirée. Cet outil numérique, permet à chaque spectateur de s’identifier grâce à un pseudo et une photo mais surtout facilite la communication avec la production du spectacle et le jeune talent Adri1. Une fois l’application installée pour tous, le spectacle ainsi que les festivités, rires et amusement peuvent commencer. Pour une fois que nos smartphones ne sont pas persona non grata à un spectacle !

Adrien Pelon alias Adri1 a la comédie, la musique et la danse qui coule dans ses veines. Issu d’une formation de sciences économiques et sociales, il a décidé de vivre de ses passions, très bon choix ! Son entrée sur scène nous le prouve très bien. Vêtu d’un habit de maître de piste de cirque et inspiré du film The Greatest Showman, Adri1 se présente à nous majestueusement. Bouche bée devant sa prestance, son incroyable grand écart et ses premières vocalises nous comprenons rapidement que nous allons assister à un show singulier. Avant de se produire seul sur scène, Adri1 a étudié le chant avec de grands noms: Jasmine Roy, Carole Chabry, Michel d’Ottaviani ou encore Nadine Cherry.

En 2013 il a intégré le cours Florent dans un double cursus théâtre et comédie musicale puis remporte un grand prix de chant dans une compétition internationale à Los Angeles. La Belle au bois dormant, David et le temps des prophètes, Ulysse L’Odysée…. de multiples comédies musicales s’arrache le jeune artiste. Mais sa participation au spectacle Résiste de l’inoubliable et légendaire chanteuse France Gall le propulsera sous le feu des projecteurs. Ambitieux et polyvalent, il a été choisi pour incarner le rôle de Michel Ardan dans l’étonnant voyage musical Jules Verne avant de briller au télé-crochet The Voice .

Fort d’une riche expérience artistique, Adri1 a inspiré le producteur Alex Goude. L’humoriste et ex-animateur de l’émission La France a un incroyable talent a imaginé pour «son poulain» un one man show 100 % interactif. Dans une mise en scène complètement dingue, moderne et très simple, Adri1 invite les spectateurs à se joindre à lui dans l’écriture du spectacle. A l’aide de l’application dédiée, via des sondages très simples d’utilisation, nous pouvons décider de la chanson qu’il va nous interpréter ou encore de sa coupe de cheveux…. La tournure que prend le show résulte du seul choix du public ! Nous nous amusons d’Adri1 en lui donnant d’originaux défis, nous nous mordons les doigts quand la majorité ne suit pas nos préférences et rions aux larmes des sketchs. Rythmée par la présence de divers personnages incarnés par Adri1, de vidéos hilarantes : tout a été pensé pour se divertir , en prendre plein les yeux et les oreilles.

Nous aimons ces spectacles qui donnent la parole au spectateur. Ce dernier devient acteur du moment, partage avec le comédien et ses voisins de sièges émotions et anecdotes. A l’heure où le monde est hyper-connecté, Alex Goude a compris les nouveaux codes pour capter l’attention et susciter l’intérêt des spectateurs habitués ou non des comédies où le rire est facile, évident et naturel. Le piano perd les pédales nous a fait rire mais nous a aussi beaucoup ému. Les différentes prestations musicales sont à couper le souffle. La puissance vocale d’Adri1 nous a laissé sans voix… notre coup de cœur s’adresse particulièrement à son incroyable et touchante interprétation du tube Il jouait du piano debout.

Nous remercions Adri1 et Alex Goude pour ce show hors du commun, les équipes du Grand Point Virgule situé au 8 bis Rue de l'Arrivée, 75015 Paris, notre rédactrice Célia Baroth et enfin à Marina Roque pour son aimable collaboration. Comme chaque représentation est unique, nous renouvellerons très volontiers cette expérience fort amusante. - www.lepointvirgule.com et www.adri1officiel.comDécembre 2019

Siddhartha, l'Opéra Rock
au Palais des Sports

La renaissance d'un mythe en musique – Il était une fois un prince pas comme les autres. C'est dans la renversante salle du Palais des Sports que nous nous apprêtons à assister à la réincarnation d'un mythe en musique. Le show musical-événement de l'année tant attendu promet d'être grandiose. C'est l'occasion pour nous de prendre connaissance d'une fable merveilleuse et pleine d'humanisme qui nous fait du bien aujourd'hui plus que jamais. Siddhartha l'Opéra Rock, c'est l'histoire d'un homme destiné à devenir roi, plus connu sous le nom de Bouddha. Le jeune prince est né avec un tout autre rêve: connaître la véritable nature de l’Homme. Gaieté, poésie et enchantement, ce spectacle est une réelle ode à l'Homme et à la nature.

 

Nous voici donc installées parmi un public varié, impatient de connaître ce qui se cache sous le grand rideau noir cachant la scène, qui nous promet déjà de belles surprises. Le pari est risqué, pourtant l'aura des artistes et la puissance des musiques et des textes qui se dégage du spectacle a de quoi fédérer le plus grand nombre. Le mariage entre la quête de sens et la composition de grandes mélodies marquera la comédie musicale de créativité. Ici, la musique est le phare de la comédie, tout y est chanté et déclamé sous des mélodies justes et entraînantes. C'est tout un univers qui se construit et qui se dessine à travers les chansons écrites et composées par David Clément-Bayard, dans lequel chacun d’entre nous peut se retrouver. Chaque musique évoque un message fort: la relation parent-enfant, la destinée, la quête de soi, l'espoir et bien d'autres. Les voix sont bien présentes et l'harmonie au rendez-vous. Les prouesses musicales ne sont pas les seules à nous entraîner, les danseurs livrent aussi une performance saisissante: acrobaties, voltiges, équilibrisme, etc. Le talent vocal de Melissa Forton, qui interprète Gotami la mère adoptive du prince, nous porte tout le long du spectacle et donne le ton dès le début en nous livrant une performance parfaitement et tendrement maîtrisée.

 

Il est vrai que cela est rare de pouvoir assister à la mise en scène d'un mythe historique certes, mais aussi de découvrir la fondation d'autres cultures. Siddhartha l'Opéra Rock est avant tout extraordinaire de par ses costumes et ses décors. Nous relevons tout de suite l'attention portée aux détails, les décors sont pensés scrupuleusement des côtés jusqu'au centre de la scène et du sol au plafond. La beauté et la vivacité des couleurs nous éblouit, c'est un véritable jardin fleuri de teintes majestueuses. Des toiles géantes constituent le décor afin de faire voyager les spectateurs dans différentes ambiances: un palais, une forêt, une place de marché, etc... Les spectateurs ont même la surprise de découvrir un gigantesque banian placé au centre de la scène dans la deuxième partie du spectacle. Les costumes quant à eux, font rayonner les personnages et l'on sent à travers la scénographie et la mise en scène les multiples et divers parcours de toute l'équipe.

 

Magda Hadnagy, la metteuse en scène en est elle même témoin, elle s'initie dès son plus jeune âge aux arts du spectacle et chante dans les coeurs de l'Opéra de Paris. Prodige de la musique, elle réalise son premier album à dix-sept ans. Elle réalise aussi la mise en scène de nombreux spectacles pour des productions françaises et internationales, et met en scène notamment la version concert en français du spectacle phénomène mondial Les Misérables. C'est cette même diversité qui permet de créer un univers spectaculaire qui remet au goût du jour des questionnements essentiels et nous plonge dans une histoire peu connue et finalement passionnante: le véritable chemin de Bouddha. Les décors, les costumes, la mise en scène se font gracieusement les témoins de cette recherche de bonheur, du monde divin et de la poursuite de l'espoir.

 

L'opéra rock est divisé en deux parties, la première relate la vie de Siddhartha et son parcours jusqu'à son mariage. La deuxième partie est la révélation du spectacle, on suit le protagoniste dans sa quête spirituelle, la comédie musicale prend alors tout son sens et nous offre à voir un côté beaucoup plus pénétrant et symbolique. Cette quête inspirante est magnifiquement portée par Inca, l'interprète de Siddhartha qui nous montre avec talent les différentes facettes du personnage et chez qui l'on ressent, en effet, l'expérience de la comédie musicale couler dans les veines. Il est bon de voir un public emporté par l'ambiance générée par la scène et la musique qui, il est vrai, nous embarque et arrive à nous conquérir.

 

Nous relevons aussi avec plaisir un autre point fort, la complicité des acteurs sur scène qui nous séduit et nous charme. C'est cette complicité qui crée la fluidité et une osmose parfaitement maîtrisée. Nous soulignons en particulier celle entre les personnages de Siddhartha et de son cousin interprété par Axel Hirsoux, qui livre lui aussi une prestation pleine d'émotion et de douceur. C'est l’un des personnages qui nous touche et qui nous attendrit le plus du spectacle de par sa sincérité et son jeu franc et véritable. C'est donc une histoire inspirante nous portant grâce à son message de paix et chargé d'humanité qui nous inspire et réunit la salle qui se voit acclamer les artistes à la fin du spectacle autour d'une standing ovation bien attendue. Siddhartha L'opéra Rock est bien plus qu'une comédie musicale, c'est une leçon d'espérance qui nous fait plaisir !

 

Pour la découverte de cette agréable surprise à savourer entre amis ou en famille nous adressons nos remerciements à l'attachée de presse Nathalie Robin. Photos de Philippe Frétault. Pour profiter du plaisir de ces représentations qui réjouiront les amateurs de comédies musicales, rendez-vous jusqu'au 5 janvier 2020 au Palais des Sports de Paris, 34 boulevard Victor, 75015 Paris - www.ledomedeparis.com ou site officiel www.siddharthaloperarock.comDécembre 2019

Guillermo Guiz
au Tap Poitiers

L’humour belge à vif – Qu’il est agréable d’explorer d’autres contrées du théatre francophone et de se rendre hors de nos sentiers battus, en province, pour y découvrir des talents prometteurs. C’est le cas pour notre venue au Théâtre Auditorium de Poitiers (dit TAP), dynamique institution culturelle de Nouvelle Aquitaine qui nous reçoit dans un bâtiment futuriste et chaleureux, en fière opposition avec les nombreux monuments historiques de la ville de Poitiers.

 

Le Théatre Auditorium de Poitiers, une scène nationale particulièrement active, établie depuis 2008 dans ce cocon moderniste dessiné par l’architecte portuguais Joao Luis Carrilho da Graça, que nous avons eu également plaisir à découvrir dans son large auditorium lors d’un concert classique, - voir notre rubrique Concerts Classiques.

 

Ce soir là, l’affiche est prometteuse et enjouée: le trublion belge qui monte, Guillermo Guiz nous présente la mouture finale de son spectacle, lequel a bientôt 4 ans, tournant avec succès en Belgique et en France.

 

Nous voici dans dans beau théâtre flambant neuf de 800 places, comble, le public est venu nombreux et déjà acquis à celui qui fait parler de lui chaque semaine dans l’émission radio de Nagui. Quelques minutes avant le spectacle, la salle est dénumérotée, nous permettant de venir au plus près de là où l’action va se passer.

 

Le voilà planté devant nous, dans un décor absolument simple, l’enfant de la balle à l’accent belge croustillant (sans etre trop marqué), le beau gosse d’Anderlecht, ancien footballeur qui campe son style acidulé et sa gouaille vive, du haut de ses 37 ans. Le jogging est de mise, et le voilà se livrant à nous comme si nous le connaissions depuis longtemps. Le fringuant jeune homme nous fait penser à un Matt Pokora avec un esprit, il a la vanne facile et décomplexée, il distille son énergie spontanément, pour le plus grand plaisir de son public qui tombe vite sous son charme masculin et gamin.

 

Il ne manque pas d’assurance et on est tout de suite charmé devant autant de bagout et d’entrain. Guillermo, de son vrai nom Guy, se lance dans des diatribes en chaine, avec une ardeur nonchalante, lachant au détour d’une phrase une pique sexiste, raciste (au second degré) ou sexuelle (au premier degré cette fois). Tout cela contenu avec une certaine adresse, un subtil mélange de grossièreté assumée et de bon coeur, teintée d’une bonne dose de réalisme acerbe. On frise l’absurde, l’introspection vache étalée à tous mais il en ressort une sincérité unique qui nous tiendra en haleine pendant tout le spectacle d’1h30.

 

Guy Vertraeten s’en prend à ses parents, aux handicapés, aux noirs, aux cassos, aux femmes et à toutes les catégories de son imagination vécue, tournés en dérision. Une misse en perspective iconoclaste joviale qui nous surprend à chaque tirade.

 

Guy a tout fait et tout vécu, espoir du foot privé de club belge pour cause de faillite, gérant de discothèque, journaliste à France Soir, c’est désormais dans le rire pour les autres qu’il s’épanouit, une révélation vécue suite à la découverte du comique américain Luis C.K. Le belge bien bâti et tatoué manie la langue française avec une adresse remarquable, ce qui contraste assurément avec son physique de grand sportif belge. Un jeune talent comique qui nous fait penser à la verve de Desproges, avec une dose de XXIème siècle en plus.

 

Guillermo Guiz a un bon fond (c’est son titre) est un spectacle riche en rebondissements et en mises en abîmes, avec un thème récurrent toutefois: son auto-centrage sexuel assumé qu’il décrit avec franchise et sans a-priori, vif et brut, comme si un petit garçon découvrait ces choses-là. On en rit assurément. Guillermo-Guy nous montre une chose: il est un vrai maître du stand-up, il manie son verbe avec dextérité et nous fait entrer dans son univers et histoire personnels. Fin du fin, Guy nous sert en épilogue un extrait de son futur spectacle lancé début 2020, la tournée de ce spectacle s’achevant après plusieurs saisons au Point-Virgule et au Bataclan.

 

Un spectacle étonnant et un personnage attachant servi par l’une des plus belles salles de Nouvelle Aquitaine, à la sonorisation remarquable. Tout de bois clair revêtue, elle nous fait penser à ces théâtres de planches, pratiqué au tout début de cet art de rue. Nos remerciements s’adressent à Ingrid Gouband du TAP. Photos Arthur Pequin, Francis Bellamy et Thomas Braut. Le TAP de Poitiers, un grand théâtre de Nouvelle Aquitaine, établi avec passion au 1 Boulevard de Verdun, 86000 Poitiers - www.tap-poitiers.com et www.guillermoguiz.com Octobre 2019

La Nuit aux Invalides

Un spectacle parisien grandiose – C’est devenu notre célébration rituelle de début d’été à Paris: assister au magnifique spectacle haut en couleurs qui se tient chaque été depuis 2012 dans la majestueuse cour d’honneur de l’Hôtel National des Invalides. Un moment féerique qui en met plein les yeux, tant pour les grands que pour les petits. Pour sa 6ème saison renouvelée avec succès, nous voila propulsés dans 3000 ans d’Histoire de France, celle de Lutèce, le nom gallo-romain de Paris.

 

Déjà 400 000 spectateurs sont venus aux Invalides sous l’égide d’Amaclio, cette brillante société de production de spectacles hors normes, utilisant les façades de bâtiments historiques de France comme écrin de belles animations visuelles et sonores. 10 projecteurs laser 4K de haute définition vont magnifier ce bâtiment chargé d’histoire. 45 minutes de pur spectacle, présenté à la presse et aux happy-fews lors de cette avant-première exclusive. Nous sommes ravis de répondre favorablement à cette généreuse invitation, la veille du grand lancement public du spectacle.

 

Ce conte historique merveilleusement mis en images et mouvement est l’oeuvre créative de Bruno Sellier, grand spécialiste français de ce type d’animations nocturnes de haut vol. On l’a remarqué notamment avec La Conquête de l’Air au Grand Palais, aux Luminescences d’Avignon et les parisiens ont vu son riche talent avec Notre-Dame de Coeur projeté sur Notre-Dame.

 

Les émotions sont fortes lors de ce spectacle qui fait appel à la fibre historique du coeur des français, en ces lieux qui résonnent de faits historiques, un monument fondé par Louis XIV, embelli par Napoléon et utilisé depuis par la République. Les voix saisissantes d’André Dussolier, Jean Piat, Céline Duhamel et Jacques Roehrich rehaussent ces fresques magiques de sonorités douces ou fortes suivant l’effet recherché.

 

Des Gaulois à Clovis, Napoléon et De Gaulle et jusqu’à nos jours, 3000 ans de la riche histoire de Paris défilent sous nos yeux. Une fresque géante magnifique se dévoile sous nos yeux, c’est géant, immersif et incroyable, on se croirait dans un spectacle 4D tant c’est vivifiant et prenant. Des personnages tels que De Gaulle sont rendus à nouveau vivants dans ce récit historique foisonnant d’émotions. Trois écrans de pierre rénovés valorisent cette narration didactique et fidèle, célébrant les 250 ans de la naissance de Napoléon en particulier.

 

Nous voilà transposés dans le temps et telle une belle machine à voyager dans les époques, l’immersion est enveloppante, nous nous retrouvons à d’autres périodes de l’histoire de Paris, accompagnés par des personnages illustres qui nous racontent leur histoire et l’histoire de France. On aime ces fines arabesques et vitraux peints de cette belle façade, nous sommes pris par l’émotion tels de petits enfants devant un sapin de Noël tout illuminé. C’est très réussi et le public applaudit et ovationne en final.

 

Après 53 spectacles créés par Sellier, on sent la maîtrise aboutie de cet artiste accompli. La seconde partie du spectacle est toute aussi empreinte de symbolique et de lumière, avec l’illumination du Dôme des Invalides par 1000 chandelles. On déambule avec respect autour du tombeau de Napoléon, de Vauban, de Lyautey, de Foch et d’autres, sous une lumière bleue et rose. Un moment nocturne inédit en plein Paris.

 

Nous avons eu grand plaisir à vivre une telle émotion intense au cours d’un spectacle ludique et sensationnel en nocturne en plein Paris, certainement un clin d’oeil romantique idéal cet été. Une belle épopée romancée qui va célébrer son millionième visiteur cette année. La Nuit aux Invalides, certainement un immanquable de cet été 2019 à Paris. Il est, avec les réjouissances nocturnes de Versailles, l’une des attractions les plus séduisantes de chaque été à Paris.

 

Nos invités de la presse étrangère ce soir là bénéficient d’une traduction instantanée en anglais et en espagnol. Un grand spectacle nocturne à retrouver du mercredi au samedi, jusqu’au 30 août à 22H30 en juillet et à 22h en août. On peut retrouver cet été en France les autres spectacles d’Amaclio: Les Chroniques du Mont au Mont Saint-Michel, la Cité des Pierres Vivantes à Carcassone et Moulins entre en scène, une nouveauté à Moulins dans l’Allier. Pour ce spectacle mémorable en émotions riches, nos remerciements s’adressent à Diane Soulié et à Mari-Gwen Carichon d’Amaclio et à notre collaboratrice Dina Ismagilova. Photographies: Luc Arden - www.lanuitauxinvalides.fr et www.amaclio.com - Juillet 2019

Le Rock'in 1000
au Stade de France

Un concert rock magistral – Depuis plusieurs mois, nous surveillons les communiqués de l’agence de presse parisien Sébastien d’Assigny à l’affût des nouvelles de cet événement rock atypique: le Rock’In 1000 au Stade de France. Un concept unique en France et en Europe, d’origine italienne, en la personne d’un petit groupe de musiciens amateurs qui se sont mis l’idée en tête de faire jouer par 1000 musiciens amateurs un titre des Foo Fighters pour les faire venir jouer dans leur petite ville de Cesena.

 

Quelques mois après, après une vidéo devenue virale mondialement, pari réussi: les Foo Fighters sont là en Italie et désormais le concept devient une succès story: une tournée européenne est lancée, toujours réunissant un millier de fous heureux sur scène, amateurs mais talentueux pour présenter les titres mythiques d’AC/DC, de Nirvana, des Rolling Stones et bien d’autres.

 

En ce 29 juin, au lendemain de la finale France-USA du mondial féminin, c’est Philippe Manoeuvre, l’un des plus célèbres rockers de l’Hexagone qui sera à la manœuvre ce soir (heureux jeu de mots). C’est une première pour nous au Stade de France, on s’attend donc à du grandiose, nous allons être servis.

 

On aime cette idée simple de réunir sur scène de parfaits inconnus qui s’éclatent dans leur art, avec bonne humeur et happy attitude. Le coeur du groupe des italiens est là pour transmettre cette feel good vibe. Ils seront sous la coupe d’un chef d’orchestre des plus dynamiques.


Le décor est grandiose par cette enceinte gigantesque, 50 000 personnes sont bientôt rassemblées ici, clamant des titres archi-connus de répertoire rock. Assis en Zone J, nous contemplons toute cette foule rassemblée, bon enfant et tout sourire, malgré la canicule qui bat son plein. 1038 musiciens amateurs vont se produire ici, sélectionnés sur 5000 candidats pour interpréter 19 classiques du rock, du jamais vu en France.

 

Nous pénétrons dans l’arène géante, elle est remplie aux trois quarts, car les besoins de la scène l’exigent. Dans la foule, tous les âges, des plus jeunes enfants équipés de casques de travaux aux plus anciens vintage, témoins des années folles du rock. Tatouages, boucs et gros muscles se montrent ici, mais dans une ambiance décontractée et même familiale, ce qui nous étonne même un peu, nous nous attendions à moins de calme et de sagesse en ces rangs. T-shirts au nom de groupes légendaires, bière qui coule à flot ajoutent à la célébration commune des joies du rock, en présence du Biggest Rock Band on Earth, le plus grand groupe du rock de la Terre comme l’annonce fièrement les écrans géants. Tous sont venus partager de belles émotions. L’enceinte du Stade aux lignes épurées est impressionnante, nous sommes au plus bas et au plus près de la scène.

 

Treillis et cheveux gris seyants, un DJ émérite en première partie chauffe les happy few rassemblés ce soir, dansant sur des vinyles d’anthologie reprenant les titres phares du rock. Jack Lang fait une apparition en guest star impromptue sur la piste, suivi du groupe des fondateurs italiens de cet évènement hors normes, fruit des miracles technologiques du XXIème siècle.

 

Car c’est en 2015 que tout a commencé, où suite à un crowdfunding de 6 mois, Fabio Zaffagnini, un géologiste marin de 43 ans passionné de musique fait le pari insensé de rassembler 1000 musiciens venus du monde entier pour jouer un titre des Foo Fighters. La vidéo devenue virale compte 49 millions de vues à ce jour et dès lors, chaque année, ces fous furieux attachants conçoivent une grande messe haut en couleur, festive et musicale.

 

En 2016, ils jouent au stade Dino-Manuzzi de Cesena, en 2017 à Val Veny (Mont Blanc), en 2018 à Florence avec en marraine la rockeuse Courtney Love et pour la première fois en dehors d’Italie, les voilà au Stade de France en ce 29 juin 2019, pour le plus grand bonheur de ces français amateurs d’un rock décomplexé et bon vivant qui feront la vedette ne serait-ce qu’un soir.

 

Sous la chaleur étouffante de la canicule qui frappe Paris, les rires et accolades vont bon train dans le public. Une séquence Kiss en direct est lancée et les couples se prennent au jeu, sous une musique glamour d’Elvis. Le meilleur look masculin et féminin est élu, ils repartiront avec des instruments rock. Une holà géante est lancée, le show est prêt à commencer.

 

Tels des rockstars, le présentateur appelle un à un les groupes de musiciens qui vont composer l’orchestre. Les 197 bassistes ouvrent le bal, descendent les marches depuis le fond du stade, ce sont tous des amateurs, de tous les milieux, tous unis par la passion de la musique. Viennent ensuite les 238 batteurs, puis les 394 guitaristes et enfin les 104 chanteurs et 105 chanteuses. Tous ont le sourire aux lèvres, jouer ici est une première et certains se sont affublés de doudous, de masques de lutteurs, de casques de vikings ou sont déguisés en Mario Bros ou Superman. La grande kermesse du rock peut commencer.

 

Philipe Manoeuvre, le plus célèbre des critiques rock de France est le maître de cérémonie parfait du show, il va même donner de sa personne. Amitié, sincérité et bonnes anecdotes vont rythmer ses habiles interventions tout au long du spectacle. Il accueille le chef d’orchestre de ce soir, Alex Deschamps, vêtu d’une veste rouge, qui tel un toréador, va littéralement se déchaîner sur scène, étant un spectacle à lui tout seul. Il fait jurer à tous ses musiciens de ne pas faire de fausse note.

 

Oui le rock n’est par mort Philippe, et soudain les 1000 musiciens se lancent avec toute la puissance des watts poussés à fond, avec un survolté Highway to Hell d’ACDC. Enorme et rageur, tout le Stade tremble devant autant d’énergie réunie et qui fait un seul corps avec son public. On remarque que certains batteurs ont des baguettes lumineuses, qui transparaissent sous les fumigènes déclenchés. Les 400 batteurs sont particulièrement impressionnants car on les voit tous en rythme à la seconde près.

 

Sans tarder, vient Should I stay or Should I Go des Clash qui donne le Là du spectacle: du rythme, de l’action. Chaque instrument a son carré répartit sur scène et des gurus-coachs donnent la cadence et motivent les troupes qui effectuent toutes sortes de mimes ou de contrepétries, ajoutant à la folie de ce spectacle géant.

 

Puis, nous voici dans la génération de votre rédacteur, avec Smells like Teen Spirit de Nirvana. L’effet dégagé est spectaculaire, quelle idée incroyable d’avoir pensé à rassembler autant de talents sur scène. Les musiciens amateurs ont tous été auditionnés et ont travaillé dur pour répéter. Aujourdhui, Rock’in 1000 est une communauté forte de 10 000 personnes qui évolue autour de ces grands rassemblements musicaux. Vont suivre pendant 3 heures tous les titres incontournables du rock, des années 60 aux années 90.

 

On admire les belles scénographies lumineuses et pyrotechnies réussies. Il y aura bien sur le titre Learn to Fly des Foo Fighters, qui est devenu un peu l’hymne de Rock’in 1000. Rock’in 1000, est la preuve que tout le monde peut faire du rock. Nous sommes ravis de voir des femmes parmi les musiciens. Des batteuses, des guitaristes et des bassistes égayent cette assemblée de gentils fous.

 

Pour cette première édition en France, il fallait bien faire un clin d’oeil au répertoire rock hexagonal. Vient sur scène Norbert dit Nono, guitariste de Trust mais aussi de Johnny Halliday. Le Stade entier se lance alors dans un Allumer le Feu déchaîne, en version karaoké géant, certainement le plus grand karaoké de France. S’en suit le mythique Un autre monde de Téléphone, lui aussi en karaoké.

 

Le public exulte, danse et chante à doisin, une vraie party géante, comme un immense festival rock réuni dans le Stade de France. Le Seven Nation Army des White Stripes, autre titre iconique s’enchaîne et est repris tout en coeur par la foule. Le chef d’orchestre, chien fou attachant passe à travers tous les groupes de musiciens, théâtral et burlesque.

 

Si nous n’avions pas oublié les boules quiès, tout aurait été parfait. Nous avons vécu un joli moment festif, une plongée d’un soir dans l’univers explosif du rock, porté par des amateurs courageux et passionnés, qui nous ont donné un bel exemple de communion des talents. Un show parfait, gigantesque et décomplexé, qui nous a séduit par son bon esprit communicatif. Seul regret, de ne pas avoir vu Bitter Sweet Symphony de The Verve et ses violons à cette édition, un titre qui fût joué en 2016 à Cesena. L’appel est lancé pour l’année prochaine.

 

Pour ce formidable évènement, nos remerciements s’adressent à l’agence de presse spécialisée Sébastien d’Assigny. Un show gigantesque et attachant qui annonce les réjouissances de l’été, à retrouver à L’Arena de Frankfurt le 7 juillet 2019 et qui s’est joué dans l’impressionnante enceinte du Stade de France 93200 Saint-Denis - www.rockin1000.com - Juillet 2019

Le Montgo Rock Festival

Un festival espagnol chatoyant – Le printemps est l’anti-chambre festive aux grands festivals de l’été et nous voulions parler dans cette rubrique d’un festival européen à taille humaine. Direction est prise en ce mois de mai pour l’Espagne, pour découvrir le Montgo Rock Festival (ou MRK), un jeune festival établi dans la ville balnéaire de Javéa, l’une des perles de la Costa Blanca.

 

Pour nous y rendre, nous atterrissons soit à Valencia, soit à Alicante et une petite heure de route après, nous sommes à côté de Dénia, juste en face d’Ibiza pour nous réjouir d’un beau soleil de printemps sur le port typique du village côtier ou sur l’Arénal. Les préparatifs du festival vont bon train, installant deux scènes près de la marina, avec un large espace recouvert d’herbe synthétique qui donnera un air champêtre aux festivités placées sous l’égide du rock sous toutes ses formes. Un système de tokens nous permet de nous désaltérer ou de nous restaurer entre chaque groupe qui se succède sans délai de plateau en plateau.

 

Le festival tire son nom de la montagne du Montgo, mont emblématique de la région, situé aux portes de Javea, qui est l’une des plus jolies montagnes de la Costa Blanca, elle fait partie de même massif qu’Ibiza. Elle est à Javéa ce qu’est la Table Montain à Cape Town. Il domine le paysage du festival.

 

La programmation 2019 présente un rock espagnol, avec toute sa variété et sa richesses, allant du jazz rock à du rock plus musclé, sans pour autant tomber dans le hard rock ou du métal. Le panel des invités à la programmation de cette année est large, regroupant des talents confirmés en Espagne ou plus novateurs, pour livrer des rythmes inédits à nos oreilles. Une découverte en soi, saluée par un beau soleil.

 

Le festival se déroule sur deux jours, vendredi et samedi, alliant une partie jouée en plein jour et une autre de nuit, par des sets continus de 17 heures à 2 heures du matin. Nous découvrons un public venu nombreux, local et international, attiré par la belle programmation hispanophone, dont certains groupes bien connus dans le pays de Cervantès.

 

Le Montgo Rock Festival agit comme un baume rafraîchissant permettant de découvrir non seulement des talents et des artistes confirmés mais aussi une chaleureuse ambiance où chacun peut profiter de l'instant présent tout en se laissant envahir des nombreux rythmes musicaux proposés tout au long de ce festival. C'est un moyen de se déconnecter momentanément du monde extérieur et tout simplement prendre un bol d'air frais «à la Javea».

 

Notre rédaction a fortement apprécié le Montgo Rock Festival pour la qualité des artistes proposés mais aussi pour son organisation. Ce fût ainsi très facile de plonger dans l'univers festif de cet événement et de se mélanger à un public qui ne demandait qu'à passer des moments musicaux conviviaux. Une belle réussite et un atout supplémentaire pour une région où il fait bon y vivre.

 

Nous sommes frappés par l’ambiance bon enfant du festival, les gens y sont sympathiques, ouverts et détendus, ce qui contraste avec la programmation rock de celui-ci. Les locaux y sont même venus en famille, se réjouissant d’animations ou de restaurations ambulantes organisées tout autour des plateaux scéniques. La sécurité est bien organisée et aucune bousculade n’est à déplorer, tout le monde est particulièrement sage, debout ou assis sur la pelouse, applaudissant leurs groupes préférés.

 

Pour notre part, nous découvrons en néophytes certains groupes présents au programme de cette session 2019 tels Tarque, Bebe, La Fuga ou Ivan Ferreiro. Vendredi soir, notre groupe préféré sera BadLands avec sa chanteuse particulièrement douée qui mêle du chant espagnol typique à des harmonies rock. C’est très réussi, en sus d’un jeu de lumières habile qui met en valeur le plateau.

 

Le lendemain samedi, nous nous rendons dans l’après-midi au festival qui avec ce soleil radieux, la belle montagne du Montgo en arrière-plan prend tout de suite des airs de Coachella californien. Nous assistons à une performance des plus stylées et poétiques de la formation Morgan, un groupe espagnol clavier, voix et guitares qui nous fait penser au meilleur du rock, à la fois suave, moderne et rythmé. Nous sommes charmés par la voix de la chanteuse du groupe, qui se révèle être l’une des meilleurs chanteuses et clavier de ce festival 2019. Elle conquit le public qui ovationne ce très beau set. Un groupe poétique et spirituel presque qui a donné le meilleur de soi et du rock, félicitations.

 

Nous nous rendons sur la seconde scène pour assister à la performance d’Angel Stanich, un groupe de 5 musiciens hors pair avec un chanteur rempli d’énergie. Avec ce coucher de soleil et son style unique, nous pensons immédiatement aux BeeGees, nous assistons à un pur moment de rock’n’roll partagé, un autre set de qualité du festival valencien.

 

Nous repartons ravis d’autant d’émotions vécues pour et par un si grand nombre, avec un festival bien organisé à taille humaine. Pour cette découverte printanière en Espagne, nos remerciements s’adressent à Anitta Ruiz. Le Montgo Rock Festival, un évènement festif établi depuis 2016 à Via Augusta 94, Javea, Espagne - www.montgorock.esMai 2019

Le Paradis Latin

Un grand show de music-hall renouvelé – Le music-hall parisien évolue et le fait avec brio au nouveau Paradis Latin avec sa toute dernière revue intitulée l’Oiseau Paradis. Nous voici conviés avec plaisir au dîner-spectacle de la grande première de la dernière création du célèbre cabaret parisien Le Paradis Latin avec en tête d’affiche la médiatique Iris Mittenaere, autrement connue pour être devenue Miss France puis Miss Univers en 2016. Nous nous rendons intrigués à cet événement très attendu, annoncé à grand renfort de communication publique. Le Paradis Latin, révolutionné par l’homme d’affaires franco-brésilien (ex-énarque) Walter Butler, fait parler de lui et nous sommes ravis d’assister à la renaissance artistique d’une salle qui s’était assoupie quelque peu.

 

C’est un grand soir en ce 2 mai, le Tout-Paris des arts, des médias et de la mode est venu applaudir cet évènement d’inauguration. Smokings ajustés et robes tendance sont de rigueur parmi les happy fews, un air de Great Gasby flotte sur l’assistance et sur cette belle grande salle que nous découvrons pour la première fois.

 

Nous voici installés à dîner, certes un peu serrés car la salle est archi-comble pour ce premier acte du nouveau cabaret. Pour pallier à cela, la brigade toute de noire vêtue joue de célérité et d’attentions et arrive à servir les 700 places assises sans coup férir, en flux tendu des plats chauds. Nos voisines sont issues de la mode ou de la danse, tout ce petit monde parisien est venu applaudir des amis danseurs ou costumiers qui ont oeuvré à monter ce grand spectacle en seulement deux mois, un exploit.

 

Nous sommes accueillis par un champagne Malard Brut (il s’en écoule plus de 45 000 bouteilles en ce lieu chaque année) puis par un Bordeaux Carons de Guyenne 2017 (plus de 80 000 bouteilles sont bues ici par an), nous aurions pu aussi jeter notre dévolu sur un rosé Domaine de la Brillane Bio des Coteaux d’Aix en Provence. Notre entrée donnera droit à un saumon fumé tranché main et fumé au bois de hêtre et à un délicieux foie gras de canard et sa brioche dorée.

 

Nous admirons l’architecture de cette salle élégante, construite sur ordre de Napoléon en 1803, détruite en 1870 et reconstruite par Gustave Eiffel en 1887 en même temps que la célèbre Tour. Un chef d’oeuvre de classicisme et d’orfèvrerie d’art, répartie sur deux niveaux. Cette nouvelle revue célèbre les 130 ans du cabaret et le fait avec audace et panache. Nos plats sont accompagnés d’un e performance sur scène intimiste, faisant appel à de la chanson des années 20 et 30 puis à une formation classique live. On se croirait dans un gentlemen’s club londonien ou dans un pub caché du temps de la prohibition, surtout que tout le monde s’est mis sur son 31 ce soir là (à l’exception d’un car de touristes indiens en fond de salle qui n’ont pas été prévenus à l’évidence).

 

Nous donnerons langue à un filet de daurade rôti au citron confit et à un émincée de magret de canard, sauce aux airelles et miel, rosace Anna, un fin régal dans la pure tradition de la cuisine gastronomique française. Quelques transformistes et une Madame Loyal énergique passent dans l’assistance d’humeur bon enfant pour égayer les convives et commencer à chauffer la salle.

 

Le dessert servi, un nougat glacé et son coulis de fruits rouges préparés par les chefs MOF Serge Bréda et Jean-Jacques Massé, le grand show peut commencer avec l’apparition par le fond de la salle d’Iris en lumineuse meneuse de revue, toute de rose et corset vêtue, auréolée de magnifiques plumes de haute couture française.

 

Nous entrons vite dans la narration de ce spectacle, submergés devant autant d’énergie vive. Les numéros s’enchaînent avec célérité, aucun temps mort dans cette dynamique production. Certains petits réglages restent à faire mais cette première est particulièrement réussie, le public est conquis dès les premiers instants.

 

Tout à tour, nous voilà transportés à New-York, Las Vegas, sous le mers, dans les années 70 ou dans le futur, les numéros dansés libèrent sur scène une énergie rare, spontanée et généreuse. Nous sommes loin des revues formatées et impersonnelles d’autres maisons parisiennes. Une énergie libre s’y exprime et partage son bonheur pour le spectacle.

 

On ne présente plus la ravissante Iris, la belle ingénue de 26 ans originaire de Lille, deuxième française à devenir Miss Univers depuis 1953. Fraîche et souriante, elle illumine la scène de sa gentillesse et de sa bonne humeur, l’assistance retient son souffle à chacune de ses apparitions. Elle donne une dimension de jeunesse à ce grand show et on sent la passion du spectacle qui l’habite. Elle n’en demeure pas moins une tête bien faite elle qui suit des études dentaires. Elle présidera à cette revue avec élégance jusqu’en janvier 2019.

 

Nos numéros préférés resteront ceux des robots dansants, des équilibristes à la baignoire ou encore le tableau marin de l’aquarium. Nous avons aimé les amusants intermèdes du lanceur de couteaux maladroit, tel un Charlie Chaplin au talents néanmoins affûtés.

 

Kamel Ouali, 47 ans, est un travailleur acharné. Le fameux chorégraphe a travaillé d’arrache-pied pour monter cette célébration des arts vivants français en quelques mois. Rendu médiatique par sa participation à la Star Academy dès 2001, assurant les chorégraphies des Dix Commandements en 2000 et du Roi Soleil en 2005, Kamel s’est inspiré de la quintessence du music-hall français, une discipline fondée en ces lieux, jadis fréquentés par Balzac, Dumas ou Mérimée vers 1839. Le spectacle donne droit à des versions futuristes de cet art, faisant appel à des musiques modernes (Depeche Mode, Rihanna, Rocky entre autres).

 

Les 500 costumes de la production ont été réalisés par la maison de haute couture française On Aura Tout Vu, connus pour faire les costumes de scène de Rihanna ou de Katy Perry. L’effet visuel est saisissant, tous les numéros mettent en valeur ces magnifiques créations multicolores. Les décors d’Alain Lagarde subliment chaque numéro. On notera l’habile jeu des miroirs permettant au public de tout voir sur scène ou ces splendides trapèzes aériens ou cheval ailé survolant le public avec majesté. Des jeux d’incrustation vidéos et de mapping sont au programme, notamment pour la séquence de l’aquarium géant.

 

Cette grande parade de music-hall ne pouvait faire l’impasse sur deux classiques fondateurs: le French Cancan et la Marseillaise. Deux French Cancans sont exécutés: un abstrait inspiré du Modern Art et le second, faisant penser à un West Side Story déchaîné. Dans ce French Cancan lumineux et ensoleillé, on sent la patte de Marie-Laure Philippon venue des Folies Bergères, l’une des grandes spécialistes françaises de cette danse nationale. La Marseillaise est l’objet de l’apparition d’Iris avec des ailes tricolores scintillantes, nous avions rarement vu une Marseillaise aussi riche d’effusion, précédée d’un Ca Ira des Sans-Culottes. Toute la salle applaudit à tout va.

 

The show must go on, la Madame Loyal toute de cuir vêtue assure la fluidité de l’ensemble de ces numéros courts qui se succèdent. Des numéros très graphiques, s’appuyant sur des tubes musicaux éprouvés. Le cabaret ne pouvait omettre quelques séquences d’effeuillage suivant des tableaux qui rappelleront sans doute l’esthétique moderne du Crazy Horse ou de Dita Von Teese. Côté séquence romantique, on apprécie cette danse en duo sur les toits de Paris. Le public est mis à contribution sans toutefois monter sur scène et le cabaret reste proche de lui, annonçant un anniversaire ce soir là.

 

Un kaléidoscope de lumière et de couleur sera le fil conducteur du spectacle, plaisant et facile à suivre et qui révèle une cohérence harmonieuse. Tel un Oiseau Paradis qui prend son envol, voici le Paradis Latin relancé par une féerie de joie et de performances réussies, s’achevant par le grand final blanc, tradition de la maison. Pour cette brillante redécouverte, nos remerciements s’adressent à Alexia et à Daisy Spinau de l’agence HappyDayz. Le Paradis Latin, un nouveau grand cabaret parisien qui renaît, établi avec audace au 28 Rue du Cardinal Lemoine, 75005 Paris - www.paradislatin.com - Mai 2019

Bienvenue dans la coloc
au Café de la Gare

De drôles mais attachants colocataires – C’est au Café de la Gare que nous avons rendez-vous pour notre soirée théâtrale. Au fond d’une cour parisienne, au cœur du mythique quartier du Marais, nous découvrons une salle de représentation originale, conviviale et très intimiste. Nous prenons place sur les grandes banquettes et sommes impatients de découvrir la pièce de Jocelyn Flipo après Sans Valentin.

Dès l’ouverture du rideau, les comédiens nous donnent le ton de la pièce: musique rythmée, décor moderne et coloré… tout est là pour représenter un joli petit appartement. Nous faisons la connaissance de quatre jeunes adolescents, tous en colocation. Ils recherchent un nouveau colocataire pour partager leur vie mais surtout le loyer. Après de nombreuses recherches ils trouvent la personne idéale qui n’est autre qu’un «beau gosse» qui semble parfait sur tous les plans. Mais réussira t il à cohabiter avec une artiste nymphomane, une maniaque du rangement et du ménage, un roi de la manipulation et du mensonge et  un geek atteint du syndrome de Peter Pan? Pas si sûr !

Les cinq colocataires atypiques ainsi que leur propriétaire « fou » nous transportent facilement dans leur univers. Au fil des répliques, les rires envahissent la salle. Nous nous prenons d’affection pour chacun des personnages et leurs histoires personnelles. Nous avons l’impression d’être réellement au cœur d’une colocation. Entre amitié, amour, mensonges et révélations; les comédiens enchaînent les références, les vannes et même les chansons.

Des sentiments de suspens et d’impatience de connaître le dénouement et la suite de leurs parcours personnels nous tiennent en haleine. Une véritable morale de tolérance et de liberté se détache de cette pièce. Seulement six comédiens sur scène et pourtant ils mettent le feu aux planches et nous ne nous ennuyons pas une seule seconde.

Un bien fou d’assister aux bonheurs comme aux malheurs de ces cinq amis. Chaque spectateur peut s’identifier à l’un des personnages. On aime ce genre de comédie simple et réaliste, où le rire comme les larmes sont faciles. Nous apprécions la proximité des comédiens avec le public qui nous permet un peu plus de se plonger dans l’histoire. Sans fiction, juste en représentant la vie simple, «Bienvenue dans la coloc» a su nous séduire. Nous en redemandons encore et encore. Nous soulignons le choix des titres musicaux, les décors minimalistes mais efficaces, la mise en scène de Yohan Genin et le talent de la troupe.

Notre coup de coeur se porte vers le jeune comédien Léo Grêlé. Il interprète son personnage à merveille. Son humour, son profil atypique et enfantin nous touche beaucoup. Son rôle lui va aussi bien que sa combinaison jaune ! Sur scène avec lui la jeune et talentueuse Léa Zerbib. Elle sait faire évoluer et grandir son rôle parfaitement. Au départ intrigante, nous aimons suivre son histoire d’amour avec Antoine Bordes. Nouveaux dans l’art théâtrale, nous ne doutons pas qu’un bel avenir sur les planches s’offre à eux.

La rédaction de GoûtsetPassions remercie la très aimable invitation de François Mayet. Nous espérons renouveler notre visite au chaleureux Café de la Gare - Mars 2019

Celtic Legends
à l'Olympia

Un spectacle énergique et coloré – En cette soirée veille de la Saint-Patrick, nous célébrons plusieurs premières fois: notre première venue à la fameuse salle parisienne de l’Olympia, notre première participation à une performance de danses celtiques et notre première couverture du spectacle Celtic Legends, pour vivre une soirée des plus plaisantes. A deux pas de La Madeleine et de l’Opéra, s’élève l’immense façade de néons rouges qui affiche fièrement le titre de ce spectacle irlandais qui vient de fêter avec panache ses 15 ans de tournées (en 2017). Il est loin le temps où un petit groupe de jeunes musiciens et danseurs de Galway concevaient un spectacle innovant mettant en valeur les arts vivants traditionnels de l’Ile d’Emeraude. Depuis sa création initiale en 2001, ce condensé d’énergie et de joie festive a rassemblé plus d’un million de spectateurs à travers toute l’Europe, autant dire que la promesse des réjouissances annoncées était haute ce soir-là.

 

Nous sommes ravis de pouvoir assister à ce nouvel opus revisité en 2017 par la chorégraphe Jacintha Sharpe, qui est aussi une tap danseuse du show, originaire de Kildare, un grand spectacle remastérisé avec la collaboration de Sean Mac Carhty, son directeur musical, qui est aussi Uilleann piper, du nom de cette cornemuse irlandaise qui se joue avec le coude. L’immense tapis rouge de l’Olympia nous accueille et nous découvrons la salle mythique de 1996 places, qui reste le plus ancien music-hall de Paris (ouverture en 1893). Le public de tous âges est venu nombreux, la salle est comble.

 

Sous le jeu des lumières admirables de William Blot, nous découvrons une entrée de scène magistrale, où les 20 danseuses et danseurs se produisent avec intensité, élégance et vigueur, revêtus de leurs costumes étincelants. Ils sont accompagnés d’un orchestre d’exception, six musiciens irlandais et leurs instruments traditionnels qui comptent certainement parmi les plus doués d’Irlande vu leur niveau. Nous découvrons aussi la grâce et la délicatesse du tap dance irlandais, riche de vivacité et de rythme. La troupe tout sourire exécute ces pas millimétrés avec une facilité apparente, nous savons que tel n’est pas le cas. La musique irlandaise live nous transporte immédiatement vers une découverte des contrées sauvages de l’île du nord, d’autant plus que l’ouverture se fait sur un connemara calico que la salle reprendra bien évidemment, en pensant à la fameuse chanson de Michel Sardou (lequel établi d’ailleurs le record de durée sur scène à l’Olympia en 1995).

 

La jeune troupe danse comme un seul homme et c’est beau à voir. On sent la passion et aussi tout le travail derrière chacun de ces numéros qui s’enchaînent sans temps mort. Ce que l’on apprécie dans ce spectacle, c’est l’alternance harmonieuse de passages dansés et ceux purement musicaux, laissant place à de jolis solos avec chacun des musiciens de l’orchestre. On y distinguera l’accordéoniste Conor Moriatry, très doué, Daniel Nunter au violon irlandais (le fiddle), Sarah Markay aux twin whistles (flûte traditionnelle) et surtout Colum Morrison à la guitare et au chant qui n’a pas son pareil pour enflammer la salle ou pour blaguer avec elle.

 

Se succède avec entrain une farandole de titres et numéros tels que Spanish Armada, Atlantic Rhythms, Rocket to the Moon, the Roseville Flair ou Calliope House. Un entracte mérité nous permet de nous remettre de ces vives émotions. On admire la maîtrise parfaite de ces jeunes danseurs mais déjà confirmés puisque la tap dance est enseignée dès l’âge de 4 ans et fait partie du parcours scolaire typique en Irlande. La séquence des balais évoque certainement le grand spectacle Stomp qui s’en rapproche par le jeu adroit des percussions.

 

 

Deux heures de pleine énergie et de joyeuse jeunesse, cela réchauffe les coeurs. Aucune lourdeur dans ce spectacle qui est tout aussi bien un concert de musique irlandaise, servi par d’excellents performers, tant dans l’orchestre que côté danse. On sort de la salle des étoiles plein les yeux, avec le doux souvenir de ces magnifiques balades et ces tableaux rythmés. La salle ovationne debout, conquise par la proximité au public que cette jolie troupe a su créer. Humour et bonne humeur ont prévalu sur scène pour donner un air de camaraderie spontanée bien irlandaise, nous nous croyons dans un joli pub d’Irlande ce soir-là.

 

On aime cette énergie et joie communicative livrée sur scène, c’est un spectacle haut en couleurs et en émotions. La salle entière vit un grand moment et reprend en choeur une chanson traditionnelle irlandaise. Nous avons l’impression réjouissante de vivre un concert d’Ed Sheeran couplé à du Riverdance, c’est très réussi. Nous apprécions en particulier les solos, qu’ils soient instrumentaux (solo du bodhran le tambour traditionnel) ou dansés (solo des femmes, solo des hommes).

 

Pour cette heureuse découverte, nos remerciements s’adressent à l’agence de communication Sylvie Desnouveaux. Celtics Legends est en tournée dans 36 villes de France et s’est produit ce soir là à l’Olympia, la grande salle parisienne de music-hall établit avec succès au 28, bd des Capurcines 75009 Paris. - www.celticslegends.co.ukMars 2019

Les Ehrlich Brothers
au Dôme de Paris

Un show fantastique et convivial – Au lendemain de notre participation au spectacle intimiste de Gus à Paris (voir cette même rubrique), nous étions conviés à une autre manifestation de magie, se plaçant aux antipodes: le grand spectacle de magie des Ehrlich Brothers, deux jeunes allemands surdoués de la magie aux effets étonnants, qui nous livrent pour une date unique en France, le summum de la magie internationale renouvelée.

 

Nous pénétrons dans la grande arche bleue du Dôme de Paris-Palais des Sports, lieu mythique des spectacles parisiens à grande envergure. Ce soir, la salle reçoit 4000 spectateurs conquis, pour la plupart des fans, notamment des allemands venus en nombre, pour qui le duo des frères EB est particulièrement connu Outre-Rhin.

 

L’animateur chauffe la salle et le spectacle commence, comme un grand show à l’américaine, avec force deux d’artifices et lasers, qui sera de plus filmé ce soir là (pour un DVD à paraître). Apparaissent les deux frères goguenards, téléportés simplement sur scène dans une cabine transparente, nous sommes bluffés, nous voilà de prime abord transportés nous-mêmes dans un étonnant voyage magique pour 2h30 de fortes émotions, qui réjouira autant les grands que les petits.

 

Boum, bam, tout est explosion et joie chez les Brothers, un peu coiffés comme Tokyo Hotel. Cotillons, pyrotechnies et confettis font bon ménage pour la plus grande joie des spectateurs, tous conquis. Venir voir les EB, c’est l’assurance de vivre un grand moment d’émotion et de partage. Nul n’avait réussi à créer autant de proximité dans d’aussi grandes salles.

 

Si la démesure est de mise dans ce spectacle, ce qui nous frappe d’entrée de jeu est la proximité des deux artistes avec leur public, qu’ils n’hésitent pas à bousculer gentiment, chambrer et bien sur, à faire monter sur scène. Tout sourire, les deux compères enchaînent à vive allure tous leurs numéros, sans l’ombre d’un temps mort. Une mécanique bien rôdée, soutenue par un staff de 70 personnes qui les accompagnent sur leurs grandes tournées allemandes, forte de 40 semi-remorques.

 

Il est bien loin le temps où les deux jeunes frères s’entraînaient et montaient leurs numéros dans leur garage sous l’oeil bienveillant de leur père, à qui ils rendent hommage dans ce spectacle. Andreas commence à 8 ans la magie, bientôt rejoint par son frère Christian à 16 ans. Depuis 2000, ils travaillent ensemble pour mettre au point leurs numéros exceptionnels, ce qui peut prendre jusqu’à deux ans. Préférant se lancer eux-mêmes plutôt que de vendre deux numéros au célèbre David Copperfield, ils fondent en 2012 leur première tournée, seuls car aucun producteur allemand ne veut les suivre, pour finir par vendre 55 000 billets et achever ce parcours inespéré le 11 juin 2016 devant 40 000 spectateurs à l’Arena de Frankfort, établissant deux records mondiaux au passage.

 

Leur mère, présente dans la salle ce soir et qu’ils remercient en direct, peut être fière de ces deux fils prodiges qui nous étonnent et nous charment par des numéros variés, tantôt grandioses (apparition d’un Monster Truck sur scène), tantôt romantique (danse de couple sur du Ed Sheeran, la robe de la danseuse changeant de couleur instantanément sous nos yeux), ou encore des close-ups de qualité (jeux de cartes modifiés, pièces de monnaie qui traversent une table en verre, transformation de billets). Le spectacle fait appel au meilleur de la magie actuelle et la dépasse, dans un format qui n’aurait rien à envier à une production de Las Vegas.

 

On en prend plein les yeux et le coeur, tant l’émotion vraie est le fil conducteur de ce spectacle qui marquera les esprits. Les frères font tantôt appel à une kermesse simple (la baudruche-caniche), tantôt à de l’auto-humour (explication du lion dans la cage) ou du très grand spectacle de niveau international (la Harley véritable qui sort d’un Ipad géant).

 

De bout en bout, nous sommes émerveillés et le petit enfant qui est en nous vit une belle soirée rafraîchissante. Notre esprit cartésien tente de tout comprendre mais n’y arrive pas, en particulier pour expliquer comment les rails d’acier sont modifiés en forme de coeur devant nos yeux (nous l’inspecterons à l’entracte sous toutes les coutures) ou encore la lévitation de Christian simplement soutenu par la main de son frère.

 

Les enfants autour de nous se régalent et notamment lors du final Frankenstein, l’immense scie découpe Andréas, et nous voyons ses jambes marcher toutes seules sur la scène, incroyable et sidérant. Ce que l’on aime chez ces deux frères surdoués de la magie, c’est leur proximité avec leur public, leur gratitude sincère et leur amour du métier, une passion à émerveiller les autres qui transparaît à chacune de leurs actions.

 

Séquence émotion familiale avec le coeur qui lévite dans le ciel, les flocons de neige qui apparaissent tous seuls et une jolie balade romantique avec Andreas au piano, Chris faisant léviter une rose devant notre accompagnatrice de ce soir, la chanteuse française Marie Selepec-Wagener, laquelle nous livre son émotion: Les Ehrlich Brothers ou le nouveau duo pleins de surprises qui innove dans l’art de la magie dans lequel on croyait avoir fait le tour. En plus d’apporter un nouveau souffle à l’univers de l’illusion avec des tours modernes et explosifs (c’est le cas de le dire, flammes, étincelles, feux d’artifices, coiffures déjantées sont au rendez-vous) qui leurs sont propres, ces deux frères sont drôles et sympathiques. C’est un spectacle riche! Riche en illusions bien menées, nous mettant consécutivement dans une position déconcertante d’incompréhension, délicieuse tout de même...car spectaculaire. Mais aussi riche d’humour, ils ne manquent jamais une occasion de faire des blagues. Riche de poésie avec le thème de l’amour qui est «soulevé» telle une main de fer dans un gant de velours. Le jeu de mot est plutôt bien choisi mais je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même lorsque l’occasion se représentera (en mai 2020). Riche d’interactions avec le public timide puis à l’aise face à leur simplicité et leur naturel, et devient conquit. Riche en musique aussi, l’un des deux frères joue du piano avec brio dans la finale, scène à laquelle j’ai eu l’honneur d’être conviée après avoir été choisie par hasard dans le public. Un moment que j’ai vécu aussi intensément que le reste de la salle avec toute cette atmosphère charmante de fumées, bougies, flashs de téléphones tels des étoiles à travers la salle et de roses enflammées... Un show à l’américaine version allemande traduit en français par les Ehrlich Brothers eux-même qui se sont lancés un défi incroyable d’apprendre le français pour leur unique passage en France, en deux mois seulement. J’étais réticente aux spectacles de magie, m’ennuyant des impressions de déjà-vu des tours de cartes ou autres découpage de corps habituels, puis, j’ai découvert les Ehrlich Brothers, bravo à eux!

 

Le spectacle Fascination qui s’achève à l’Arena de Düsseldorf en juin 2019 nous laisse un vif souvenir de rires et de passion, nous restons dans la douce sensation de cette relation intime des deux brillants artistes à son public. Rendez-vous est pris pour le 16 mai 2020 au Zénith de Paris pour la présentation de leur futur spectacle, Dream&Fly, lequel fera léviter des voitures notamment. Nous ressortons ragaillardis d’autant d’énergie chaleureuse sur scène, mais toujours nous demandant comment ils font leurs jolis tours.

 

Pour cette belle découverte en duo, nos remerciements s’adressent au dynamique agent de presse Vincent Bayol de Laurence Falleur Communication. Photographies G&P et Ralph Larmann. Le Dôme de Paris-Palais des Sports, une grande salle de spectacles établie avec succès depuis 1960 au 34 boulevard Victor 75015 Paris - www.ehrlich-brothers.com - Mars 2019

Guss Illusionniste
au Studio Champs-Élysée

Un jeune illusionniste d’exception – L’hiver à Paris, il est de nombreux spectacles qui aiment nous cajoler dans un certain confort acquis alors que certains sont de vraies pépites pour nous réveiller. C’est le cas du tout premier spectacle sur scène de Gus, un jeune et talentueux illusionniste français qui connaît une reprise fort méritée dans ce mêmes murs. Il nous réjouit d’un condensé intense et brillant des meilleurs tours de magie, d’illusionnisme et de close-ups qu’il nous a été donné de voir, avec charisme, joie de vivre et fraîche modernité.

 

Lorsqu’il s’agit de magie ou d’illusionnisme, on ne sait jamais si on va bien tomber ou non. Ce peut être bon, ou juste passable. Ici, Gus, tel un clown surdoué, nous livre un tour de force au firmament de son jeune art, avec des numéros incroyables et bluffants. Tout part d’une base simple, un décor épuré, voir pas de décor du tout.

 

Un comédien-magicien hors pair fait le show sur scène et le tour est joué, nous voici embarqués dans 1h130 d’émotions intenses, un jeu de montagnes russes d’étonnement, d’admiration et d’incompréhension stupéfaite. Car Gus est plus qu’un simple magicien ou mentaliste, il défie les lois de la physique et du temps tel un alchimiste, l’assistance, comblée et stupéfaite, demeure bouche bée.

 

Nous découvrons pour la seconde fois en les murs du Studio de la Comédie des Champs-Elysées (nous étions venus voir Gus en juillet dernier ici même pour un souvenir mémorable en plein été annonçant les réjouissances estivales), une salle intimiste de 200 fauteuils rouges avec balcon. Le public est venu nombreux, en amoureux, entre amis ou en famille pour passer un bon moment, alléchés par les bonnes critiques lues sur ce brillant spectacle, la salle est comble.

 

Nous voilà assis face à la scène, placés par une ouvreuse haute en couleurs. Le spectacle commence, le seyant Gus en chemise près du corps et nœud papillon fringuant accueille son public avec chaleur et sincérité mais aussi une jolie dose de poésie. Il commence fort, avec un numéro très français, l’apparition-disparition de bouteilles de vin rouge. A l’aide de très simples tubes en carton vides, il fait littéralement apparaître tour à tour et en alternance jusqu’à six bouteilles de vin ainsi qu’un verre de vin rouge rempli...à partir de rien (!) C’est bluffant, nous voilà estomaqués d’entrée de jeu. Gus pousse l’humour et l’auto-dérision à son paroxysme, lorsque son fidèle assistant Lucas apparaît sous la table, une bouteille à la main… cela aurait pu être l’astuce révélatrice du tour, mais ce n’est pas l’explication de ce numéro détonnant.

 

Difficile de battre le spectacle de Gus par autant d’émerveillement et d’extases cumulées en un temps si dense. Tout est intense dans son spectacle, il enchaîne les numéros avec vigueur et espièglerie, mais sans occulter une élégance toute parisienne et nonchalante de gentleman. Gus a la tchatche facile, il est à l’aise sur scène et cela se voit, tout sourire, il nous fait forte impression avec ses numéros d’équilibriste surdoué du temps et de l’espace.

 

Car il faut se l’avouer: nous n’avons toujours pas compris comment il a pu réaliser ses tours admirables, notre seule explication plausible et logique serait que Gus puisse modifier la matière, l’espace, le temps et ayant le pouvoir d’influencer les pensées des autres. C’est tout dire à quel point nous sommes décontenancés par le grandiose de ses tours, le jeune Gus est déjà un maître accompli de la magie sensationnelle et poétique, une magie contée et empreinte de contemplation.

Gus est aussi un artiste manipulateur de cartes, que ce soit en close-ups devant une caméra, en les harponnant à la volée sur une cible (sans jamais rater son coup) ou en jouant aux fléchettes avec, sa dextérité est stupéfiante. Il réalise des tours et des acrobaties intellectuelles qui défient notre entendement. Le numéro qui nous a particulièrement marqué est celui où un spectateur choisi dans la salle (il en fera monter quatre sur scène ce soir là) tient une carte déchirée dans sa bouche et Gus une autre, il arrivera à les permuter sans autre intervention qu’une action magique inexplicable, du grand art !

 

Tout au long du joli spectacle de Gus, on tente de découvrir comment il s’y prend, comment fait-il mais notre logique est toujours mise en échec à chaque tentative. Gus est fort, très fort. A l’instar de cette photo qu’il fait de l’assistance laquelle lève les mains avec sourires et ambiance bon enfant, une photo qui va apparaître au dos d’un DVD emballé remis à une spectatrice lors du numéro précédent, soit avant que la photo ait été prise dans la chronologie du show….à lui seul, ce tour étonnant vaut le déplacement.

 

Gus est un artiste renversant, touchant, poète et surtout très doué. Après deux spectacles vus, nous sommes toujours étonnés de notre impuissance à découvrir ses trucs et nous restons bouche-bée devant autant d’audace et de maestria. Aller voir le spectacle de Gus, c’est aussi passer un bon moment dans la salle, l’artiste aime jouer avec son public, le bousculer un peu, le faire monter sur scène sous les esclaffements et hourras de l’assistance. C’est un couple qui montera sur scène ce jour-là, pour un remake du film Love Actually, la pièce pleine de magie aimant revisiter de vieux classiques, dont est fan Gus.

 

Les numéros s’enchaînent et on en redemande. Trois balles de tennis lancées dans le public désigneront trois candidats qui choisiront à eux trois une seule carte, laquelle apparaîtra sur un tableau blanc placé sur scène sans autre intervention possible. Seule la télépathie pourrait expliquer un tel tour qui provoque les bravos d’une salle toute acquise au jeune artiste.

 

Les oscars du meilleur spectateur du soir, mise en scène par Gus, font appel au même principe du paranormal: des spectateurs citent des noms ou des chiffres au hasard, alors que l’enveloppe du discours de remerciements restée à l’évidence de tous sur scène contiendra absolument et exactement ces mêmes mots. A ce résultat improbable et impossible, on s’esclaffe, on s’étonne dans le public, il est désormais certains que Gus est le plus grand illusionniste et magicien que nous ayons vu à ce jour.

 

Originaire du Nord de la France, le très jeune Gus époustoufle et étonne son entourage par ses dons et son beau parler. Il a été remarqué comme talentueux finaliste de l’émission à succès La France a un Incroyable Talent ; auparavant, c’est en 2009 à Hong-Kong qu’il découvre la magie, un véritable coup de foudre. En 2011, il devient magicien au Nouveau Théâtre de Copenhague avant d’achever un Master en Sales Management en 2012 en France. Les célèbres David Copperfield, David Blaine, Luis de Matos ou Kevin James comptent parmi ses magiciens préférés, mais déjà, nous sentons un talent inné et très prometteur chez Gus, qui lui donnera la capacité de dépasser ses idoles sans aucun doute. Aujourd’hui, il participe à des conférences TedEx, réalise des animations dans des entreprises et pour des événements privés. Gus adore le close-up et ses numéros font sensation auprès de tous les publics.

 

Les numéros qui resteront les plus spectaculaires seront l’apparition des bouteilles, le harponnage des cartes jetées, la photo trans-temporelle ou encore ce close-up filmé de fin de spectacle où le maître réalise un tour de passe-passe spectaculaire. On applaudit à tout rompre, suivant une salle conquise. Il est certain que le spectacle de Gus restera dans les annales des meilleurs premiers spectacles vus à Paris. Le jeune homme fait preuve d’une dextérité dans son art inégalée et inédite.

 

Frais et grisant, ce petit bijou de spectacle est un vent de fraîcheur sur le printemps parisien. Il fût une vraie découverte des dons hors normes du charismatique Gus. Gus, un talent à suivre avec enthousiasme. Un spectacle beau, simple et romantique, joué par un artiste attachant, certainement le spectacle à voir à Paris en cette saison.

 

Pour cette redécouverte qui met de bonne humeur, nos remerciements s’adressent à Vincence Stark de 96B et à la mannequin française Jeade Pasquier pour sa douce et souriante présence. Gus illusionniste, une production magistrale et réussie, mise en scène avec adresse et humour par Clément Naslin, à voir et à revoir au Studio et Comédie des Champs-Elysées (sous la direction de Stéphanie Fagadau), un théâtre et studio à l’italienne remarquable établi au 15 Avenue Montaigne, 75008 Paris - www.comediedeschampselysees.com Mars 2019

Ché Malambo
à Bobino

Une danse vivante ! – Nous aimons Bobino car c’est une salle dynamique qui présente les nouveaux talents de demain en arts vivants. C’est dans cette salle fort sympathique que nous avions découvert les artistes du cirque canadien des 7 Doigts de la Main. Dans la tradition de l’amuseur paradiste Bobino et sous la direction avisée de Marc Dumontet, les arts du geste, de la danse et du cirque y sont largement représentés. On aime cette salle attachante de 904 places qui offre à son public une vue de qualité et une proximité avec les artistes. Sur l’aimable invitation de ValProd, une dynamique production française, nous nous rendons rue de la Gaité à Montparnasse afin d’assister à l’une des premières dates d’un spectacle qui va réchauffer nos coeurs cet hiver puisqu’il vient tout droit de Buenos Aires, son nom, le Ché Malambo.

 

Le Malambo est l’autre danse nationale d’Argentine mais elle ne partage pas avec le tango cette aura et sa réputation internationale. Le Malambo est issu des traditions des gauchos de la pampa, où l’on se mesure avec force et vigueur entre hommes, souvent dans des duos-battles rythmés par deux courants qui fondent la discipline: celui du Nord (El Nortero), musculaire et puissant, et celui du sud (El Sureno), dansé pieds nus avec souplesse et adresse. Nous voilà plongés dans un univers insolite et inattendu, une sorte de danse des cowboys d’Amérique Latine. Nous sommes donc naturellement intrigués à venir voir ce show qui nous fait penser à un Stomp argentin.

 

Pourtant, la signature de la mise en scène et de la direction artistique du spectacle aurait du nous éclairer sur le haut niveau de celui-ci: il s’agit du français Gilles Brinas, danseur du ballet de l’Opéra de Lyon, de la Compagnie Béjart et de la Scala de Milan, excusez du peu. Sa rencontre avec la directrice du célèbre Ballet National d’Argentine Nydia Viola consacre sa passion pour le Malambo, une danse estimée en Argentine et qui fait l’objet de nombreux prix et festivals et grâce à lui, le public français va pouvoir découvrir cette danse méconnue pour nous.

 

Nous voilà installés au premier rang du balcon, le spectacle commence. Surgissent douze fiers hildagos, tatoués, vêtus de cuir noir près du corps, qui comme un seul homme occupent la scène toute entière, faisant jeu de tambours de peau et de bois, les traditionnels bambos argentins. La scène est puissante et forte, elle caractérise ce spectacle: une énergie concentrée sur scène où l’humain prime. Ici point d’artifices, de décor ni d’effets spéciaux, tout est vrai, authentique, profond. Le groupe uni nous fait penser à un haka Maori, nous voilà voyageant vers d’autres contrées, à la recherche des musiques d’un folklore que nous apprenons à connaître.

 

Nous entrons vite dans la danse et ces artistes doués nous sont proches tant ils expriment leur vigueur dans leur art, un art premier dans toute sa splendeur. Les mouvements sont puissants et rythmés, nous pensons à des batacudas brésiliens, il est vrai que la plupart des artistes de la compagnie Ché Malambo sont issus des quartiers défavorisés de Buenos Aires. Le rythme s’accélère, s’assagit, des duels s’improvisent ou se cumulent, une histoire se conte. Les artistes frappent les planches de la scène avec force de leurs pieds, c’est cela qui créé le rythme et les sons si typiques des malambistes. Certains passages évoquent le flamenco même, nous sommes dans la grâce et l’élégance (notamment lors des danses faites pieds nus), tout autant que dans la force et la puissance, par l’expression d’une masculinité affirmée (la version nordiste du Malembo).

 

Tels des toréadors, les malambistes battent le pavé ou plutôt la scène qui résonne de leurs pas rythmés, comme des métronomes humains. Tout s’enflamme lorsque la troupe entière se joint aux battements simplement provoqués par les corps et les bombos, dans la pure tradition du Malambo. Nous assistons à un spectacle minimaliste, abstrait, mais puissant d’émotions et de vérité, le tout est relevé par les belles lumières de Ryan O’Mara.

 

On se prend un claque d’énergie corporelle et cela fait du bien. Quel rythme et quel entrain, toujours le sourire aux lèvres, ces hommes nous étonnent de leurs performances physiques et d’adresse renouvellée, notamment par le maniement de ces lassos tournoyants, les boleadoras. Le spectacle n’oubliera pas un peu d’humour et de poésie (guitare sur scène) et même du chant.

 

Cette horde mi-homme mi-cheval nous séduit par son syncrétisme humain et volontaire, cette puissance collective faite sur scène. Nous sommes admiratifs d’une telle cohésion et passion qui transparaît sur scène. Les 12 artistes sont de niveau égal et excellent dans leur art dansé. Nous distinguerons Fernando Castro (1987), danseur réputé en Argentine, Champion National de Malmabo 2009, Miguel Angel Flores (1er prix au Festival de Cosquin, a collaboré avec le Cirque du Soleil) et enfin Francisco Matias Ciares (5 fois médaillé d’or, a collaboré avec le cirque italien Belluci), qui a par son jeu comique, égayé la scène.

 

Nous sommes accompagnés ce soir là de la journaliste tchèque Katerina Srbkova qui nous livre ses émotions sur ce formidable évènement: «Un spectacle fort et séduisant, du jamais vu à Paris. Une douzaine d'hommes tournent dans une danse rythmique et passionnelle avec des bombos, de la guitare et des boleadoras. Entre le tango, le flamenco et des danses folkloriques… Ché Malambo est une mélange explosif de mouvements, de trépignements et d’expressions théâtrales. De la joie, du feu, de l'amour, de la vie… c’est ce que j’apporte chez moi après le spectacle de ce soir. A voir sans hésitation!»

 

Un spectacle enchanteur à recommander à tous les publics, jusqu’au 21 avril 2019. Nos remerciements s’adressent à l’agent de presse Sylvie Desnouveaux. Photographies: G&P, Franck Wiesen, Diane Smithers. Bobino, une salle de spectacle qui célèbre les arts vivants internationaux, établie avec panache depuis 1873 au 20, rue de la Gaîté, 75014 Paris – www.bobino.fr et www.valprod.frFévrier 2019

Dernier coup de ciseaux
au Théâtre des Mathurins

Une pièce comique interactive originale – En cette période hivernale, quoi de mieux qu’une bonne pièce comique pour se réchauffer le coeur? Nous avions eu fort bon écho de la pièce Dernier Coup de Ciseaux présentée depuis longue date au Théâtre des Mathurins, haut lieu théâtral parisien, notamment de la part de notre rédaction qui avait déjà écrit sur cette pièce dans nos publications mensuelle du SJPP. Intrigués et résolument décidés à passer un bon moment, nous nous adressons à la direction du Théâtre afin de vivre et d’écrire à nouveau sur cette pièce très en vue, se hissant toujours en tête des box offices théâtraux parisiens.

 

Nous pénétrons pour la première fois dans le célèbre Théâtre des Mathurins, tout d’or et de rouge vêtu, une belle salle d’époque à l’italienne, rassemblant 386 places sur deux niveaux. La salle est comble ce soir là, d’un public varié, venu se délecter d’une des rares pièces interactives de Paris, sinon la seule. En effet, l’une des originalités de la pièce réside dans le fait, qu’à mi-parcours, la salle est allumée et le public est invité à deviner lequel des acteurs est l’auteur du crime perpétré dans la pièce. Et pour couronner le tout, chaque soir, l’auteur du crime change. Une sacrée logistique d’acteurs et de scénarios est requise à la Compagnie de Sébastien Azzopardi, jeune prodige des mises en scène à succès, qui signe également Le Tout du Monde en 80 jours, une autre pièce à succès reprise actuellement au Théâtre de la Tour Eiffel, après 10 ans de succès ininterrompu et plus d’un 1 million de spectateurs.

 

Dernier Coup de Ciseaux compte parmi les mastodontes du théâtre populaire: elle signe un Guinness des Records avec 30 ans de succès aux Etats-Unis et ses 9 millions de spectateurs outre-Atlantique où, sous le titre Shear Madness, elle devient la pièce de théâtre jouée le plus longtemps dans l’histoire du théâtre américain. Crée en 1963 au Ulmer Theater, le théâtre municipal d’Ulm, cette pièce interactive fait figure de pièce d’avant-garde unique en son genre, précurseur d’un nouveau théâtre allemand dont fait partie son auteur le dramaturge Paul Portner.

 

La pièce phare de cet auteur allemand est une comédie policière qui a tous les ingrédients d’un beau succès de salle: une comédie dynamique, un suspens bien joué, des retournements et une salle toute entière qui s’interroge et qui échange: il fallait oser. Pari réussi aux Mathurins pour cette pièce qui y est présentée sans discontinuité depuis 8 ans, qui s’est vue desservir un Molière 2014 de la Meilleure Comédie. Malgré ce rodage parfait, la pièce ne prend pas une ride et une multitude d’acteurs se partagent les rôles en rotation, renouvelant le plaisir.

 

La pièce présente en alternance les acteurs confirmés de la Compagnie Sébastien Azzopardi à savoir: Domitille Bioret ou Marie-France Santon, Alyzée Costes ou Aurélie Konaté, Thierry Lanckriet ou Stéphane Marais, Yan Mercoeur ou François Raison, Jean-Marie Rollin ou Romain Francisco et encore Olivier Solivérès ou Laurent Hugny. Ce soir là, nous distinguerons le jeu hardi de Laurent Hugny en policier-enquêteur patibulaire et chauffeur de salle, ainsi que la rafraîchissante Alysée Coste en pin-up décérébrée. Le jeu de tous les acteurs est d’égale facture et la performance collective plaît, alerte et vive.

 

On dénote une légère platitude de l’action avant l’arrivée des deux compères policiers qui réveillent tout à coup la salle et notre attention. Jouant de caricatures grossies (le coiffeur gay, les policiers pas très futés), on se laisse vite emporté dans la narration, nous questionnant comme tout notre entourage sur qui a bien pu assassiner la voisine du dessus à coups de ciseaux (d’où le titre).

 

L’adaptation de Sébastien Azzopardi et de Sacha Danino est savoureuse, on se croirait dans l’action d’un salon de coiffure parisien, nous voilà transformés en Sherlock Holmes amateur, faisant vite des conclusions sur ces événements comico-tragiques. Le public devient le héros de la pièce, en interagissant librement avec ses acteurs du soir et l’apothéose de ce partage libre et spontané est la discussion-réunion au bar du théâtre à l’entracte, où public et policiers échangent leurs conclusions de l’enquête.

 

On se prend au jeu de cette bonne troupe de passionnés-comédiens qui par leur jeu simple ou naïf, nous mettent dans une situation complexe de conclusions hâtives et souvent trompeuses. Nous vivons une expérience inédite et plaisante. Le décor est simplissime, unique, et malgré cela, une certaine sophistication du jeu s’installe, avec la mission attribuée au public de suivre les faits et gestes de chacun des acteurs présents ou passant dans cette pièce-salon de coiffure. Une comédie éprouvée et efficace qui enchantera tout public.

 

Portner aime décrire des personnages communs, des perdants de la société à la vie très ordinaire. Il tisse sa toile d’intrigues à base de quotidien, qui, d’un coup, change de dimension d’action pour laisser transparaître l’animalité, les bas instincts de tout un chacun. Au delà du rire Comédia del Arte, c’est l’existence moderne qui est questionnée, dans un huis clos angoissant et inquisiteur.

 

La mise en scène est construite avec brio par le talent français Sébastien Azzopardi, issu du Cours Simon, déjà remarqué dans la Dame Blanche au Théâtre du Palais Royal. La pièce développe une ambiance spécifique, propre au jeu d’interaction de la scène, où les acteurs ne vont pas hésiter à se gausser de son public, de jouer avec lui, pour le plus grand bonheur de tous. On sent sur scène cette franche camaraderie du jeu et chaque acteur se révèle avec passion dans son personnage.

 

Tout y est un peu caricature mais c’est cela qui marche: une simplification de la vie et des choses qui donnent à cette pièce un air de Jacques Tati, versant dramaturgie. On se délecte de ce jeu franc et direct qui nous subjugue de rires et d’esclaffements, pour 1h20 de bonne humeur garantie. Nous n’avions pas reconnecté depuis longtemps avec la bonne comédie populaire, Dernier Coup de Ciseaux en est une réussite. Les Mathurins, sous la direction émérite de Stéphane Engelberg et de Louis-Michel Colla, tiennent toujours le haut du pavé parisien du divertissement du plus grand monde, bravo!

 

Chrystelle Gagey, jeune comédienne française, nous accompagne ce soir-là et nous livre son appréciation personnelle de la pièce: «Une comédie policière unique en son genre, comparable à un Cluedo grandeur nature. Les acteurs sont très impliqués dans leurs rôles et relativement forts en improvisation. Très divertissante, drôle et surtout interactive, cette pièce demande l'attention et l'observation de la part du public qui devient les enquêteurs. Le moindre petit détail remarqué peut faire tout basculer ... Cette pièce est un coup de fraicheur entouré de suspens. Je recommande sans hésiter

 

Pour cette belle découverte théâtrale, nos remerciements s’adressent à Hélène Gilgenkrantz du Théâtre des Mathurins pour ses très aimables invitations. Le Théâtre des Mathurins, un haut lieu de divertissements parisiens établi avec joie depuis 1897 au 36 rue des Mathurins, 75008 Paris - www.theatredesmathurins.comJanvier 2019

Origines
Cirque Alexis Grüss

Quand l’homme et le cheval ne font qu’un – Pour sa 44ème création, la célèbre compagnie du cirque Alexis Grüss a installé son beau chapiteau au cœur du Bois de Boulogne à Paris. Nous répondons chaleureusement à l’invitation de l’agent de presse Xavier Chezleprêtre et nous rendons Porte d’Auteuil, un dimanche de décembre. Là bas, une navette gratuite aux couleurs de la compagnie veille à nous acheminer à bon port. Chaque jour de représentation, elle attend les spectateurs sans moyen de locomotion, pour se rendre jusqu’au chapiteau. Le voyage dans le riche univers de la famille Grüss peut alors commencer.

Depuis plus de 40 ans, chaque hiver, cette grande famille française du cirque prend place dans la capitale. C’est à l’âge de 7 ans qu’Alexis Grüss exécute son premier numéro de voltige à cheval sur la piste de l’un des plus prestigieux chapiteaux de France: le Radio Circus. Mais c’est en 1971 qu’il va briller sous son nom pour la première fois. Ce grand monsieur du cirque est à la fois maître écuyer, acrobate à cheval, clown, musicien, il est à l’origine de centaines de numéros inscrits au répertoire de son illustre établissement. En 2011, il a même été nommé Chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole. Un honneur pour notre rédaction de découvrir l’antre Grüss et ses merveilles.

Cette année d’octobre à mars à Paris, puis ensuite en tournée dans de nombreux Zénith de France, la compagnie Alexis Grüss nous transporte aux Origines du cirque. De Philip Astley à nos jours, pendant près de 2h30, nous allons rendre hommage aux créateurs du cirque. A notre arrivée au chapiteau, un long tapis rouge nous montre le chemin à suivre. Nous nous sentons comme privilégiés et pourtant c’est comme cela qu’Alexis Grüss accueille tous ses spectateurs. Dans un premier hall, près de la billetterie, un photo call est installé. Nous nous pressons d’immortaliser notre visite le temps d’un cliché. L’odeur du pop corn et de la barbe à papa nous attirent vers une autre pièce. Attirés par l’odeur alléchante des sucreries, nous découvrons l’espace de restauration et l’espace boutique. Puis un membre de l’équipe nous invite ensuite à rejoindre notre siège. A notre entrée, l’odeur de sciure et de terre se présente à nous. Nous comprenons que les animaux sont là, prêts en coulisses à nous époustoufler.

L’éclairage est tamisé, le rideau rouge de l’entrée des artistes est maintenu fermé, les techniciens font les derniers réglages… notre impatience est à son maximum. Les lanternes s’allument enfin et dévoilent la piste. Notre voyage commence en 1765, nous partons à la rencontre des cavaliers militaires et des saltimbanques. De somptueux costumes habillent les artistes et nous plongent véritablement dans le passé, là où tout a commencé. L’aventure GrÜss, c’est avant tout la rencontre entre l’Homme et le monde équestre. Les chevaux s’imposent et ne font qu’un avec les talentueux cavaliers qui se succèdent sur la piste.

Au son de la voix d’une chanteuse et narratrice, nous remontons le temps. Nous sommes impressionnés par la docilité des chevaux et leurs jeux de rôles. La musique jouée par un orchestre en live, ne perturbent pas les numéros mais les rend grandioses. Nous sommes dans notre bulle, dans la bulle Grüss… Synchronisation, tableaux rythmés ou émouvants, nous ne voyons pas le temps passé. Pourtant ce dernier défile.

Après un courte entracte, la piste se modernise et nous présente le cirque d’aujourd’hui. Acrobaties, jongleries, tableaux comiques, voltiges: tout est là pour nous faire rêver et c’est défi réussi. Nous retiendrons particulièrement les ballets aériens particulièrement émouvants, à couper le souffle. Mais le cirque d’aujourd’hui, c’est avant tout la nouvelle génération Grüss. Les héritiers du talent d’Alexis Grüss ont pris la relève à merveille. Polyvalents ils nous présentent l’art du cirque 2.0. D’ailleurs, nous n’oublierons pas la veste lumineuse de l’un d’entre eux. Exit les mélodies d’autrefois, quelques morceaux sont des hits mondiaux et accompagnent parfaitement les jeunes jongleurs et acrobates qui n’ont ni peur du feu ni peur des 40 chevaux. La compagnie Grüss, c’est surtout la compagnie de la démesure . Des numéros inédits, quinze artistes très talentueux, dix musiciens: il ne manque rien pour nous divertir. Tout est brillant et charmant ici.

Nous avons vécu un très beau moment, une parenthèse dans le temps, sublimant la féérie des fêtes. Un spectacle de haut niveau, qui séduira petits et grands. On ne se lasse pas d’admirer la performance de ces artistes, de ces acrobates et de ces sportifs hors catégorie que sont ces chevaux exécutant les tours les plus incroyables. Elégance, grâce et précision sont les maître-mots de ce show à l’américaine réglé comme une horloge suisse. Les générations nouvelles de la dynastie Grüss assurent avec brio la relève du patriarche français du cirque d’excellence.

Nous remercions toute la compagnie du Cirque Alexis Grüss pour son formidable accueil, Xavier Chezleprêtre de l’agence Attitudes pour son invitation et Célia Baroth de l’IEJ de Paris pour la rédaction de cet article. Nous espérons renouveler l’expérience l’hiver prochain. Nous venons de terminer l’année 2018 sur un spectacle magistral , à la hauteur de nos attentes, tant nous aimons l’art du cirque. Dernières représentations parisiennes jusqu’au 3 mars 2019 . - Alexis Grüss, Origines – Chapiteau, Porte de Passy 75016. www.alexis-gruss.com - Décembre 2018

Le Grand Palais des Glaces
au Grand Palais

Une belle patinoire géante et fun – A l’approche des fêtes de Noël, c’est presque devenu un rituel obligé pour nous: prendre part à une nocturne fantastique de cette immense patinoire qui prend ses quartiers d’hiver sur près de deux semaines au Grand Palais à Paris. Le rendez-vous obligé des parisiens avides de sensations de glisse et un rappel attendu de nos années de glisse passées, en particulier de notre adolescente de fin hockeyeur.

 

Sur l’aimable invitation du groupe Ludéric, gentil organisateur de cette immense boum où nous nous rendons tous excités à l’évènement populaire hivernal le plus apprécié des jeunes parisiens et aussi des familles qui s’y rendent plutôt les après-midis. Car deux ambiances coexistent sur la journée: les matinales et les après-midis relaxantes, familiales de divertissement à qui succède la nocturne à partir de 21 heures qui fera le jeu animé des tromboscopes et des DJs jusqu’à tard dans la nuit, jusqu’à 2 heures du matin. C’est là que nous nous rendons bien décidés à patiner à nouveau, après une longue absence sur la glace.

 

Le Grand Palais s’offre à nous, avec sa facade toute illuminée. Nous pénétrons sous la nef majestueuse qui se dresse avec panache, immense, à perte de vue. Nous sommes admiratifs de cette architecture magnifique et grandiose, digne héritière des arts industriels français. Devant nous, une gentille foule patine déjà, en cercles concenctriques, comme dans un roller club américain, sous le rythme des musiques électroniques faisant la part belle à de mythiques titres des années 90 et 2000. Nous sommes prêts à revivre nos belles années de sorties sous les feux de milliers de lasers dirigés et de spots multicolores. L’ambiance est bien présente, bon enfant, tout le monde a le sourire, surtout lorsque quelques personnes chutent avec plus ou moins d’adresse ou de comique. Sur la piste, tous les niveaux cohabitent avec civisme et bonne attitude. La sécurité chaussée de patins assure la bonne régulation de cette foule bigarée et joyeuse. Nous nous réjouissons de cette bonne humeur généralisée et communicative.

 

La piste est très large et fait toute la surface quasiment du Grand Palais. Il s’agit d’ailleurs de la plus grande patinire éphémère indoor du monde avec ses 3000m2 d’ice floor et ses 35 kilomètres de tuyaux réfrigérants (un exploit technique). La scène est impressionnante, devant nous, de joyeux glisseurs qui s’amusent et si on lève les yeux, des strombinoscopes et lasers multiples et changeants dessinent la voûte de la salle toute illuminée. Une boule à facettes géante nous rappelle le meilleur des années disco. Au centre de la piste un ours polaire blanc immense se dresse fièrement, il s’agit d’une sculpture de l’artiste Richard Orlinksi de 7 mètres de haut, intitulée Standing White Bear. Le tout s’allie à merveille dans une harmonie disco qui fait penser volontiers à une boum géante.

 

A disposition des participants de ce soir, un vestiaire, un bar (le Café Jules et ses hot dogs à la française) et surtout le stand de remise des patins, que l’on échange contre ses chaussures. Celui-ci est particulièrement bien fourni, avec toutes les pointures (3000 paires de patins, de quoi réjouir une grande foule). Les chaussures sont mixtes et proches du design des patins de glace artistique. Certains aficionados ont apporté leurs patins de hockey préférés.

 

Une fois équipés de ces seyants patins oranges, nous pouvons nous exercer dans un enclos d’apprentissage, où l’on trouvera de nombreux enfants, des jouets de glace et des luges adaptées. Un petit échauffement ne fait pas de mal, et nous voilà bien partis sur la piste immense, où l’ensemble des patineurs tournent à sens unique. Ce soir là, hors vacances scolaires, l’espace est assez large, ce qui permet de vraiment profiter de la piste. On se sent à l’aise dans ces patins confortables et nous reprenons vite nos aises et nos réflexes de patineur expérimenté.

 

Les Djs assurent l’ambiance et nous reconnaisssons de nombreux tubes qui font bien bouger la foule sur le dancefloor blanc. Dans l’assistance, on rit, on est expressif, on vit l’émotion de la glisse à fond. L’atmosphère est gaie et bonne enfant, certains n’hésitent pas à divulguer des conseils de glisse.

 

Après d’innombrables tours autour de l’ours immaculé monumental, la soif se fait sentir et nous nous désaltérons au bar, pour une pause bien méritée. Sous les lumières chauffantes, nous ne vous lassons pas d’admirer ses effets lumineux renouvelés sur cette voute historique, il est vrai que l’organisation n’a pas lésiné sur les moyens. Nous nous sentons comme dans l’une des plus grandes boîtes du monde, d’autant plus que la qualité du son est tout à fait honnête.

 

Deux à trois heures passées à patiner nous a remis dans le bain de la glisse sur glace, un moment si attendu pendant le reste de l’année. C’est aussi du sport, nous le sentons dans les jambes, n’oublions pas les échauffements et les étirements. Cette attraction unique à Paris, à la fois familiale et festive est comme une bouffée d’air en plein hiver. Quand à nous, nous prenons déjà date pour l’année prochaine, tant nous avons eu plaisir à cette jolie soirée parisienne atypique.

 

Cette manifestation animée est devenue au fil des ans notre petit rituel, il nous rappele la neige, la montagne et l’organisateur nous permet d’avoir la montagne venant à nous, symbolisée par cet ours polaire géant, totem symbolique de ces réjouissances de saison. De jour, l’ambiance est toute différente, sans effet lumineux ni musique dynamique, il y règne une harmonie reposante qui permet d’admirer la voûte du Grand Palais, illuminée par un beau soleil d’hiver.

 

Pour cette belle soirée, nos remerciements s’adressent à Angia et Marie-Alix Vignau-Chancel d’AvrilCom Paris. Photos: Didier Lefevre et notre rédaction. - www.legrandpalaisdesglaces.com - Un évènement festif et haut en couleurs jusqu’au 9 janvier au Grand Palais, Avenue Winston Churchill 75008 Paris - Décembre 2018

Les Masters de Feu 2018
à Compiègne

Un show féérique et grandiose - A la faveur de l’automne arrivant, nous recherchions des évènements parisiens qui nous réchauffent le cœur, voulant encore bénéficier de ce bel été indien. C’est sur l’aimable invitation de l’agence Blizko Communication que nous nous rendons ce 22 septembre dans la ville impériale de Compiègne, déjà connue pour être un centre foisonnant d’émulation libre des arts vivants, à l’instar du Théâtre Impérial de Compiègne sur lequel nous publions régulièrement dans nos pages Spectacles.

 

Cette fois-ci, nous entreprenons ce joli périple depuis Paris afin de venir découvrir l’une des attractions les plus époustouflantes de cette rentrée: le concours international de pyrotechnie des Masters de Feu, en partenariat avec la mairie de Compiègne. Librement inspirés des concours télévisés à succès tels MasterChef, une joyeuse équipe d’organisateurs français passionnés s’est attachée à l’ambition de créer un tournoi pan-européen regroupant les meilleurs dans ce grand art qu’est la pyrotechnie festive.

 

Il est vrai que depuis les fastueuses fêtes de Vaux-le-Vicomte au 17ème siècle, les français tiennent une compétence particulière dans ce domaine, où l’inspiration créative raffinée se dispute à l’élégance organisée de tableaux à la française dessinés avec brio dans le ciel. Un je-ne-sais-quoi de plus qui permet aux français de tirer leur épingle du jeu.

 

Après trois journées de travail acharné pour la mise en place du pas de tir, la foule est venue nombreuse en ce soir de septembre à Compiègne. Près de 11000 personnes se sont présentées impatientes d’assister au troisième opus de cette compétition amicale, les Masters d’Argent, sur le thème du cinéma. Les Masters précédents ayant été remportés par les italiens Parente Fireworks en 2017 et par les grecs Nanos Fireworks en 2016, ils affronteront en finale en 2019 les vainqueurs de cette édition. La météo n’est pas tout à fait au rendez-vous avec une légère pluie fine, mais cela ajoutera à la scène de délicieux effets fantasmagoriques et l’absence de vent ne remettra pas en question les tirs, ce qui augure des réjouissances réussies. Un écran géant et une sonorisation adéquate permettront d’apprécier le spectacle avec tout le confort souhaité, la musique occupant une place prépondérante cette année pour suivre le thème.

 

L’illustre acteur français Gérard Jugnot, en admirateur passionné et averti de cet art, préside à cette étape du concours. Il succède à la présidence du jury à l’actrice Sandra Lou qui avait cette fonction en 2017 et nous apprenons qu’il a même participé à la réalisation d’un tableau de la pièce de clôture. Nous l’identifierons alors immédiatement par sa douceur, sa poésie et l’accompagnement inévitable du thème du film Les Choristes. Trois spectacles vont se succéder, orchestrés par la Pologne, la France et le Canada, encadrés d’une ouverture et d’une clôture élaborées par ArtEventia, hors compétition. Les critères à juger seront l’esthétique, la synchronisation image, la sonorisation et le respect du thème.

 

Le spectacle commence. L’ouverture, exceptionnelle, se fait dans un noir absolu avec une très puissante interprétation classique de ’’The Show must go on’’ de Queen suivi de quatre mouvements. Nous retenons notre souffle devant autant d’émerveillements sensoriels renouvelés. Le spectacle est féérique, magique, poétique. Nous sommes comme de petits enfants devant un sapin de Noël tout illuminé, nous restons bouche bée devant autant de richesse créative.

 

A peine remis de ces premières émotions déjà fortes, la Pologne entre en scène. Un départ très doux, musique aux accents graves et lents, tirs monochromes dans le bas du tableau avant de s’élever pleins de grâces et de délicatesses. Le second mouvement commence lentement à nous nourrir d’émotions avec l’œuvre très progressive de Paul Dukas ’’L’apprenti sorcier’’, la suite sera très explosive avec de grands contrastes entres explosions puissantes et silences, lumières blanches et multicolores. Les artificiers de Surex nous démontrent leur immense talent technique et créatif se permettant de créer de puissants ascenseurs émotionnels avec des tirs toujours parfaitement synchronisés à la musique.

 

Les canadiens d’Apogée nous offriront un tout autre spectacle, très haut dans le cadre la maîtrise parfaite de longues cascades de feux sont époustouflantes. Ici le rythme est soutenu, haletant. Telle une ’’Horde sauvage’’ les six mouvements s’enchainent plein galop sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Cette démonstration technique de haut vol s’achève dans un final percutant nous laissant sans voix. Quelques secondes seront nécessaires avant que les premiers applaudissements nourris retentissent.

 

Avec son équipe Grand Final, Pierre Emmanuel Gelis pour la France, vainqueur de cette rencontre, utilise une recette similaire à la Pologne. Le départ très doux sur un texte lu nous offre une plongée au cœur des émotions, de toutes les émotions du cinéma. Leur indéniable maestria jouera avec nos peurs et nos rires en illustrant par exemple, les thèmes de Psychose de Bernard Herrmann à une reprise très réussie du jingle de ’’Jean Mineur Publicité’’. En passant par l’hilarant ’’Peur sur la ville’’, ils se permettront alors d’imprimer des smileys rigolards sur la toile nocturne.

 

De toutes ces arabesques dans ce ciel noir finement strié de pluie légère, loopings de feu ou autres saltos illuminés, les équipes artificières en compétition nous auront dessinées dans la nuit des paysages magiques, fantasmagoriques, faisant le jeu sur toute la palette de nos émotions, de lumières, de sons, multiples et changeants. La surprise aura surgit de chaque action avec des silences brutaux, de puissantes percussions qui résonnent encore en nous avec un brin d’appréhension et des panaches de fumées qui drapèrent ces fresques géantes d’auras mystérieuses.

 

Le public est comme nous conquis et les applaudissements fusent à chaque tableau. L’ambiance est bon enfant et les plus jeunes venus nombreux sont ravis. Fin du fin, le spectacle de clôture assuré par les français d’ArtEventia qui excellent en la matière est comme l’ouverture, étourdissant. A ces festivités sonores et visuelles se succèdent le palmarès de cette édition. Le match fût serré et ce seront les français de Grand Final qui remporteront la mise et seront en finale en 2019 pour les Masters d’Or aux côtés de la Grèce et de l’Italie. Ils furent suivis de près par les polonais de Surex et par les canadiens d’Apogée. Nous venons d’assister à une célébration internationale des arts pyrotechniques de premier ordre, une compétition amicale entre équipes de niveau international.

 

Le spectacle fût splendide, beau à voir, à entendre et à vivre. Il restera dans nos mémoires toute une année encore jusqu’à la prochaine édition en 2019 que nous attendons désormais avec grande impatience. Pour cette formidable soirée enchanteresse, nos vifs remerciements s’adressent à Juliette Feytout de Blizko Communication. Retrouvez toutes les informations du prochain Master d’Or 2019 sur le site www.mastersdefeu.com - Crédit photos: Frédéric Lepla. Un évènement ravissant qui s’est tenu à l’Hippodrome de Compiègne Avenue du Baron Roger de Soultrait, 60200 Compiègne – Novembre 2018

Gus Illusionniste
au Studio des Champs-Elysées

Un brillant illusionniste d’exception - L’été à Paris, si la plupart des salles ferment pour congés, il est de spectacles atypiques qui tournent à juste propos pendant la saison estivale et certains sont de vraies pépites. C’est le cas du tout premier spectacle sur scène de Gus, un jeune et talentueux illusionniste français. Il nous réjouit d’un condensé intense et brillant des meilleurs tours de magie, d’illusionnisme et de close-ups avec charisme, joie de vivre et modernité.

 

Lorsqu’il s’agit de magie ou d’illusionnisme, on ne sait jamais si on va bien tomber ou non. Ce peut être bon, ou juste passable. Ici, Gus, tel un clown surdoué, nous livre un tour de force au firmament de son jeune art, avec des numéros incroyables et bluffants. Tout part d’une base simple, un décor épuré, voir pas de décor du tout.

 

Un comédien-magicien hors pair fait le show sur scène et le tour est joué, nous voici embarqués dans 1h10 d’émotions intenses, un jeu de montagnes russes d’étonnement, d’admiration et d’incompréhension stupéfaite. Car Gus est plus qu’un simple magicien ou mentaliste, il défie les lois de la physique et du temps tel un alchimiste, l’assistance, comblée et stupéfaite, demeure bouche bée.

 

Nous découvrons pour la première fois les murs du Studio de la Comédie des Champs-Elysées, une salle intimiste de 200 fauteuils rouges avec balcon. Le public est venu en amoureux, entre amis ou en famille pour passer un bon moment, alléchés par les bonnes critiques lues sur ce brillant spectacle.

 

Nous voilà assis proches de la scène, placés par une ouvreuse haute en couleurs. Le spectacle commence, le seyant Gus en chemise près du corps et nœud papillon fringuant accueille son public avec chaleur et sincérité. Il commence fort, avec un numéro très français, l’apparition-disparition de bouteilles de vin rouge. A l’aide de très simples tubes en carton vides, il fait littéralement apparaître tour à tour et en alternance jusqu’à six bouteilles de vin ainsi qu’un verre de vin rouge rempli...à partir de rien (!) C’est bluffant, nous voilà estomaqués d’entrée de jeu. Gus pousse l’humour et l’auto-dérision à son paroxysme, lorsque son assistant apparaît sous la table, une bouteille à la main… cela aurait pu être l’astuce révélatrice du tour, mais ce n’est pas l’explication de ce numéro détonnant.

 

Difficile de battre le spectacle de Gus par autant d’émerveillement et d’extases cumulées en un temps si dense. Tout est intense dans son spectacle, il enchaîne les numéros avec vigueur, mais sans occulter une élégance toute parisienne et nonchalante de gentleman. Gus a la tchatche facile, il est à l’aise sur scène et cela se voit, tout sourire, il nous fait forte impression avec ses numéros d’équilibriste surdoué du temps et de l’espace.

 

Car il faut se l’avouer: nous n’avons toujours pas compris comment il a pu réaliser ses tours admirables, notre seule explication plausible serait que Gus puisse modifier la matière, l’espace, le temps et ayant le pouvoir d’influencer les pensées des autres. C’est tout dire à quel point nous sommes décontenancés par le grandiose de ses tours, le jeune Gus est déjà un maître accompli de la magie sensationnelle et poétique.

 

Gus est aussi un artiste manipulateur de cartes, que ce soit en close-ups devant une caméra, en les harponnant à la volée sur une cible (sans jamais rater son coup) ou en jouant aux fléchettes avec, sa dextérité est stupéfiante. Il réalise des tours et des acrobaties intellectuelles qui défient notre entendement. Le numéro qui nous a particulièrement marqué est celui où un spectateur choisi dans la salle (il en fera monter quatre sur scène ce soir là) tient une carte déchirée dans sa bouche et Gus une autre, il arrivera à les permuter sans autre intervention qu’une action magique inexplicable, du grand art !

 

Tout au long du joli spectacle de Gus, on tente de découvrir comment il s’y prend, comment fait-il mais notre logique est toujours mise en échec à chaque tentative. Gus est fort, très fort. A l’instar de cette photo qu’il fait de l’assistance laquelle lève les mains avec sourires et ambiane bon enfant, une photo qui va apparaître au dos d’un DVD emballé remis à une spectactrice lors du numéro précédent, soit avant que la photo ait été prise dans la chronologie du show….à lui seul, ce tour étonnant vaut le déplacement.

 

Les numéros s’enchaînent et on on redemande. Trois balles de tennis lancées dans le public désigneront trois candidats qui choisiront à eux trois une seule carte, laquelle apparaîtra sur un tableau blanc placé sur scène sans autre intervention possible. Seule la télépathie pourrait expliquer un tel tour qui provoque les bravos d’une salle toute acquise au jeune artiste.

 

Les oscars du meilleur spectacteur du soir, mise en scène par Gus, font appel au même principe du paranormal: des spectateurs citent des noms ou des chiffres au hasard, alors que l’enveloppe du discours de remerciements restée à l’évidence de tous sur scène contiendra absolument et exactement ces mêmes mots. A ce résultat improbable et impossible, on s’esclaffe, on s’étonne dans le public, il est désormais certains que Gus est le plus grand illusionniste et magicien que nous ayons vu à ce jour.

 

Originaire du Nord de la France, le jeune Gus époustoufle et étonne son entourage par ses dons et son beau parler. Il a été remarqué comme talentueux finaliste de l’émission à succès La France a un Incroyable Talent ; auparavant, c’est en 2009 à Hong-Kong qu’il découvre la magie, un véritable coup de foudre. En 2011, il devient magicien au Nouveau Théâtre de Copenhague avant d’achever un Master en Sales Management en 2012 en France. David Copperfield, David Blaine, Luis de Matos ou Kevin James comptent parmi ses magiciens préférés, mais déjà, nous sentons un talent inné et très prometteur chez Gus, qui lui donnera la capacité de dépasser ses idoles sans aucun doute. Aujourd’hui, il participe à des conférences TedEx, réalise des animations dans des entreprises et pour des évènements privés. Gus adore le close-up et ses numéros font sensation auprès de tous les publics.

 

Frais et grisant, ce petit bijou de spectacle est un vent de fraîcheur sur l’été parisien. Il fût une vraie découverte des dons hors normes du charismatique Gus. Gus, un talent à suivre avec enthousiame. Un spectacle beau, simple et romantique, joué par un artiste attachant, certainement le spectacle à voir à Paris à la rentrée.

 

Gus illusionniste, une production magistrale et réussie, mise en scène par Clément Naslin, en reprise le 13 septembre jusqu’au 5 janvier 2019 au Studio et Comédie des Champs-Elysées (sous la direction de Stéphanie Fagadau), un théâtre à l’italienne remarquable établi au 15 Avenue Montaigne, 75008 Paris - www.comediedeschampselysees.com - Août 2018

Le Lido de Paris

Le grand cabaret chic et glamour de Paris - La Ville Lumière tient haute sa réputation de ville phare des meilleurs cabarets français. A l’occasion de la visite touristique de l’une de nos collaboratrices de presse de l’étranger, nous avions le choix entre de belles adresses françaises de référence. C’est sur la plus glamour et la plus élégante d’entre elles que notre préférence s’est dévolue: le célèbre Lido de Paris, une institution française d’exception qui a le plaisir de nous accueillir avec faste cet été. C’est en effet à la faveur d’une réduction estivale des activités théâtrales et des concerts classiques que nous nous rendons chaque été dans l’un des célèbres cabarets parisiens, c’est même devenu notre petit rituel estival, nous mélant volontiers à la foule des touristes parisiens. Avec le Moulin Rouge, plus populaire, le Lido tient le haut du pavé de la scène parisienne par son élégance et son classicisme irréprochable, La Nouvelle Eve, qui nous reçoit régulièrement, faisant figure de scène plus intimiste. Nous avons hâte de prendre part à ce diner-spectacle festif et gustatif sur la très aimable invitation de son agence de presse.

 

Le vol de notre invitée a du retard ce soir là et nous prévenons le Lido de notre venue retardée. Avec professionnalisme et courtoisie, le Lido nous confirme qu’ils pourront nous accommoder à diner pendant le spectacle sans difficulté (lequel commence à 21 heures). Un service irréprochable digne d’une grande maison de restauration. Nous avons hâte de découvrir le grand dîner-spectacle qui nous attend, l’un des plus remarquables de Paris. Notre chauffeur BlackLane nous conduit très gracieusement sur les Champs-Elysées où la façade illuminée du Lido nous accueille sous les étoiles d’un plafond doré et scintillant de tous ses feux resplendissants. Nous voici pénétrant dans ce grand couloir teinté de bleu royal où des majordomes en grande tenue s’empressent à notre venue pour nous saluer, un vrai accueil de star. Pas moins de quatre chefs d’hôtels nous convieront et deux serveurs veilleront à notre parfaite installation, au centre face à la scène, confortablement assis à une table individuelle pour deux, nappée de blanc, confortablement assis sur des sièges rouges et or, une lumière-bougie veillera à notre découverte de chaque plat servi.

 

Vincent, notre maître d’hôtel émérite sera notre hôte, il nous salue tout sourire et sera aux petits soins pour nous tout au long de notre diner qui s’annonce sous les meilleures auspices. Le ballet des maîtres d’hôtels et des serveurs est à lui seul un spectacle à admirer, il participe à l’élégance du savoir-vivre à la française de ce beau cadre glamour. Notre accompagnatrice de ce soir, venue de l’étranger, ne manquera pas de saluer cette mise en scène so french d’un service impeccable et distingué.

 

Nous voici engagés dans la découverte du menu Champs-Elysées, l’un des quatre menus proposés chaque soir par le Lido. Nous nous réjouirons d’une cuisine française traditionnelle, avec des plats typiques de cuisine française, traitée avec légèreté et audace pour y révéler de succulentes saveurs. Le choix opportun des vins d’accompagnement ajoute à la douce saveur de ce dîner d’exception, alliant gustativité et fraîcheur des aliments de premier choix. Un dîner parfait pour en sortir pleinement rassasié tout en n’ayant pas l’estomac lourd, il fût même l’un des meilleurs dîners dégustés pendant nos quatre jours de reportages gastronomiques intensifs sur Paris.

 

Le spectacle commence aussitôt à notre arrivée (tardive) et nous sommes entourés par des spectateurs réjouis de ce bon dîner et des merveilles qu’ils s’apprêtent à voir. On apprécie au Lido le bel espace qui prévaut autour de chaque table, ce qui n’est pas le cas d’autres cabarets parisiens. On jouit ainsi d’une intimité confortable et privative, notre dîner romantique peut ainsi commencer sous les hourras et les applaudissements d’une salle comble et réjouie. Ambiance bon enfant et festive garantie parmi ces touristes venus du monde entier pour assister à ce spectacle grandiose.

 

Le spectacle Paris Merveilles s’ouvre sur la revue traditionnelle ravissante de la troupe du Lido, composée d’une trentaine de jolies danseuses et d’une dizaine de seyants danseurs. Ils dansent avec entrain, fluidité et harmonie, suivant des pas millimétrés. Ici, tout est joué à la perfection, on sent les formations de danse classique de chaque danseuse et danseur et les heures de répétition pour livrer cette performance remarquable, chaque soir, deux fois par soir.

 

Le spectacle Paris Merveilles est une création originale du célèbre chorégraphe belge Franco Dragone, lequel a officié avec brio au Cirque du Soleil. Un profil artistique qui annonce des réjouissances époustouflantes. Nous découvrons parmi les danseuses de la revue une ravissante meneuse (en alternance avec la célèbre mezzo-soprano Manon de The Voice) laquelle nous révèle une voix claire, chatoyante et précise, reprenant les classiques français du show que nous avons découvert pour la première fois il y a trois ans. Le ballet des danseuses est magistral, il se renouvelle à chaque passage, faisant jeu de costumes colorés et lumineux réalisés à la main par des artisans belges.

 

Une pointe de nouveauté et de modernité s’inscrit dans la revue par cette mise en scène d’ombres illuminées en noir et blanc, une évocation des toits de Paris, où un écran escamotable révèle ensuite les danseuses. C’est très réussi et séduisant, du grand art de la part des 40 BlueBell girls (et des 12 Lido Boys), une performance visuelle émoustillante.

 

La revue se compose d’intermèdes artistiques de haut vol, présentés par des artistes accomplis qui réjouissent l’audience d’exclamations et de hourras. Il s’agira d’acrobates ou gymnastes, de mimes (Mansour), de patineurs d’exception ou encore d’avaleurs de sabres. Tous ont la particularité d’allier une haute maîtrise de leur art avec une élégance innée. Il faut saluer les performances en particulier du couple de gymnastes You and Me (Igor et Julia) qui lors d’un numéro simple et poétique, nous révèle un talent incroyable, défiant les lois de la physique. A l’instar de cet avaleur de sabre spectaculaire Johny Boy, nous nous retrouvons à voyager dans les contrées de l’orient féérique. Ou cette acrobate Masha Terentieva qui nous donne toute l’expression poétique de son art. Fin du fin, le couple de patineurs sur glace Bachelet et Combes joueront des lois de la gravité pour étonner un public tout acquis. Tous ces interludes donnent un rythme de divertissement réussi à ce grand spectacle intense d’une durée de plus d’une heure, ce qui nous laissera le temps de déguster cet excellent dîner de fêtes.

 

La direction artistique de haut vol est digne des plus grandes salles internationales, les artistes présentés sont d’un niveau remarquable. Édith Piaf, Marlene Dietrich, Joséphine Baker, Laurel et Hardy, Dalida, Shirley MacLaine ou encore Elton John se sont ainsi produits sur la grande scène du cabaret, 27 revues ont été créées depuis 1946. Vient le fameux tableau du French Cancan, exécuté dans la plus pure des traditions françaises. La salle d’un seul bloc claque des mains avec entrain, l’ambiance est à son comble.

 

Venir au Lido, c’est une expérience de célébration des arts parisiens et de la fête française. Un moment intime à partager à deux ou une réjouissance conviviale à découvrir entre amis ou en famille. Le dîner est excellent et en fin gastronome français, nous reconnaissons ici tout l’art du chef français qui officie avec talent pour servir chaque soir un diner gastronomique de cuisine française à autant de convives à la fois. Nos entrées seront composées de gambas à l’huile de citron, rosace de tomates colorées et mozzarella, gaspacho corsé et de foie gras au croquant de pistaches et gruée de chocolat, fraises confites au balsamique, nous avons longuement hésité avec d’autres mêts appétissants tels qu’une panna cotta d’asperges vertes, fraîcheur de tourteau au basilic. Nous accompagnerons celles-ci de vins français ou du champagne maison Lido Brut 1er cru. Nous nous régalons de ces saveurs si françaises de plats dont l’exécution revisitée à la sauce moderne donnent les plus grandes satisfactions à nos papilles.

 

Les plats sont servis avec grande courtoisie, les serveurs prennent soin de nous à tout instant et remplissent nos verres d’eau et de vin spontanément. Ils sont revêtus de costumes noirs et chemises blanches, en grand uniforme d’apparât comme pour un réveillon. En plat de résistance, notre choix s’est porté sur un cabillaud coco curry, risotto exotique aux calamars relevés au piment d’Espelette ainsi qu’un succulent filet de canette laqué au caramel de grenade et amandes, pêches à la verveine et rosace de pommes de terre mais nous aurions pu également nous réjouir d’une pièce de veau rôtie aux herbes de Provence, courgette farcie, gnocchis aux olives et pignons de pin La présentation des plats est soignée, dans le respect des codes classiques de la grande cuisine française. Dès les premières bouchées, nous nous régalons de succulentes saveurs issues de ces sublimes associations qu’autorisent la cuisine française. Sans aucun doute, le Lido avec sa table du soir, fait figure de grande table française insoupçonnée des parisiens.

 

Nos jolis desserts signés de la maison Lenôtre nous font voyager dans des contrées gustatives inédites. L’opéra d’été chocolat framboise et le Comme un vacherin, coulis de fraise, crème fouettée basilic, meringue croquante seront notre choix de prédilection ce soir là. La tendre semoule crémeuse, jubilé de cerises et amandes croquantes aurait pu tout aussi bien satisfaire notre appétit totalement rassasié de ces douceurs. Un menu enfant et un menu végétarien sont également disponibles.

 

Tout au long de ce dîner admirable, nous découvrons le grand spectacle présenté sur scène. Paris Merveilles est la 27ème et dernière revue en date du Lido, lancée le 2 avril 2015. Ce spectacle conçu et mis en scène par le metteur en scène belge Franco Dragone a requis quatre mois de fermeture pour travaux pour transformer la salle et accueillir une nouvelle machinerie, conçu sur une scénographie de Jean Rabasse. Le génial Dragone est notamment connu pour sa mise en scène réussie de dix grands spectacles du célèbre Cirque du Soleil. Les beaux costumes présentés, mettant en valeur les corps des danseuses et danseurs, ont été créés spécialement par le styliste Nicolas Vaudelet de l’atelier Dragone de La Louvière, Belgique. Les belles musiques sont signées d'Yvan Cassar, sur des textes de Saule.

 

Nous assistons à un réel show de niveau international, le plus réussi et le plus qualitatif que nous ayons vu cette année, qui n’a rien à envier aux grands spectacles de Broadway ou de Las Vegas. Le Lido, l’adresse incontournable pour qui veut vivre l’expérience parisienne au summum de son art. Nous ressortons de ce grand diner-spectacle du Lido les étoiles dans les yeux, comblés par autant d’attentions, de réjouissances sensorielles et de saveurs.

 

Le Lido est une salle mythique et nous sommes ravis d’être dans ces lieux de fête célébrée mondialement. Le 20 juin 1946, ce haut lieu festif parisien inaugure une formule dîner-spectacle qui connaît un succès immédiat. En 1948, Margaret Kelly dite Miss Bluebell et sa compagnie de danse, les Bluebell Girls, rejoignent les loges du Lido, contribuant à sa réputation. En 1955, les frères Clerico propriétaires historiques inaugurent une franchise au Stardust de Las Vegas, et y proposera des spectacles de haut niveau jusqu'en 1992. Le succès du Lido parisien le conduit à s’agrandir en 1977 sous la direction de Jean-Robert Boudre sur plus de 6000 m2 de surface. Une salle panoramique sur deux niveaux de 1150 places est ainsi créée par les architectes italiens Giorgio Vecchia et Franco Bartoccini. Un ascenseur géant permet au parterre, où sont assis 300 convives pendant le dîner, de s’enfoncer de 80 cm dans le sol pour assurer une meilleure visibilité dans un lieu grandiose et incroyable de beauté illuminée.

 

Saluons à nouveau l’excellence du service du Lido qui a su agir avec attention en toute occasion, malgré le grand nombre de plats servis ce soir-là. Nous recommandons le premier service et spectacle pour une expérience exclusive, le second spectacle du soir étant souvent vu par des groupes organisés de touristes. Notre agenda nous a contraint de dîner pendant le spectacle (ce qui est tout à fait agréable) mais habituellement le dîner est servi avant le spectacle, avec orchestre live, dîner pendant lequel une photographe propose de réaliser une photographie de votre table, photographie qui vous est remise avant la fin de votre soirée.

 

Pour cette magnifique découverte gastronomique et de réjouissances scéniques, nos vifs remerciements s’adressent à Marianne Honvault et à Nathalie Franchini de Franchini Communication. Le Lido de Paris, une grande maison française des arts vivants du spectacle, ouverte 365 jours par an, établie avec brio au 116 bis avenue des Champs-Élysées 75008 Paris - www.lido.frAoût 2018

 

How to become a Parisian in one hour ?
au Théâtre des Nouveautés

Un one man show énergique et réussi - Rares sont les stand-up comédies présentées à Paris, de surcroît en anglais, s’attaquant à ce qui fera rire jaune les parisiens: les parisiens eux-mêmes ! C’est le défi audacieux relevé haut la main par le talentueux comédien français Olivier Giraud, qui chaque soir ou presque, donne un master class joyeux sur comment vivre ou exercer son savoir-vivre à Paris.

 

En dix leçons acides délivrées promptement, les touristes du monde entier ont un résumé corrosif et amusé de tous les travers des parisiens et de Paris. Tous ces petits défauts que l’on ne relève plus lorsque nous avons vécu assez longtemps à Paris pour trouver cela normal.

 

On aime les personnages campés par Olivier. Tels le serveur irascible, la parisienne qui se rend en discothèque, ou le vendeur de H&M. Olivier se moque de tout et de tous, il en va aussi des américains exubérants, des provinciaux attardés ou des parisiens dépressifs du métro. Tout y passe et il fracasse tout un chacun sur son passage, pour notre plus grand fou rire. Olivier est un réel show man et tient son public en haleine, sans temps mort.

 

Olivier Giraud fait usage de grimaces, d’attitudes, de jeux de scène toutes à propos, tel un mime Marceau doué d’une parole percutante avec laquelle il nous fait esclaffer, rire, c’est tellement vrai et incisif que cela devient drôle. L’assistance est toute acquise au comédien, lequel sait chauffer sa salle en quelques instants. Nous voilà au milieu d’américains, de brésiliens, de péruviens et d’une dizaine d’autres nationalités qui sont venues voir le seul show en ville qui n’a pas besoin de sous-titres pour se faire comprendre des nombreux visiteurs de la capitale.

 

Olivier nous compte son expérience américaine (il y est parti en 2001 en tant que chef et maître d’hôtel) et il s’en sert pour jouer des comparables avec les parisiens. C’est brillant, bien vu et incisif à souhait, avec tact et humour bien placé. Le show enchaîne les leçons à toute vitesse, c’est énergique et drôle. Olivier fait appel à plusieurs de ses spectateurs sur scène, non sans avoir demander en entrée de spectacle de quels pays vient son audience. De quoi énergiser celle-ci dès le commencement des réjouissances. Il est vrai que les touristes venus du monde entier mettent une drôle d’ambiance tout feu tout flamme dans ce petit Théâtre des Nouveautés. La salle est comble chaque soir ou presque dans ce théâtre de 600 places au style renaissance italienne.

 

Le centre d’intérêt du spectacle est de dépeindre les travers des parisiens et des parisiennes, cette race spéciale de français que l’on oppose à la Province. Tout y passe et Olivier ne se gêne pas de couper au scalpel dans la caricature drôle, franche et vivante, nous sommes pliés de rire à chaque boutade. Olivier peint la satyre du parisien dans le métro, du parisien au restaurant, du parisien en boîte de nuit, du parisien prenant le taxi, ou même du parisien au lit, oh là là ! Tout est traité avec légèreté, humour, grivoiserie parfois et le tout est très réussi. La salle est acquise et c’est avec bonne humeur que nous quittons la jolie salle or et rouge. Les jours suivants celui-ci, nous nous amusons à identifier les attitudes parisiennes décrites dans cette stand-up comédie réjouissante.

 

Cette comédie réussie sera l’objet de nombreuses discussions les jours suivants avec votre invitée venu de l’étranger. Elle a beaucoup apprécié celui-ci, cela l’a aussi éclairé sur des attitudes parisiennes vécues. Car si le spectacle d’Olivier est une exagération voulue, il n’en reste pas moins basé sur les fines observations d’Olivier, lequel est revenu vivre à Paris après six années vécues aux Etats-Unis.

 

Le spectacle est un vrai succès et fait salle comble au point que la presse a même du mal à y être bien placée quand elle vient. Il est l’un des rares spectacles joués en anglais à paris et est le rendez-vous incontournable pour qui visite Paris. Un spectacle tout à fait accessible à des français pour peu qu’ils comprennent l’anglais de base.

 

Un spectacle bien rodé, joué plus de 1600 fois à Paris et vu par plus de 500 000 spectacteurs depuis le 10 mai 2009 après deux ans d’écriture, qui ravira tous les spectacteurs venus du monde entier mais aussi les parisiens qui s’esclafferont allègrement sur leur propre attitude. Nous serions ravis de voir le spectacle évoluer vers une nouvelle version, nous permettant de le revoir avec allégresse et entrain avec nos amis étrangers.

 

Un spectacle énergique 100% en anglais qui donne la pêche, à vivre au Théatre des Nouveautés (direction Pascal Legros) établi avec brio au 24, boulevard Poissonnière 75009 Paris. Pour cette belle redécouverte, nos remerciements s’adressent à Marie Auburtin de French Arrogance Productions. Non recommandé aux enfants de moins de 16 ans. - www.oliviergiraud.com - Juillet 2018

 

La Nuit aux Invalides
Paris

Un spectacle magistral renouvelé - A l’approche de l’été à Paris, nous avons plaisir à vivre et à écrire sur d’autres types de spectacles que les classiques théâtres et opéras. La saison estivale parisienne est riche de manifestations et de beaux spectacles inédits. A l’instar du Château de Versailles qui présente chaque année ses riches sons et lumières, un autre grand monument national s’est plié à la mise en scène de sa belle architecture, il s’agit de l’Hôtel National des Invalides à Paris, qui nous reçoit ce soir de juillet en grande pompe.

 

Nous allons assister à un spectacle revisité, présenté dans sa 6ème édition, en lien cette année avec la célébration du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, rappelons que nous sommes ici dans l’enceinte militaire des Invalides et de son musée national. Si ce beau spectacle nocturne de sons et lumières a lieu chaque été, cette année, il bénéficie de nouveaux moyens techniques, à savoir des lasers 4K de dernière génération, pour un rendu formidable de couleurs vives et de définition inégalée. Un spectacle magistral qui n’est pas sans rappeler celui qui a eu cours l’année précédente en novembre sur la façade de Notre-Dame-de-Paris, Notre-Dame de Coeur, un autre spectacle magnifique de Bruno Sellier, nous avons hâte.

 

Après un diner réussi rue de Rivoli au Roch Hotel et Spa, nous voilà arrivant sur la belle Esplanade des Invalides, revêtue de ses atours nocturnes, avec la Tour Eiffel scintillante en toile de fond. Il est 22 heures et Diane de la société organisatrice du spectacle, Amaclio Productions nous reçoit avec tous les égards. Elle nous accompagne jusqu’à la grande Cour Carrée des Invalides, nous la découvrons majestueuse, impressionnante, belle. Elle vient de plus de connaître une jolie rénovation de ses façades. Des spectateurs se sont déjà placés dans la cour, sur des chaises ou à même les pavés afin d’être au centre de cette grande scénographie que nous allons pouvoir admirer sur trois des quatre façades de l’édifice. Nous nous asseyons et notre invitée anglophone s’équipe d’un audio-guide-traducteur en anglais afin qu’elle puisse profiter du spectacle au mieux.

 

Le spectacle suit la narration du jeune Martin, qui en août 1914, découvre la première Guerre Mondiale, au travers de ses tantes Eulalie et Victoire. S’en suivent 35 séquences narratives imaginées par le brillant Bruno Sellier, le talentueux scénographe et metteur en scène français, auteur de nombreux spectacles à dimension architecturale remarquable.

 

Le spectacle commence et nous voilà emportés dans cette narration magistrale, lumineuse et sonore. Les séquences défilent et tour à tour des photos d’époque ou le bâtiment lui-même se mue en vecteurs de narration libre et chatoyant. Tout devient immense, fort et puissant sur ces immenses façades. L’histoire nous est contée et nous redécouvrons ce tragique évènement. Le contenu narratif est finement traité, donnant un vibrant message de paix. Nous nous surprenons à connaître des émotions vives en vivant ce beau et grand spectacle. Nous aimons en particulier tous ces jeux fins et orchestrés de ces couleurs vives qui s’animent sur les façades. L’édifice prend presque vie, c’est tout simplement splendide, nous en restons bouche bée. L’un des spectacles d’arts visuels les plus réussis vus ces dernières années assurément.

 

En cet été 2018, nous bénéficions de la qualité des rénovations des façades de la cour intérieure de cet Hôtel des Soldats construit par Bruant et Mansard suivant le souhait de Louis XIV. 350 ans d’histoire nous contemplent ici et nous sentons la solennité unique de ce lieu chargé d’histoire. Le Dôme des Invalides nous surplombe illuminant Paris de son aura lumineuse. Les voix de Benoit Allemane (la voix française de Morgan Freeman), Céline Monsarat (la voix française de Julia Roberts) entre autres nous bercent de belles sonorités narratives.

 

Passé ces moments forts d’émotions visuelles, nous sommes invités à déambuler dans le Dôme des Invalides, éclairé de mille bougies, suivant une scénographie orchestrée par Bruno Sellier. Un moment rare et sublime, nous découvrons les voûtes grandioses du Dôme toutes illuminées. La nuit, un tel lieu prend toute sa magie, en particulier revêtu de ses plus beaux habits de lumière. Le décor entier, les murs sont plongés dans une lumière fine bleutée apaisante s’alternant de rose et d’autres couleurs chatoyantes, c’est très réussi. Nous déambulons dans les coursives, descendant dans la salle aux colonnes contenant le tombeau de Napoléon. Nous sommes admiratifs d’un tel travail de scénographie lumineuse faisant appel à la riche créativité du scénographe français. Tout ici est sublime et cette découverte libre en nocturne du Dôme fait écho avec grâce au spectacle chatoyant que nous venons de voir. Nous repartons de cette soirée avec des étoiles dans les yeux, convaincus d’avoir vécu un moment privilégié et exclusif.

 

Amaclio Productions nous réjouira d’autres spectacles présentés en France cet été, tel le son et lumières au Mont Saint-Michel intitulé Les Chroniques du Mont, au commencement, un spectacle féérique présenté au sein de l’abbaye éponyme. Mais aussi au château comtal de Carcassonne dans le Sud, une épopée brillante intitulée La Cité des Pierres Vivantes. Amaclio fait figure de production dynamique dans la création des arts vivants français, faisant le bonheur des 700 000 spectateurs qui ont vu leurs créations originales depuis sa création en avril 2012.

 

Amaclio a prouvé son expertise spécifique dans la maîtrise des scénographies, la mise en valeur des lieux du patrimoine exceptionnel que comprend la France, notamment au travers de spectacles qui ont fait date telles Les Luminescences d’Avignon dans le Palais des Papes (350 000 spectateurs), Les Ecuyers du Temps au Château de Saumur au Cadre Noir (30 000 spectateurs) et La Conquête de l’Air au Grand Palais (25 000 spectateurs). Autant de magnifiques créations oniriques qui ont séduit Français et touristes étrangers avec succès.

 

Pour la découverte de ce spectacle majestueux, nos remerciements s’adressent à Diane Soulié d’Amaclio Productions. La Nuit aux Invalides, un spectacle de l’été à part, riche d’émotions, qui ne laissera personne indifférent. Retrouvez La Nuit aux Invalides sur www.lanuitauxinvalides.fr ainsi que les autres spectacles d’Amaclio sur www.amaclio.com. Un spectacle parisien d’exception à vivre jusqu’au 1er septembre. - Juillet 2018

 

Où est Jean-Louis?
Au Théâtre de la Michodière

Acteur le temps d’une soirée - Le théâtre de la Michodière, situé dans le deuxième arrondissement de Paris, nous propose de venir voir leur spectacle Où est Jean-Louis? En effet, pour la première fois, nous avons eu l’occasion de voir une pièce de théâtre unique en son genre, puisqu’elle est basée sur l’interaction avec le public. Acteur ou spectateur, à nous de choisir!

 

Voici un concept original qui tient à la fois de l'improvisation, de la pièce catastrophe et du jeu de rôle interactif avec des spectateurs volontaires choisis dans la salle avant le début de la représentation. Plusieurs Jean-Louis se succèdent et sont guidés par la troupe de comédiens dynamiques, pleins d'humour et quelque peu goguenards.

 

Un comédien Philippe organise une soirée déterminante pour l'avenir de sa boîte. Un invité mystère doit venir la dynamiser. Et vous l'avez déjà deviné, ce fameux convive Jean Louis sera choisi parmi le public. Voilà l’idée originale de Gaëlle Gauthier, auteure de la pièce, dont l'objectif est de permettre à son public de comprendre plus amplement l’art du spectacle. Oscillant entre comédie traditionnelle, improvisation et interactivité, elle souhaite créer un moment unique et rare pour tous, aussi bien pour les comédiens que les spectateurs du jour. On va assister à un mélange des plus étonnants où se mêle différents genres de représentation. Pour orchestrer tout cela, elle fait appel à une tête qui vous est familière : Arthur Jugnot.

 

L'artiste aux multiples talents, metteur en scène, comédien et magicien, n'a pas hésité une seule seconde à se lancer dans ce projet quand Gaëlle Gauthier lui propose un partenariat. Arthur Jugnot a mis à profit toute sa palette de qualités afin de créer un spectacle original avec la contrainte de l'invité mystère. C’est un réel défi qu'ils se sont lancés et il est réussi.

 

Nous sommes tranquillement assis dans une jolie salle du théâtre de la Michodière et regardons ce petit monde évoluer dans un décor astucieux et esthétique. Le scénario traite d'un sujet sérieux mais le drame n'entre pas sur scène. Seuls les dialogues comiques et subtils nous arrivent en pleine face et nous font rire d'un bout à l'autre de la pièce.

 

Les comédiens entourent le personnage-mystère de Jean-Louis sans que celui ci ne soit mal à l'aise à un seul moment. L'ensemble est bien structuré, quelque peu déjanté. Le public ne peut qu'être réactif à ce concept qui a tout de l'exception.

 

Nous n'essaierons pas de qualifier cette prouesse artistique car Où est Jean-Louis? est inclassable. Laissons-nous emporter, le temps de la représentation , dans le monde barré de ces comédiens très professionnels. Nous avons été enthousiasmés par la légèreté des dialogues et avons totalement oublié l'aspect dramatique du scénario. Un bon moment à ne pas rater! Vous aurez l’occasion d'assister à un moment créatif et surprenant. Chaque représentation est assurée par les talents d'une troupe de six artistes.

 

Pour cette pièce de théâtre unique et enrichissante, nous remercions principalement la troupe d’Où est Jean-Louis?, Guillaume Andreu, responsable des relations presse, ainsi que nos rédacteurs, dont Clémentine Perrot et Julien Morin. Rendez-vous au théâtre de la Michodière jusqu’aù mardi 31 juillet, pour venir voir Où est Jean-Louis? au 4 bis Rue de la Michodière dans le deuxième arrondissement de Paris - www.michodiere.com

 

                                                                                                                                          Juillet 2018

Magie Nouvelle
Théâtre du Rond Point

Le rendez-vous de la nouvelle magie -  Nous nous sommes rendus en ce chaud après-midi de mai dans la salle Topor du Théâtre du Rond Point des Champs-Élysées pour venir s’initier aux charmes de la magie, à l’occasion d’un festival associant les jeunes talents de la discipline.

Nous assistons à un programme riche et varié et en particulier, trois scénettes magiques nous sont proposées: un numéro circassien qui défie les lois de la gravité, puis un échange musclé entre un artiste contorsionniste et son double, pour finir par une séance de thérapie collective d’un mentaliste hors pair. Ce sont aussi trois spectacles différents qui nous où en apprennent toujours plus sur le fonctionnement très intéressant de la magie. Découpé en trois parties, le spectacle nous promet d’être fabuleux et nous attendons avec impatience le top départ de la première scène. Tout d’un coup, un artiste rentre dans la pièce.

 

Déluge, tiré du spectacle officiel En Apesanteur mise en scène par Jocelyne Taimiot, est le premier acte, il nous épatera pour une durée de 55 minutes. Le temps passe si vite, nous sommes subjugués à chaque minute par La Compagnie Sans Gravité. Pas de répit, tout est superbe sous une forme de cabaret. Nous sommes subjugués par ce premier numéro, un artiste sensible, Rémi Lavesne qui tel un Chaplin souriant se joue des lois de la gravité en faisant léviter ses petites balles. Tout simplement bluffant, maîtrisé et d’une poésie touchante. Spectacle de jongle peu commun, il nous impressionne à chaque balle volante. Son mérite fut d’ailleurs reconnu puisqu’il gagne plusieurs nominations concordant au numéro primé au Festival mondial du cirque de demain, le prix Arte ou encore élu acrobate de Chine et Bretagne circus. Un jeune homme talentueux, qui nous surprend grâce à son numéro en apesanteur.

 

L’interlude est assuré par l’organisatrice du festival qui donne la parole à chaque artiste après son numéro. Vient ensuite, le second numéro extrait de R.A.G.E par Les Anges Du Plafond. Le célèbre Romain Gary, alias Emil Ajar comme nom d’emprunt, écrivain français important de la seconde moitié XXe siècle, a aussi inspiré notre scénette. La seconde pièce est un duo combatif entre un artiste et son double, ce dernier ne souhaitant pas le quitter, mêlant magie, comédie, projections, marionnettes, scénographie innovante et mouvante. Un jeu de narration et d’action qui s’enchaîne avec vigueur, décrivant l’aspect tourmenté de l’homme. Une pièce qui mettra en jeu le miroir et son double par des effets de superpositions choisies comme par exemple des duels aux pistolets. La scénette nous amène à se poser des questions sur la dépendance, sur la problématique du double qui n’arrive pas à se séparer de son double. Impressionnant, le spectacle nous captive complètement avec ses tours de passe-passe mêlé au côté poétique.

 

Viens enfin le troisième extrait du spectacle Synesthesia de la compagnie Nocebo. Mis en scène par Paul Spera, conçu et interprété par Andréa Redavid, un mentaliste très doué, il étonnera toute l’assistance par ses jeux de devinettes et de déductions, par ses gentilles manipulations et ses prouesses intellectuelles mais aussi physiques. Du grand art, on décèle un fort potentiel chez cet artiste brillant. Son spectacle, demandant une réflexion autour de la pression sociale, est une bouffée d’air frais sur nous-mêmes et nos interactions aux autres. Nous avons beaucoup apprécié ce moment d’étonnement collectif frôlant le crédible. En fond, une petite musique des comédiens du conservatoire s’accorde parfaitement avec l’ambiance du spectacle. Cela rajoute d’autant plus de merveilleux à cette impressionnante scène d’Andrea. Le spectacle toujours en écriture,  nous a montré seulement une étape de leur travail et promet d’être encore meilleure une fois fini. Nous avons grande hâte de pouvoir voir leur travail accompli tant une de leurs parties fut envoûtantes.

 

Nous remercions vivement chaque acteur, comédiens d’avoir partagé avec nous leurs talents lors des spectacles de Magie Nouvelle. De plus, un grand merci à Eloise Seigneur, l’assistante du service presse et Clémentine Perrot notre rédactrice. Une programmation remplie de spectacles admirables au théâtre du Rond Point des Champs-Elysées : www.theatredurondpoint.fr 

Juin 2018

L'Ecran Pop
Grand Rex

Entre cinéma et karaoké - C’est au Grand Rex, temple parisien du spectacle que nous assistons à un nouveau show mêlant cinéma et karaoké, au sein d’une salle comble et chantant à tue-tête. C’est sur la très aimable invitation d’Alexandra Gaillard que nous découvrons le spectacle à succès l’Ecran Pop, une grande célébration rythmée et joyeuse des joyaux du cinéma chanté français et international. Inspiré de la tradition anglo-saxonne du Sing-Song, l’Ecran Pop est une réelle révélation pour la société française. Il ne s’agit pas de prendre place dans son confortable siège de cinéma mais bien d’entrer pour un immense karaoké. En effet, ici, se lever, danser, chanter et rigoler sont les mots maîtres de l’événement.

 

Nous accédons à la salle, impatients de découvrir l’ambiance qui y régnera tout au long du film, et nous avons grande hâte qu’il commence pour pouvoir chanter à plein poumons. Nombre de spectateurs ont joué le jeu en se vêtant à la façon des années 1960, puisque le film de ce soir n’est autre que Les Demoiselles de Rochefort, la célèbre épopée chantée de Jacques Demy, sorti en 1967, et mettant en scène Catherine Deneuve, Françoise Dorléac et Gene Kelly. Célèbre comédie musicale, le scénario de ce film conte l'histoire de jumelles, professeurs de danse et de solfège à la recherche du but ultime de la vie, l’Amour. C’est en chanson, notamment la célèbre Chanson des Jumelles que nous approuvons le choix du film.

 

Le chef-d’œuvre français commence quelques instants après avoir laissé place à un mini-show immergeant les spectateurs dans la réalité proposée par le film. Chauffeur de salle, jeux, défis et cadeaux à gagner, tout est mis en œuvre pour que notre préséance soit des plus divertissantes. Nous avons par ailleurs remarqué que des sous-titres ont été ajoutés afin de ne manquer aucune parole lors de ce véritable karaoké, cela nous amuse énormément et nous accompagne encore plus dans la démarche de la réalité du show.

 

Dès la première chanson de la populaire comédie musicale, tout le monde acclame, se lève, danse et s’amuse. Nous constatons que même cinquante ans après, les chansons iconiques des Demoiselles de Rochefort n’ont perdu en rien leur bonne énergie et encore moins de leur popularité, nous adorons. Le public est riche de fans qui reprendront toutes les chansons du film, chauffé par un animateur doué en préambule. L’ambiance est à son comble, l’animation est garantie. Nous assistons à bien plus qu’une séance de cinéma, c’est un véritable show sur l’écran et dans la salle. Une ambiance festive qui nous surprend, mais qui nous évite l’ennui.

 

De plus, la qualité sonore de la salle ajoute à la vision qualitative de ce film mythique un certain relief. L’écran est immense et nous permet d’être dans une ambiance stylistique encore plus réelle. Nous avons comme une impression de se trouver dans le film, parmi chants, bonheur et comédie. Nous avons passé une belle soirée, plongés dans l'ambiance par un public conquis et festif. Depuis sa découverte au Grand Rex, l’Ecran Pop ne cesse de faire parler de lui dans les médias ou sur les réseaux sociaux. C’est une expérience très positive que nous admirons et que nous renouvellerons volontiers, en particulier si des films plus modernes peuvent être présentés. Une tournée française est aussi prévue afin de faire partager ses magnifiques moments à tous les curieux. Et nous sommes sûrs d’une chose, c’est que l’Ecran Pop ne peut que plaire aux français.

 

Nous remercions ainsi Alexandra Gaillard, chargée de communication de Bubbling Bulb au service de l’Ecran Pop. Merci aussi à notre rédactrice, Clémentine Perrot. Aujourd’hui à l’affiche, le spectacle «Mamma Mia!», jusqu’au 20 juillet 2018 pour celles et ceux voulant chanter et danser toute la soirée au Grand Rex, situé au 1 Boulevard Poissonnière, 75002 à Paris. Retrouvez tous les événements sur leur page: www.lecranpop.fr   

 

Juin 2018

Tabarnak  
Théâtre Bobino

Une grand’messe sous le chapiteau – Ou, dans ce cas précis, sur scène. Tandis que l’avenir du cirque semble précaire, notamment après la liquidation judiciaire du Cirque Pinder et les différentes injonctions des associations de défense des animaux demandant à ce qu’il n’y ai plus de représentations d’animaux, il est appréciable de constater que le cirque parvient à se réinventer, comme le prouve nos amis outre-Atlantiques du Cirque Alphonse.

 

Leur spectacle, Tabarnak, se déroule ainsi sur la scène du magnifique Théâtre Bobino. Tandis que le public s’installe, nous pouvons voir l’équipe au complet se reposant sur scène, au beau milieu d’un capharnaüm organisé. Rapidement, trois d’entre eux se dirigent vers le fond de la scène, au sommet d’estrades dominant la représentation. Après une rapide « vente aux enchères » d’un bonnet tricoté par l’un des comédiens avant le début du spectacle, le cirque commence enfin.

 

Nous assistons alors à une série de numéros de hautes voltiges, à couper le souffle. Equilibristes, acrobates, danseurs, funambules, clowns, nos protagonistes sont parfaitement capables d’incarner tout cela à la fois. Nous ne pouvons qu’être alors impressionnés par leurs capacités physiques semblant hors du commun tandis qu’ils cabriolent en tous sens, dansent en rollers ou se désarticulent au sommet d’une corde. A chaque instant, notre regard est happé par les prouesses physiques et l’énergie déployées par les différents acteurs. Les numéros d’équilibristes et de funambules nous ont particulièrement coupé le souffle, tandis que nous pouvions admirer ces athlètes effectuant des figures de hautes volées sans souffrir du vertige ou de l’épuisement.

 

Nous avons particulièrement retenu les performances de Nikolas Pulka, notamment lors de son numéro de corde, ne se retenant à cette dernière qu’avec une seule main. Son aisance à évoluer au-dessus du vide, son agilité et sa souplesse nous ont émerveillés. Nous pouvons sans guère remords distribuer une seconde palme à David Simard, le compositeur et l’un des membres du trio de musiciens, pour sa capacité à chanter, jouer du violon ou de la guitare électrique avec une fluidité des plus déconcertantes.

 

Le spectacle semble être construit sur une certaine vision quelque peu détournée des rites chrétiens, plus particulièrement catholiques (aka la façade du christianisme) : l’orchestre joue des chants mêlant le latin et le français, l’on entonne une chanson paillarde à la gloire (?) du curé et l’on assiste à une parodie de baptême, le tout sous un vitrail qui ne déparerait guère dans une nef. Pourtant, n’allez pas croire que ce spectacle verse dans un mantra d’anti-catholicisme ! Là n’est pas son but et quelqu’un pensant cela devrait… Devrait tourner sept fois sa cervelle dans sa boite crânienne. En effet, chez nos cousins québécois, il n’est pas rare que les sacres, les jurons, emploient le vocabulaire religieux : ostie, ciboire, crisse, câlice, voire même Jérusalem.

 

L’énergie déployée par ces six acrobates est à la limite du croyable. D’un bout à l’autre de la scène, de droite à gauche ainsi que de haut en bas lorsqu’ils nous surprennent à prendre de la hauteur par leurs prestations de figures de gymnastique acrobatique ou bien perchés en haut d’une corde ; ils sont tout simplement époustouflants. La bonne humeur qu’ils dégagent est communicative : le Cirque Alfonse sait toucher son public et l’emporter littéralement dans son aventure. On ne s’en lasse pas : l’illustration de leur agilité et de leur maîtrise nous laisse toujours un peu plus conquis. C’est à se demander comment ils réussiront à nous surprendre encore une fois, et pourtant le grandiose est, à chaque nouvelle démonstration, toujours au rendez-vous ; et le charme opère. Nous en sommes ressortis admiratifs et épatés, le cœur léger, comme des enfants ; avec des images de haute voltige inouïes plein les yeux. Cette troupe attachante et dynamique donne envie d’oser croire en nos rêves les plus fous.

 

Pour finir sur l’impression de la rédaction : tabernacle, mais pourquoi êtes-vous encore en train de lire cet article plutôt que de prendre vos places pour aller voir ce maudit spectacle ? On dirait que vous attendez de vous faire câlicer ! Nos remerciements vont à Xavier Chezleprêtre, d’Attitude, pour nous avoir permis de nous régaler lors de cette soirée mémorable, ainsi qu’à Adèle Mondine et Antoine Barré, nos rédacteurs. Tabarnak, une création du Cirque Alphonse, se produit du 16 mai au 9 juin 2018, au Théâtre Bobino. Crédits photos : Audric Gagnon & Guillaume Morin. www.bobino.fr

 

Mai 2018

La Voie de l'Ecuyer  
Château de Versailles

L'art équestre se trouve à Versailles - Un spectacle féerique et magistral nous a enchanté en ce dimanche après-midi versaillais, sous un soleil radieux. Nous avons eu en effet la chance de pouvoir être présent à l’un des spectacles équestres de la Grande Ecurie du Château de Versailles. Tandis que nous avancions à l’entrée du domaine, un grand manège extérieur nous permettait d’imaginer le spectacle. Ce dernier est situé dans les écuries royales du Château de Versailles là où, à l’époque, le Grand Ecuyer gérait ses chevaux hauts placés.

Le célèbre chorégraphe et glorieux directeur artistique Bartabas, soucieux de pouvoir transmettre ses talents artistiques, se lance en 2003 dans la fondation d'un spectacle mêlant art équestre, danse, musique et comédie. Depuis maintenant 14 ans, Bartabas se démène pour nous présenter des spectacles toujours plus travaillés et impressionnants. Toujours très performant, cet écuyer d'exception et pionnier compte préserver la beauté de l'équitation française alliant la pensée chorégraphique grâce à ses nombreux autres spectacles tels que Les juments de la nuit ou encore Le Requiem en 2017. Nous saluons ici les traditions équestres perpétuées par l’Académie Équestre de Versailles, de ce travail renouvelé au quotidien, assurant la maîtrise et la perpétuation des traditions équestres françaises. Et, tandis que nous prenons place, chacun a hâte de voir ce que cette représentation nous réserve...

Ainsi, le spectacle commence sur les chapeaux de roues dans l’immense manège fait de bois et de miroirs. Les adroites cavalières et leurs superbes montures nous régalent de pas doux, langoureux, dansés avec souplesse, magnifiant l’essence-même de l’art équestre, tout en nous impressionnant par leurs talents d’archères. Carrousels des lusitaniens, escrime, Sorraias menés par de longues rênes, jeu de miroir entre un cheval et sa cavalière ou encore un lâcher d’équidés, chacune des scènes nous garde en haleine. Entre chaque représentation nous assistons à une reprise de dressage au pas, puis au trot et enfin au galop nous rappelant la beauté, la puissance et la finesse de ce noble animal. Chaque maîtrise du pas de l'équidé est expliquée, avec pour modèle un grand cheval noir, qui nous déroule sa reprise avec perfection. Nous sommes ainsi subjugués, en attente de chaque scénette qui agit sur nous comme dans une charmante hypnose, nous faisant admirer la grâce et l’action de ces admirables destriers.

Bartabas nous livre ici son interprétation libre et humaine de ce qu’est l’art équestre, retraçant les traditions françaises et ethniques au fil de ces contes choisis. Les scènes japonisantes laissent ainsi places aux clavecins du 17ème siècle, tout s’enchaîne avec harmonie et le public, émerveillé, applaudit avec chaleur chacune de ces remarquables performances.

Tout s’enchaîne avec une certaine magie et vient alors un moment inattendu. Les lusitaniens s'approchent les uns des autres guidés par leurs cavalières respectives. De leurs voix de sirènes, elles commencent à chanter en chœur et nous enjôlent avec leur chorégraphie. La féerie des mots, des chants et des gestes nous empare d’une ferveur enthousiaste, sertie du cadre majestueux qu’est cette grande salle d’apparat des Ecuries Royales de Versailles. Assister à ce spectacle est un luxe de poésie, un foisonnement d’allégories enchanteresses. On aime se perdre dans le rythme calme et voluptueux de ces scènes de vie, de cet art du dressage et des arts martiaux. Le spectacle est une grand’ porte ouverte sur l’art de l’écuyer, ce fin art de maîtrise et de complicité avec le cheval.

Ce spectacle est une réussite totale, nous sortons émerveillés de ce show célébrant les arts fins français et l’excellence de l’équitation nationale. Finesse et grâce caractérisent ces superbes histoires rythmées par la musique classique qui emplit la grande salle équestre, décor choisi de ces démonstrations d’adresse et de maîtrise complice. Un spectacle rare, à voir chaque année, comme une entrée dans le monde harmonieux de l’homme et du cheval. La Voie de l’Ecuyer est un divertissement original et précieux, au firmament de la grâce et de la vertu. Une visite des écuries est ainsi prévue, et nous pouvons découvrir, et saluer, tous les équidés qui nous ont tant fascinés; à savoir Balestra, Chagall et Bartok. Nous pouvons ainsi découvrir leur lieu de repos, leur intimé, et leur état naturel. L’émotion de la rencontre avec l’animal nous emplit, à la fois singulier et bouleversant et, l’espace de quelques instants, on aimerait être à la place de ces cavalières et cavaliers, qui nous rappellent de joyeuses rêveries d’enfance, de ce désir de maîtriser cet animal ancestral, un grand ami de l’Homme.

Le public, sous le charme, est enthousiaste, composé de tous les âges, il ressent l’émotion vive et le désir d’excellence qui sied à ce spectacle d’une rare intensité, tout en douceur. Nous sommes loin du grand show circassien, mais dans l’expression imagée et poétique des arts premiers de l’Homme. Des chorégraphies, aux costumes, en passant par les cavaliers et leur monture, tout est adopté afin de nous impressionner.

Un grand merci à tous ses intervenants ainsi qu'à Cécile Berthelot de nous avoir permis d'assister à ce super spectacle équestre, et Clémentine Perrot notre rédactrice qui a beaucoup apprécié cette sortie. En spectacle chaque week-end, l'Académie Équestre de Versailles saura vous éblouir autant que nous. www.bartabas.fr

 

Mai 2018

Comédiens ! 
Théâtre de la Huchette

Une théâtrale mise en abime – Pierre et Coco sont sur la scène du Théâtre de la Huchette, attendant nerveusement Guy, qui doit remplacer au pied levé Lucien, le comédien usuel. Nous sommes en 1948, 9 ans avant qu’Ionesco n’investisse quotidiennement les lieux. Ce soir, le Théâtre de la Huchette ouvre ses portes au public pour la première fois.

 

Ce soir doit se jouer « Au Diable vauvert ! », monté par Pierre, un monteur en scène lyonnais, qui vient pour la première fois de sa vie dans la capitale en compagnie de Coco, son épouse et comédienne dans la même pièce. Lucien, le comédien avec lequel ils jouent d’ordinaire, a fait une chute en bicyclette et est incapable de jouer. C’est pour cela que Coco a fait appel à un de ses anciens camarades de l’école de théâtre, Guy, pour le remplacer. Mais ce dernier a la fâcheuse tendance à arriver en retard. Quand il arrive enfin, le trio se lance dans une rapide répétition de la pièce, durant les dernières heures précédant l’arrivée du public. Au Diable vauvert est une pièce dans la plus pure tradition vaudevillienne à la Feydeau, avec son lot de mari cocu, domestique peu scrupuleux, épouse manipulatrice et amant paumé, rythmé par des passages musicaux mêlant l’esprit original du théâtre de boulevard et le principe des comédies musicales façon Marx Brothers, où les chansons interviennent, parfois de façon absurde, quelle que soit la situation.

 

Malheureusement, cette dernière répétition n’est pas si rose… Pierre est frustré, car il est monté à Paris pour la première fois de sa vie, et a peur du regard que porteront les « grands acteurs » qui viendront immanquablement à cette grande première… Après tout, ne sont-ils pas eux aussi des amis d’école de Coco, la seule raison pour laquelle ils viendraient ce soir ? Pour couronner le tout, cette dernière cherche à s’émanciper, à s’éloigner quelque peu de son époux afin de jouer dans une pièce plus prestigieuse, sous la direction d’Henri Delcourt, qui est, pure coïncidence, un de ses anciens camarades… Et son premier amour.

Ainsi, les esprits vont commencer à s’échauffer tandis que l’heure fatidique s’approche. La tension monte, jusqu’à un final à couper le souffle, dont le charme est brisé tandis que Pierre transgresse le quatrième mur deux fois… En même temps.

 

Comédiens ! est une pièce excellente, une tragi-comédie qui enveloppe les spectateurs en son sein, avant de les emmener dans un lieu peu connu de ces derniers : l’envers du décor, les coulisses du spectacles, ce qu’il se passe durant les répétitions. Si la majorité de la pièce est inscrite sous le ton de la comédie, le dernier acte fait rapidement intervenir la tragédie. Nous restons impuissants, oppressés, tandis que cette dernière se déroule sous nos yeux, paralysés sur nos sièges, incapables d’imaginer une quelconque réaction. La façon dont le spectacle se conclut nous laisses dans un profond état de choc, dont nous nous éveillons par le secours de quelques mots si anodins d’apparence, et pourtant si rudes…

Le résultat de ce mariage entre la tragédie et la comédie laisse en nous un sentiment ambigu, difficile à décrire, tant les polarités opposées sont présentes, faisant de ce spectacle un véritable bijou, tant en matière de mise en abime que de ressenti final.

 

Cyril Romoli et Marion Préïté, respectivement Guy et Coco, jouent à merveille leurs rôles, mais la palme du meilleur acteur revient sans conteste à Fabian Richard qui campe un Pierre magnifique et tragique à la fois, avec un jeu d’acteur bouleversant. Il oscille ainsi entre le metteur en scène stressé à l’idée de se produire pour la première fois à Paris et l’époux dévoré de jalousie, passant d’un rôle à l’autre avec une grande maestria.

 

Nous tenons à remercier Eric Chantelauze, de l’Agence Rien que pour vos prods, ainsi qu’Antoine Barré, notre rédacteur. Comédiens ! se joue au Théâtre de la Huchette, 23 rue de la Huchette, Paris 75008, jusqu’au 23 juin 2018. www.theatre-huchette.com

 

Mai 2018

Une nuit, une vie 
Théâtre Le Funambule

Une nuit de complicité - Nous sommes un dimanche de 15 août, dans un Paris déserté de ses touristes (et des Parisiens). François a rendez-vous le lendemain avec son fils pour des examens médicaux. Il descend donc dans un hôtel de la capitale, où il est accueilli par le seul membre du personnel resté sur place : Valérie, la femme de chambre. Tout semble les séparer, de prime abord : il est réservé, sans doute inquiet vis-à-vis de sa visite médicale, elle est pétillante, énergique et charmeuse.

 

Tandis qu’elle s’invite dans sa chambre pour un (frugal) dîner, ils se découvrent petit à petit, par le biais de leurs premiers amours, qu’ils soient maladroits et touchants ou rudes et émouvants, ou par leurs expériences personnelles. Ils se dévoilent ainsi, non seulement l’un à l’autre, mais aussi au public, invitant ce dernier dans cette intimité troublante. Bien entendu, les maladresses et les éclats de voix ne peuvent être évités, mais ces derniers, bien que soudains, sont rapidement oubliés afin de laisser place à un rire bienvenu.

 

On ressent une réelle harmonie entre les acteurs, tandis que ces derniers évoluent et échangent sur scène avec une telle fluidité que nous n’avons l’impression d’assister à une pièce, mais à une « banale » scène de la vie quotidienne. Bien que les rapports entre les personnages puissent sembler quelque peu familiers, surtout compte tenu de leurs différences sociales, à savoir une femme de chambre et un client de l’hôtel, c’est oublier l’exubérante personnalité de Valérie, qui vire à plusieurs reprises à l’invasion, tant dans l’espace personnel de François que dans sa vie privée. Ce dernier, bien que plus réservé, parvient tout de même à remporter quelques manches, en jouant sur le principe de : « je conte mon histoire, puis tu contes la tienne ». L’on voit ainsi deux personnages s’ouvrant et se confiant véritablement l’un à l’autre, et dévoilant ainsi leurs blessures profondes, dans une sorte d’appel à l’aide désespéré, le dernier appel du noyé, cherchant une bouée de sauvetage à laquelle se raccrocher… Bouée de sauvetage symbolisée ici par le téléphone de François qui leur accorde non seulement la vie « sauve », mais aussi, d’une certaine façon, la rédemption tant recherchée jusqu’ici.

 

Les performances d’Isabelle Hétier et de Gilles Langlois sont impeccables en tout point et ainsi, tout le long de la pièce, nous rions et pleurons en leur compagnie. D’une certaine façon, nous pouvons voir ici une illustration d’un des thèmes présentés dans Phèdre, de Platon : la recherche de l’âme-sœur, cette autre moitié dont nous fûmes séparés par les dieux afin de nous affaiblir, tandis que la pièce s’achève sur un rêve esquissé, une note d’espoir, dont nous, public, espérons l’accomplissement. Nous ressortons ainsi de la salle, le sourire aux lèvres, enchantés par la vision de cette tranche de vie à laquelle nous venons d’assister.

 

Nous tenons tout particulièrement à remercier Gilles Langlois, auteur de la pièce, pour son aimable invitation, ainsi qu’Antoine Barré, notre rédacteur. Une nuit, une vie se joue au Théâtre Le Funambule, 53, rue des Saules, non-loin du quartier de Montmartre, jusqu’au 29 mai 2018. www.funambule-montmartre.com

 

Avril 2018

Tropique du Panda 
Théâtre du Gymnase Marie Bell

Un nouveau talent comique féminin — Kee-Yoon est l’illustration même de ces personnes dont le parcours nous fait rêver. Née à Berlin de parents coréens, elle gagne ensuite la France. Diplômée de Sciences Po Paris et de l’Essec, la jeune femme a d’abord commencé dans la vie professionnelle en tant qu’avocate, pour finalement se lancer dans une toute autre voie, si l’on peut se permettre d’utiliser la formule au singulier.

 

En effet, si nous la découvrions cette fois-ci pour son spectacle Tropique du panda, le théâtre n’est pas sa seule vocation : chroniqueuse pour France Inter, puis réalisatrice de court-métrage et bientôt de long-métrage, Kee-Yoon a plus d’une corde à son arc. Son premier spectacle, Jaune bonbon, connaît un franc succès. Ce soir, elle nous dévoile encore une fois ses talents théâtraux et humoristiques avec brio. L’intrigue ? Kee-Yoon découvre qu’elle est en réalité un homme. À partir de là, les sujets fusent, des plus pragmatiques comme le droit administratif au plus philosophique, vers la quête du bonheur.

 

C’est au petit Théâtre du Gymnase Marie Bell que nous découvrons la pétillante Kee-Yoon, un joli brin de femme énergique et enthousiaste qui nous livre sa verve acerbe et aiguisée. Son regard vif sur l’actualité et nos travers sociétaux nous renvoie à nos propres paradoxes, à l’incongruité de notre monde. Mis en abîme, on se sent bousculés, dérangés par ses vannes au vitriol mais on rit à propos. Le tout est mâtiné de piquant qui va droit au but, de pince-sans- rire décomplexé et d’un va-tout qui révèle une force de caractère inébranlable. La salle est conquise.

 

Cette jeune artiste plante le décor de la parisienne faussement blasée ou naïve et nous transmet avec aplomb ses réflexions iconoclastes sur notre monde. Il y a du Desproges en elle, au féminin. Si on sent que le spectacle gagne encore à s’approfondir par la maturité (il s’agissait de la seconde première), on voit le talent et l’enthousiasme de cette jeune femme au profond désir d’être sur scène. Les parties chantées de son one woman show sont de délicieuses contrepèteries qui nous ravissent d’un regard aiguisé sur nos lâchetés et nos renoncements au quotidien. De quoi réveiller notre dimanche après-midi d’un zeste d’énergie comique qui déménage. Encouragements pour les talents humoristes de demain et saluons l’aplomb souriant de cette artiste attachante.

 

Nos sincères remerciements vont à l’attaché de presse Guillaume Andreu, ainsi que nos rédacteurs, dont Adèle Mondine. Tropique du panda se joue depuis le 7 avril au Théâtre du Gymnase Marie Bell au 38, boulevard de Bonne Nouvelle 75010 Paris — www.theatredugymnase.com.

 

Avril 2018

Le Ticket Gagnant
Comédie Bastille

L'amitié à l'épreuve du pécuniaire - On se surprend tous à imaginer ce que nous ferions si une somme colossale nous tombait dessus un beau matin. Le Ticket gagnant, joué à la Comédie Bastille, met justement en scène cette grande question. Cette pièce de Tristan Zerbib (également comédien de cette même pièce) et Virginie Caloone, mise en scène par Christophe Segura, raconte l’histoire de deux couples d’amis qui célèbrent chaque année Noël ensembles, et ont pour habitude de s’offrir pour l’occasion un ticket de loto. Sauf que cette fois, c’est la bonne : quelles seront donc leurs réactions ? Cette comédie propose de traiter avec humour cette question taboue que représente l’argent dans notre société.

 

C’est la première collaboration des auteurs de la pièce, Virginie Caloone et Tristan Zerbib. La première est une comédienne, scénariste et réalisatrice formée à l’Ecole Florent, auteure de pièces de théâtre et active dans le télévisuel avec notamment sa première réalisation diffusée sur France 3, Underwater. Tristan Zerbib, quant à lui, fréquenta le Studio Alain de Bock puis le Cours Viriot avant de lancer sa carrière dans la comédie. Il s’oriente sensiblement vers un domaine qui lui est cher : celui du rire, exploitant par exemple l’univers clownesque dans les comédies qu’il écrit, mais a aussi touché au cinéma en jouant dans un film de Luc Besson.

 

C’est la première mise en scène de Christophe Segura, directeur et programmateur de la Comédie

Bastille. Après un parcours original, puisqu’étant passé par la comptabilité, la mode et l’agriculture avant cela, il est aujourd’hui un véritable passionné de spectacles vivants, auxquels il s’est formé ces dernières années. Ce qui lui a plu dans cette pièce, c’est notamment le fait que cette comédie ne relève pas seulement du comique : elle va plus loin en mettant en scène une situation cocasse où la question des rapports humains se pose. Dans un contexte si particulier, comment réagiront ces amis de longue date? La pièce promet de nombreuses péripéties, ancrées dans un grand dynamisme que les comédiens Adeline Zarudiansky et Brice Ormain, deux grands noms du théâtre et du cinéma français, sans oublier Tristan Zerbib, ne manquent pas d’exprimer.

 

Cette pièce a l’heur de nous montrer comment, aujourd’hui, notre rapport à l’argent peut autant être une source de soulagement et de bonheur, mais aussi de destruction. Durant ce (trop court) laps de temps, nous passons par nombre d’émotion, et notamment le rire. Une des grandes forces de ce spectacle est de tourner en dérision certaines situations et attitudes qui ont plutôt tendance à nous peiner dans notre vie quotidienne, en raison de leur caractère tragique. Enfin, vient la grande question, celle que tout le monde se pose : « Si je gagne le gros lot, comment réagirions-nous ? Comment réagirons nos amis ? »

Le Ticket gagnant est une pièce rafraîchissante, un reflet de ce qu’est l’être humain, soulevée par d’excellent acteurs, tout à fait capables de nous transmettre leur énergie comique, et nous ne parvenons à nous empêcher de sourire en sortant de la salle.

 

Nous remercions chaleureusement Christophe Segura pour son invitation, ainsi que nos rédacteurs, parmi lesquels Adèle Mondine. Ticket gagnant se joue du mercredi au dimanche à la Comédie Bastille au 5 rue Nicolas Appert 75011 Paris www.comedie-bastille.com 

 

Avril 2018

On purge Bébé

Théâtre du Lucernaire

Ne jetons pas Bébé avec l'eau de la purge - Ça y est! C'est enfin le printemps! Quelques heures de soleil dans la journée et immédiatement, tous les parisiens sont aux terrasses des cafés et sur les trottoirs avec une bière à la main. On lâche un peu prise après l'hiver. C'est le moment idéal pour aller au Théâtre du Lucernaire voir "On purge bébé" de Feydeau. Le Lucernaire foisonne d'artistes, de spectateurs, de jeunes, de moins jeunes, tous se mélangent dans une atmosphère joyeuse et détendue. Il y a ceux qui dînent au restaurant après le spectacle, ceux qui prennent un verre en terrasse avant, ceux qui se retrouvent au bar après. Ce lieu n'a pas pris une ride et c'est toujours aussi agréable d'y passer une soirée. Surtout quand le spectacle est une réussite.

Dès le début, on est embarqué dans la course folle des mots de Feydeau. Cet auteur de la fin du XIXème et du début du XXème, a vécu essentiellement à Paris. Il tente une carrière d'acteur mais se dirige assez vite vers l'écriture. Sa première pièce "Par la fenêtre" est jouée alors qu'il n'a que 20 ans. Il rencontre son premier vrai succès avec "Tailleur pour dames" créé au Théâtre de la Renaissance en 1886. Mais c'est seulement en 1892 qu'il devient réellement le roi du vaudeville avec des pièces comme "Monsieur chasse", "Le système Ribadier" ou "Un fil à la patte", puis "L'hôtel du libre échange" et "Le dindon". En 1899, "La dame de chez Maxime" est un triomphe et sera joué pendant 2 ans. 

Dans "On purge bébé", le mari et la femme s'affrontent, la bonne intervient, il y a un amant, bref, tout y est! Le metteur en scène, Frédéric Jessua, a dirigé ses comédiens d'une main de maître. Sans doute parce qu'il s'est concentré sur le texte, et qu'il a fait une confiance aveugle à la mécanique de Feydeau. Le rythme est effréné, c'est Feydeau, cela n'a rien d'étonnant et c'est absolument indispensable. Ce qui est très intéressant, c'est qu'on est pas dans la convention, dans l'image classique qu'on a de l'auteur, des portes qui claquent, des "Ha" et des "ça par exemple" un peu poussiéreux. On est dans un théâtre réellement contemporain, devant des gens qui nous ressemblent et qui ont des problèmes (de couples notamment!) comme tout le monde. Ce sont des êtres entêtés, diaboliques, terre à terre, naïfs, poussés dans leurs retranchements, parfois bas... C'est terriblement humain et donc tellement touchant. Et c'est aussi pour cela qu'on rit, on s'y retrouve, et c'est salutaire! 

Les acteurs s'appuient habilement sur cette langue percutante, ça joue vite, précis, concret. Les répliques fusent. Les ruptures sont efficaces. L'arrivée d'un personnage est toujours un événement fort. Ils sont tous parfaitement dessinés, caractérisés. Feydeau est bien là. On a affaire à des acteurs honnêtes et consciencieux, qui avancent pas à pas, qui jouent une chose après l'autre, ensemble, sans chercher l'effet et le rire (qui est bien là pourtant), et ça fonctionne impeccablement. Ils sont sincères et nous livrent ainsi une partie d'eux mêmes dans la plus grande humilité. L'arrivée sur scène d'Etienne Coquereau dans le rôle de Monsieur Chouilloux est un moment surprenant qui contraste avec le début du spectacle. Le comédien choisit d'en faire un personnage élégant, aimable, très à l'aise et charmant. Il y a une évidence et une simplicité dans le jeu qui est virtuose et maîtrisé. C'est tout à fait délicieux ! Frederic Jessua parle de "tragédie courte", car c'est bien une tragédie que vivent les personnages, que jouent les acteurs, pour le plus grand bonheur des spectateurs. 

Nous remercions Aliénor Godefroy, chargée des relations."On purge Bébé", au Théâtre Lucernaire, jusqu'au 28 mai 2018. www.lucernaire.fr/

Avril 2018

Les Virtuoses

au Théâtre Fontaine

Un concert mêlant le rire et la magie - Leur spectacle s’appelle « Les Virtuoses », et il est bien nommé. Emportés avec dextérité par le duo des frères Mathias et Julien Cadez, nous sommes transportés dans un monde nouveau, dans lequel la musique règne en maîtresse absolue. Sublimée par le biais de la prestidigitation et de l’humour, elle nous élève et nous fait vibrer, nous fait percevoir différemment des œuvres que nous connaissons déjà, tout en les mêlant à d’autres.

 

Peut-être êtes-vous familiers avec le concept du « mashup » sur Youtube ? Sinon, en voici un court résumé: il s’agit de mettre bout à bout, ou de mêler directement des musiques. Il en existe de plusieurs types : pop, rock, musique classique, voire même des thèmes de jeux vidéo.

Les extraits musicaux sont généralement courts et s’enchaînent sans discontinuer et c’est à nos oreilles que revient la rude tâche de différencier et de trier les différents morceaux que l’on entend. Ainsi, pêle-mêle, nous avons pu entendre trois accords de la Neuvième Symphonie de Beethoven exécuté à la keytar, cet étrange instrument mêlant piano et guitare, quelques notes de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, du Verdi, le célèbre thème de la douche de Psychose, etc…

Et encore, il ne s’agit-là que d’un ersatz de ce que nous pouvons entendre durant l’entièreté du spectacle! Certains de ces passages durent à peine quelques secondes et mieux vaut avoir une oreille exercée pour discerner au mieux ce que l’on entend.

 

Mais, tout autant que nos oreilles, nos yeux ont eux aussi eu droit à leur part de plaisir. Les Frères Cadez sont en effet passés maîtres dans l’art de l’illusion et de la prestidigitation. Les tours de passe-passe sont ainsi convoqués afin de susciter l’émerveillement des grands et (surtout) des petits

 

Apparition de colombe dans un livre, guéridon volant, musicien jouant en lévitation, tout est fait pour que nous ayons toujours quelque-chose sur scène sur lequel fixer notre regard. Couplé au constant numéro de clown auquel se livrent Mathias et Julien, ce qui au départ est supposé être un concert se change rapidement en cirque.


Car oui, clown, il y a. D’une part, grâce aux discrets maquillages portés par les deux comédiens, soulignant leurs lèvres et leurs paupières, mais aussi par les rôles qu’ils endossent sur scène. Dans les usages du cirque, il existe trois clowns: le Clown Blanc, sérieux, stoïque et autoritaire, l’Auguste qui, contrairement à ce que son nom laisse présumer, est un blagueur impertinent tournant en dérision le Clown Blanc, et le Contre-Pitre, sous-fifre de l’Auguste, et celui dont toutes les tentatives tournent à la catastrophe.

Dans Virtuoses, aucun rôle n’est réellement assigné et chacun des deux artistes porte tour-à-tour ces mantelets. Bien que le Contre-Pitre ne fasse guère son apparition, à moins de savoir précisément ce que l’on recherche, tout le spectacle repose sur une série de duels entre Clown Blanc et Auguste, voire quelquefois Clown Blanc contre Clown Blanc et Auguste contre Auguste. Du jamais-vu ? Sans doute. Que ce soit le cas ou non, force est de constater qu’il s’agit de l’alchimie première de cette pièce.

 

Tout le long de la représentation, nous fûmes émerveillés par les cabrioles, facéties, pirouettes et autres promesses toutes aussi mirifiques des deux comédiens. A aucun moment nous ne fûmes lassés de ces pitreries qui s’enchaînaient sans réelle interruption. Les Virtuoses c’est, l’espace d’une heure, oublier que l’on est adulte, retomber en enfance et s’émerveiller pour la première fois devant un spectacle de magiciens.

 

L’assistance était à son comble en ce dimanche après-midi au Théâtre Fontaine pour venir admirer les élucubrations loufoques mais de haut vol de cette fine équipe. Les enfants venus nombreux ce jour-là s’esclaffent à cœur joie devant les tours enjoués de ce couple qui fait penser à un Laurel & Hardy des temps modernes, tout en donnant des airs de Gene Kelly et de Fred Astaire à ce show tenant de la poésie et du merveilleux.

Mêlant adroitement magie, piano et arts symphoniques, le spectacle est unique en son genre. Le piano joué à quatre mains tient la vedette mais les tours de magie, certains exceptionnels comme la lévitation, nous bluffent avec joie, intrigue et humour.

 

Nous avons beaucoup aimé ce duo déjanté qui s’amuse de la musique autant qu’il nous amuse. C’est réussi et sensationnel, nous assistons à 1h30 de pure énergie vécue dans le mime, le rire, l’exagération mais surtout réalisée dans un professionnalisme remarquable. Derrière les maquillages des deux acolytes, ce sont en réalité deux grands artistes de talent qui se révèlent.

Disparitions et apparitions soudaines, pyrotechnies inattendues et autres exploits rythment ce mash-up endiablé qui décomplexe la musique classique. Un spectacle à voir assurément, surtout si on est en famille.

 

Nous tenons &a